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Poissons Carnivores
 
Le terme de carnivore est un terme très générique qui peut aussi bien désigner les grands prédateurs comme les requins, que de tous petits poissons peu visibles ! Tous ont une nourriture carnée, mais leur rôle et leurs proies sont bien différentes !
 
 
 
Parmi les poissons que l'on peut apercevoir sur les récifs Philippins, en voici un très sympathique : le Chelmon rostratus. Son long nez lui permet d'aller chasser des proies minuscules cachées dans des creux et des failles inaccessibles aux autres. Pour cela, il prend parfois des positions acrobatiques, le corps pivotant autour de son nez qui semble alors immobile, dirigé vers la cible. Il se nourrit aussi de polype coralliens, de petites anémones, de vers tubicoles,...Vivant souvent en couple, voilà un animal gracieux, et peu rapide. Son mode de défense consiste à faire croire à son prédateur que son oeil est en fait le point noir situé dans sa nageoire dorsale. Si cela ne suffit pas, alors le Chelmon rostratus peut aussi se battre à coup de nez, éventrant son adversaire, ou le maintenir éloigné en redressant sa dorsale alors hérissée d'épines, et en se présentant de sorte que la dorsale soit en direction du gèneur. Il peut avoir la taille d'une assiette. Les Thailandais l'utilisent sous forme de farine pour nourrir les élevages de canards... quel dommage.
 

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Les Demoiselles bleu-vert (Chromis viridis) animent les platiers de leurs bancs mouvants. Ce petit poisson planctonivore au reflets bleus-verts, qui atteint au maximum 9 cm de long à l'age adulte, vit généralement en bancs importants à proximité des coraux branchus qui constituent un abri diurne en cas de danger et nocturne pour y dormir. La présence de coraux branchus est donc un facteur important, et la destruction des coraux à donc un impact direct sur ce poisson. Cette demoiselle est la moins agressive de toutes et d'une gloutonnerie étonnante ! Vous en rencontrerez beaucoup aux Philippines, sur les platiers et jusqu'à 12 mètres, là où le Zooplancton est le plus dense.
 
 

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Présent dans l'indo-pacifique lorsqu'il n'est pas sur-chassé pour sa belle couleur bleue, le Paracanthurus hepatus appartient à la famille des Acanthuridés (Chirurgien), en raison de la paire de lames qu'il cache à la base de sa queue. Planctonophage, il se nourrit goulument de tout ce qu'il voit dans l'eau. En fait, c'est un vrai goinfre et il mange d'abord et réfléchit ensuite, ce qu'il l'amène parfois à recracher quelque chose qu'il aurait finalement préféré éviter, comme les excréments d'un autre poisson ! Extrêmement farouche et timide, il peut aussi développer une certaine agressivité s'il est mis en confiance. En cas de danger, il se réfugie au milieu des branches des coraux durs, et s'y bloque à l'aide de ses nageoires au point d'en être quasiment inexpugnable ! Ce poisson est donc principalement un habitant des récifs. Ce poisson est souvent décrit comme un herbivore, mais il ne broute que par opportunisme, mimétisme ou désoeuvrement, étant en fait homnivore. Pouvant atteindre 30 cm de long, il peut vivre plus de 10 ans.
 
 
 
 
L'un des poissons préférés des plongeurs et des aquariophiles marins est le poisson clown, ainsi appelé en raison de ses couleurs et d'une nage plus ou moins dandinante en fonction des espèces. L'Amphyprion oscelaris présenté ci-dessous est l'un des plus connus, le plus petit et probablement le moins aggressif. On ne le trouve pas en mer rouge mais par contre se rencontre très souvent aux Philippines. Vivant en symbiose avec une anémone pouvant appartenir à plus ou moins d'espèces différentes en fonction des espèces de clowns, le poisson clown y trouve protection et domicile en raison des longues tentacules fortement urticantes, protègeant en retour l'anémone de ses propres prédateurs (certains poissons immunisés contre le poison de l'anémone), et la nourrissant plus ou moins volontairement en y rapportant ses proies. Essentiellement carnivore, le poisson clown ne s'aventure cependant pas à plus de quelques mêtres de son anémone pour chasser. Les récifs Philippins révèlent un très grand nombre de poissons clowns d'espèces différentes habitants dans une non moins nombreuse quantité d'espèces d'anémones. A certains endroits, les rochers sont même parfois recouverts d'anémones et de centaines de clowns.
 

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Les poissons réservent bien des surprises, et l'une d'elles a pris la forme d'un hippocampe aux formes étranges. Les Solenostomus (S. paradoxus, S. paegnis, S. cyanopterus,...) ressemblent à un hippocampe allongé qui ferait entre 10 et 17 cm de long. Se nourrissant de petits crustacés et de petits poissons, ils sont capables de changer étonnament vite de couleur soit afin de mieux les appocher, soit pour mieux se protèger en cas de danger. Certains espèces Australiennes ont même le corps surmonté de nombreuses excroissances en forme d'algue, qui leur permet de mieux se fondre dans le décor. D'où le surnom de "poissons fantômes" ! Peuplant le récif corallien, ils vivent généralement dans les algues. Certains sont visibles en plongeant avec Abyss, qui connait leurs secrêts...

Si chez les Hippocampes c'est le mâle qui se charge des petits, chez les Solenostomus, c'est la femelle qui assume cette charge. Les oeufs sont gardés dans une poche formée par de grandes nageoires pelviennes partiellement accolées.

 
 
Gobiodons : Les Gobiodons sont de petits poissons (entre 3 et 8 cm de long à l'âge adulte) à qui leur petite taille permet de vivre environ 3 ans de préférence entre les branches des Acropora où ils trouvent une relative sécurité. Carnivores, ils se nourrissent de petites proies.
 
Le Godiodon okinawae ci-dessous ne se rencontre que dans le sud du japon, sur la grande barrière Australienne et en Micronésie. Le Gobiodon histrio est lui visible en Indo-Pacifique, en Mélanésie et Polynésie. On les trouve généralement entre 2 et 15m, dans des zones pas trop éclairées.
 
Les Gobiodons sont généralement équipés d'un disque ventral qui, en faisant suscion, leur permet de se fixer aux coraux et ainsi de résister aux courants. Les Gobiodons sécrêtent un mucus épidermique empoisonné dont le goût amer fait reculer les potentiels prédateurs...
 
Lorsqu'un couple se forme, les Gobiodons choisissent un endroit sur une branche d'Acropora, qu'ils nettoyent en enlevant localement la chair du corail. Ils y déposent alors leurs oeufs que le mâle veille et ventile en permanence. La femelle reste au voisinage mais ne s'en occupe pas.
 
 
 
Gobiodon okinawae et Gobiodon histrio
 
 
 

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Textes : MARS