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SEAFARI AUX PHILIPPINES
- (Suite 1)
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- 05/06/98
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- Tôt le matin, nous quittons notre hôtel avec armes
et bagages afin de nous rendre sur l'île d'Apo.
Depuis que nous sommes là, la mer est littéralement
d'huile... pas une vague, comme sur un lac calme...
Impressionnant, mais cela nous permet de naviguer rapidement. Pas
de vagues, pas de vent, les courants sous-marins sont donc
très faibles voire nuls, ce qui nous permet des
plongées contemplatives.
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- Après 3 heures de navigation, nous arrivons dans le
port de Dumaguete sur l'île de Negros.
Après un court trajet en Tricycle, nous arrivons dans un
centre commercial où nous sommes les seuls touristes, et
où nous mangeons, essayant ainsi le 'Flunch' local. La
nourriture n'est en fait pas très différente de ce
que l'on trouve dans les restaurants asiatiques occidentaux. Une
petite visite au marché local (segmenté par
catégories de produits : Fruits, Légumes, Poissons,
Viandes,...), où notre Guide nous achète divers
fruits exotiques afin de nous les faire goûter. Nous en
profitons aussi pour visiter les autres zones du marché,
comme par exemple la zone des poissons et crustacés,
où nous verrons notre seule raie à points bleus
(Taeniura lymna) du Safari (!), puis nous finirons par les
viandes, qui s'entassent à
même des paillasses carrelées, sans
réfrigération, par 35 °C...
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- Encore une heure de bateau et nous parvenons à
l'île d'APO, minuscule coin de Paradis, digne de
Robinson Crusoé (en plus nous y arrivons un Vendredi...).
L' hôtel, unique, est constitué d'une demi-douzaine
de chambres dans des cahutes de végétaux
tressés et de bambous, sans eau courante étant
donné la sécheresse (l'hôtel dépend
normalement des eaux de pluie). Des Jerricans de 20 L d'eau douce
(1 par jour pour 2 personnes), nous permettent de nous dessaler.
Les toilettes sont équipées d'une grande poubelle
d'eau de mer et d'un seau... en guise de chasse d'eau. Sommaire
mais efficace ! Nous sommes à 10 m de la mer, dans une
crique de sable de corail assez gros, au pied d'une petite falaise
abrupte et sauvage d'une cinquantaine de mètres. Pas de
climatisation, pas de ventilateur (pas de courant
électrique non plus, sauf entre 6 et 9 heures du soir !),
mais une petite brise qui viendra de la mer nous rafraîchir
doucement pendant la nuit, et c'est la première fois que
nous ne transpirerons pas à grosses gouttes depuis le
début su Safari ! Bien entendu, pour avoir la brise, il
faut ouvrir les fenêtres, et donc nous aurons aussi quelques
moustiques, malgré tout tenus en respect par nos
contre-mesures chimiques !
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- Aussitôt arrivés, aussitôt partis en
Plongée !
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- COCONUTS POINT : Ici comme ailleurs, l'eau est entre 29
et 32 °C, soit généralement 30 °C. Nous
sautons sur un fond sablonneux assez vilain, où les
casiers-nasses maintiennent prisonniers un grand nombre de
poissons (cochers, chirurgiens,...). Un courant nous emporte assez
vite vers 30 m, et il nous faut résister pour remonter et
arriver sur une zone incroyable, royaume des Crinoïdes et des
Tubastrea (90% de la population locale ?!). Les Crinoïdes
sont légions, et montrent toutes les nuances possibles de
jaunes, verts et marrons, avec en plus des mélanges ! Des
mètres carrés de Tubastrea (aurea & micrantha)
et de Dendrophyllia fermés, complètent le paysage.
Une telle densité d'invertébrés
essentiellement prédateurs ne peut s'expliquer que par une
profusion exceptionnelle de plancton. Nous vérifierons cela
de nuit...
