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Invertébrés Détritivores
 

Les détritivores sont particulièrement utiles pour l'entretien des récifs. En consommant les détritus, ils empèchent les décompositions et les problèmes qui pourraient en découler, et participent à la biodégradation.


Parmi les invertébrés détritivores les plus étranges, les concombres (Holothuries & Stichopodies & Apodides) figurent en bonne place. Sortes de grands vers plus ou moins allongés (certains peuvent s'étendre et mesurer plusieurs mètres !), plus ou moins colorés, voire même transparents, les concombres passent leur temps sur le sable (hormis certaines espèces de Synaptula qui vivent et se nourrisent sur certaines éponges ou que l'on trouve sur des gorgones ou sur certains coraux). Ils y trouvent des sédiments, qu'ils attrapent grâce à des "palpes" plus ou moins longs en fonction des espèces, disposés autour de la bouche. Malgré une certaine lenteur, les concombres n'en remuent pas moins ainsi des centaines de tonnes de sable chaque année par km carré. Le sable avalé est rejeté à l'autre bout du corps, parfaitement nettoyé.

Voici une photo en gros plan de la bouche et des palpes d'un concombre (Holothuria mexicana) :
 

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A noter que certaines espèces de concombres ne cherchent pas leur nourriture dans le sable mais en pleine eau, à l'aide de palpes étendues dans le courant, et portées régulièrement à la bouche, comme sur la photo de droite ci-dessous.
 
 
Le mode de respiration des concombres est assez spécial : en dehors de certaines espèces qui respirent directement à travers leur peau très fine, les autres utilisent un organe interne spécial situé près de l'anus par lequel rentre l'eau à "respirer" : certaines respirent plusieurs fois par minute, d'autres se gonflent lentement et expulsent toute l'eau ensuite.

Les concombres se défendent de plusieurs manières : De nombreuses espèces expulsent de longs filaments gluants et parfois toxiques de leur anus (Tubes de cuvier), qui immobilisent le prédateur ou le détourne du concombre en lui-même. Si l'attaque se poursuit, le concombre expulse alors la quasi totalité de ses organes internes, fournissant ainsi un repas au prédateur, qui en oubliera le donneur... Les organes se régénèreront rapidement.
 
Curiosité : De petites crevettes, des escargots et même une petite espèce de poisson (Fierasfer vermiculis) vivent soit en parasites soit en symbiotes dans le corps de certains concombres, entrant et sortant lorsque l'anus s'ouvre. Le Fierasfer passe la journée dans l'holothurie hôte et n'en sort que la nuit pour se nourrir. On a trouvé jusqu'à 7 de ces poissons dans une holothurie. Certaines Holothuries de Mediterrannée (Stichopus regalis & Holothuria tubulosa) accueillent elles Fierasfer acus. Les Fierasfer sont à demi parasites car leurs embryons mangent les gonades des Holothuries, mais ces dernières peuvent expulser les poissons si besoin. On connait plus de 10 espèces de Fierasfer qui ont des styles de vies parfois très différents : dans l'océan Indien, Fierasfer bermudensis vit sur son hotesse, l'Holothurie Actinopyga agassizi, qui l'empèche de rentrer dans son corps en relâchant des sécrétions toxiques qui peuvent même le tuer. (Source : 'Poissons de Mer' - Grund)


Autres invertébrés ayant divers rôles en fonction des espèces, dont celui de détritivore : les étoiles de mer. Majoritairement carnivores, certaines broutent aussi des algues. Ce genre contient de nombreuses espèces aux formes, couleurs, dimensions et habitudes bien différentes. Nous retrouverons les étoiles de mers dans plusieurs catégories de cette section "Biologie".