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- Très peu d'autres espèces de coraux sont
visibles. Vers 10 mètres, la population change soudain, et
les Sarcophyton, Sinularia, Xenia, Anthellia et Goniopora prennent
alors le devant de la scène, avec ici et là des
Acropora tabulaires de grandes tailles (Plus de 2 mètres de
diamètre). Les Sarcophytons
mesurent parfois plusieurs mètres d'envergure et les
associations avec les autres espèces sont
étonnantes. Des Holothuries translucides de plusieurs
mètres (Euapta godeffroyi) rampent sur le sable, pendant
que crevettes et crabes symbiotiques se voient ici et là.
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- Une Stichodactyla mertensii de 70 cm de diamètre
accueille une famille de clowns et une horde de demoiselles
juvéniles noires (Dascillus trimaculatus), ce qui est
très courant ici. Les Ascidies Bleues ou jaunes sont
très nombreuses.
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- Voilà une plongée rare !
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- HOUSE REEF - Nous plongeons de nuit à l'endroit
où le bateau est amarré à l'île. Mon
hypothèse était la bonne : l'eau grouille
littéralement de plancton rouge de toutes tailles (0.5 mm,
2 mm,...), de micro-crevettes, d'alevins de poissons,
d'animalcules étranges. En approchant nos lampes à
quelques centimètres des Acropora, Crinoïdes et
Méduses, nous assistons à de gargantuesques festins
!! Les Méduses, transparentes, montrent un estomac plein de
plancton.
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- Plongée peu profonde (8 m), mais une profusion
d'animaux invisibles de jour :
- - Stenopus hispidus (crevettes)
- - Rhynochocinetes uritai (crevettes)
- - Crabes Symbiotiques rouges énormes (5 cm ?) dans de
grands Pocillopora eydouxi
- - Murènes
- - Crabes divers et souvent étranges
- - Turbo de 40 cm ! (Bothus pantherinus ou Pardachirus
melanospilos)
- - Calamars entre 1 et 10 cm (Sepia prashadi)
- - Pieuvre
- - Ophiarachna incrassata (ophiures) monstrueuses (40 cm de
diamètre !)
- - Danseuse espagnole (Hexabranchus sanguineus) d'une vingtaine
de cm. Nous verrons par ailleurs des
oeufs (regroupés sous forme
de ruban rouge enroulé) lors de certaines plongées.
- - Vers plats divers nageant en pleine eau
- - Nudibranches grands comme des assiettes
- - Porcelaines énormes, cônes de 15 cm,
coquillages vivants de toutes formes...
- - Bernards l'ermite de nombreuses espèces, à
pattes lisses (rouges, jaunes,...), Dardanus divers et souvent
énormes, donc de nombreux D. pedunculatus à la
coquille surmontée d'anémones.
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- Bref, une plongée de nuit très riche !
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- 06/06/98
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- MAMSA POINT : Plongée du Matin. Encore une
plongée fantastique ! Nous sautons à l'eau sur la
rive opposée de l'île. Le décor n'est pas
très beau au départ. Des casiers regorgent de
poissons ici aussi. Une succession de bancs de sable rythment
notre avancée. Grâce à des conditions
climatiques exceptionnelles, la visibilité est
supérieure à la normale, et les courants sont
faibles voire nuls à des endroits où il aurait sinon
fallut palmer un peu. Nous avançons tranquillement lorsque
soudain un grand Napoléon apparaît puis s'enfonce
dans le bleu. Quelques minutes après, un grand miroitement
dans le bleu laisse espérer un banc : effectivement, des
centaines de carangues nagent lentement et nous laissent
approcher. J'accélère vers le banc, et des dizaines
de carangues se tournent vers moi et me foncent dessus :
Drôle d'impression, même si je ne risque rien !
Finalement, le banc fait volte face et nous abandonne. Mais le
spectacle n'est pas fini ! Voilà qu'une raie Manta
apparaît à une trentaine de mètres de nous !
Emotion... d'autant que l'animal se fait rare. Nous la reverrons
en fin de plongée, passant à coté du platier
où nous achevons de vider nos bouteilles en regardant un
Gobi (Amblyeleotris sp.) faire le guet pendant que deux crevettes
(Alpheus) jaunes creusent le terrier.