Voici une photo de la face interne d'une Ophiure, petite étoile de mer discrête et détritivore :
 

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Il y a plus d'une centaine d'espèces d'étoiles de mer, réparties en plusieurs familles distinctes. Il est donc difficile d'en parler sans écrire un livre complet sur le sujet. Pour tenter de faire un résumé, voici quelques points caractéristiques intéressants :

Les étoiles de mer sont parmi les animaux les plus improbables que nous connaissions : leur corps est composés de sous ensembles parfaitement symétriques, ce qui fait qu'elles n'ont ni tête ni cerveau. Et pourtant, les plus grandes d'entre elles trouvent le moyen de se mouvoir à l'aide de plus de 60 000 "pieds"... Plus étrange encore : les étoiles de mer ne sont pas sujettes à la vieillesse et aux effets de l'âge : si elles ne meurent par de faim, de maladie, si elles ne sont pas mangées ou tuées par une catastrophe naturelle, elles sont potentiellement immortelles ! Leur reproduction est aussi originale : Un bras se détache, avec une partie du disque centrale et se promène tout seul pendant que le bras manquant sur l'étoile de mer Mère repousse et que l'étoile de mer Fille se reconstitue à partir du bras, par symétrie...
 
Mieux connus car plus communs, les Bernards l'ermite jouent un rôle très important. Ils sont ici rangés dans les détritivores, mais sont en fait souvent parfaitement homnivores et opportunistes : ils broutent les algues rases ou encroûtantes, et consomment aussi bien des déchets organiques, des restes de cadavres que des proies telles les escargots ou d'autres Bernards. Si certaines espèces sont terrestres comme celle-ci :
 

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(Bernard l'ermite moderne ! Cabilao - Philippines)
 
d'autres peuvent vivre dans l'eau et sur terre, lorsque d'autres sont marines essentiellement. La diversité des espèces en fait un animal intéressant. Voici deux spécimens différents :
 
 

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Les Bernards l'ermite sont une espèce de crabe au corps mou, ce qui consitue leur point faible. Ils protègent donc leur corps dans des coquilles d'escargots qu'ils trouvent ou qu'ils prélèvent manu-militari à leur proprétaire initial... Même les escargots pourvus d'un opercule de fermeture dur ne résistent guère à la pugnacité d'un Bernard l'ermite qui a faim : en faisant levier avec une pinces, il soulève l'opercule, puis découpe les chairs qui le retiennent fermé avec l'autre pince....

Vivant parfois protègés au sein des coraux durs branchus (lorsque leur taille le permet), ils échappent ainisi aux prédateurs ou à leurs congénèrent. Ainsi, un bernard l'ermite mue souvent, changeant l'intègralité de sa carapace. Pour cela, il s'isole parfois sur une branche de corail peu accessible, puis procède à sa mue tranquillement. La caracasse résultant de la mue pourra éventuellement constituer un apport nutritif au corail...

Certains bernards l'ermite (Dardanus pedunculatus ou deformis), visibles aux Philippines, promènent plusieurs petites anémones sur leur coquille. Urticantes, celles-ci éloignent le principal prédateur : la pieuvre ! Lorsque le changement de coquille se fait sentir, le Bernard l'ermite déplace ses anémones qu'il repose sur sa nouvelle coquille. Les anémones se laissent faire, car elles profitent des restes des repas de leur hôte. Il s'agit donc d'une symbiose.

Les Bernards l'ermite sont généralement noctures. Certains sont "gauchers" (la pince gauche est plus développée), d'autres sont "droitiers". En dehors des pieuvres, les prédateurs des Bernards l'ermite sont des animaux à dents dures ou certains crabes qui peuvent découper leur coquille avec leur pince.
 
 
Les Vers Tubicoles, généralement omnivores (plancton, détritus,...), vivent dans un tube qu'ils se fabriquent. Certains s'enfouissent dans le sable ou sous une roche, d'autre parasitent des espèces de coraux durs tels les Porites et les Millepora (coraux de feu), comme c'est le cas des Spirobranchus giganteus : Lorsqu'une larve de S. giganteus atteint le corail hôte, elle secrête un acide qui lui permet de creuser une galerie dans la structure calcaire du squelette du corail, afin d'y abriter son tube calcaire protecteur. De petite taille malgré son nom (2 cm de diamètre en général), les S. giganteus arborent un feu d'artifice de couleurs :
 
(Cliquez sur les images pour les agrandir)
 
Les S. giganteus possèdent un opercule de calcaire dur qu'ils utilisent pour sceller hermétiquement leur tube lorsqu'ils s'y réfugient, ce qu'ils sont capables de faire en une fraction de seconde si on les effleure.
 
 
 

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Textes : MARS