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- Pendant cette plongée nous avons aussi vu entre autres
:
- - un couple de grands perroquets à bosse
- - un 'champ' d'Heteroconger hassi (aiguilles de jardin)
à demis enfoncés dans le sable
- - un banc de Platosus lineatus
- - Apolemichthys trimaculatus (ange à 3 taches)
- - un Banc de Zanclus cornutus (Idole maure) juvéniles
- - des Naso Lituratus
- - une Plectorhinchus chaetodonoide (Grogneur) juvénile
avec sa livrée marron et blanche et ses grandes voilures
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- De retour de plongée, nous passons à table,
où la nourriture locale est excellente. Pour faire plaisir
aux français que nous sommes, hôtel nous fera
même des frites ! Avec le peu de moyens qu'ils ont et compte
tenu du petit nombre que nous sommes, le cuisinier est
manifestement capable de prouesses ! Paradoxalement, c'est aussi
ici que nous trouverons les tee-shirts les plus sympas (compter
130 pesos, soit environ 22 F pièce !), et les cartes
postales sont mieux que dans les hôtels
précédents !
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- L'un des Guides de plongée du Safari est Philippin, et
il a y deux ans, avant de devenir Dive Master pour Abyss, il
était pêcheur pour le commerce aquariophile. Il
pêchait jusqu'à 40 mètres, à l'aide
d'un narguilé, et était spécialisé
dans les poissons rares, qui lui étaient payés entre
20 pesos et 8500 pesos en fonction de l'espèce (3,5 ->
1400 FF). La nécessité de protéger les
récifs semble entrer dans les esprits, car les Boat-men ont
été très choqués d'apprendre que je
possédais des coraux vivants chez moi. Ici, diverses
fondations s'occupent de recherche et de protection de la nature,
au point d'aller jusqu'à payer 400 pesos (65 FF) à
un pêcheur pour qu'il accepte de relâcher une tortue
tout juste capturée.
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- SANCTUARY POINT : Situé sur l'île
d'APO, ce site est un sanctuaire marin,
protégé et à l'usage d'une école de
Biologie Marine. Les poissons y sont par bancs entiers
(demoiselles, papillons (Hemitaurichthys polylepis), carangues,
chirurgiens (Naso vlamingli,...)
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- Après avoir longé le tombant, nous sommes
remontés vers le platier à 4 m sous la surface,
où le banc de carangues 'habituel' nous attendait sagement
en tournant en rond... Moment de contemplation à genoux
dans le sable, en regardant ce tourbillon vivant.. Plus loin,
Clowns City, congrégation de centaines de clowns et
d'anémones sur quelques gros rochers, nous offre un joli
spectacle. Signatus unimaculatus, Zanclus cornutus, Naso
unicornis, quelques rares Acanthurus nigricans, Balistes divers
(dont le très agressif et parfois énorme Balistoides
viridescens), des Ctenochaetus striatus et des Zebrasoma scopas
formaient une petite partie des autres habitants de ce
récifs. Les coraux sont ici surprenants en raison de leur
taille : Sarcophytons et Sinularia monstrueux (plus de 2
mètres d'envergure), Colonies de Galaxea fascicularis sur
plusieurs centaines de mètres carrés (!), Acropora
tabulaires de 40 mètres carrés, Porites
géants... étonnant !
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- Quelques Bénitiers, disposés dans un
enclôt protégé par une pancarte sous-marine,
signalent qu'une étude est en cours. Un peu plus loin, des
blocs de béton percés de trous maintiennent des
grosses boutures de Pocillopora : il semble que les
étudiants étudient la vitesse de croissance de ce
corail. J'avoue qu'à leur place j'aurai aussi
étudier la croissance de certains Acropora, car la longueur
des pointes colorées de certains d'entre eux laissent
supposer des vitesses de croissance réellement
phénoménales.
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- Selon Steve Tyree ('Reef Building Stony Corals - A review of
research papers - Vol 1), la couverture en coraux du récif
d'APO est de 63%, également divisé en coraux mous et
durs. Un total de 48 genres de coraux durs peut y entre
observé. Le nombre d'espèces n'est pas
précisé.
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- Suite 2 ...
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