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SITES DE PLONGEE AUX PHILIPPINES

 
Par Fabrice POIRAUD-LAMBERT, le 29/06/98
 
 
INTRODUCTION
 
Voici le récit condensé d'un voyage-plongée fantastique de 2 semaines aux Philippines, entre le 01/06/98 et le 12/06/98. Le but de ce récit est de vous faire découvrir des récifs lointains... Pour en savoir plus, reportez vous au récit intègral.
 
Après consultation d'un échantillon de catalogues d'organisateurs de voyages plongée, nous avons jeté notre dévolu sur le 'Seafari' proposé par Abyss, car c'était le seul qui proposait un parcours rythmé, diversifié et original, nous faisant parcourir une partie des Philippines sans pour autant nous obliger à vivre à temps complet sur un bateau. Le choix de cette région de la planète était guidé par sa richesse en récifs : plus de 7000 îles totalisant 27 000 km2 de récifs coralliens parmi les plus riches du monde. Quelques 385 espèces de poissons vivent ici, de même qu'environ 500 espèces de coraux et d'invertébrés... de quoi faire rêver !
 
Notre voyage nous fera parcourir le trajet suivant entre les îles du centre des Philippines :
 
 
 
 
TONGO POINT - Ile de CEBU - MoalBoal : Comme beaucoup de sites locaux, nous voici sur un tombant surmonté d'un platier sous 4 mètres d'eau par lequel nous finirons notre plongée. La visibilité est moyenne (15 mètres, ce qui représente la visibilité habituelle semble t-il dans la région) à cause des sédiments qui flottent dans l'eau. Qui a dit que l'eau des récifs était claire comme du cristal ? La température de l'eau est très élevée : 29 °C en moyenne, avec une pointe à 31 °C sur le platier, car nous sommes en fin de saison, au moment où l'eau est la plus chaude. Ce qui frappe tout de suite, par comparaison avec la Mer Rouge, c'est la grande diversité en coraux durs, avec une nette prépondérance des coraux à petits polypes (SPS) : Acropora, Montipora, Pocillopora, Seriatopora, Merulina, Pavona, .... Quelques coraux à gros polypes sont visibles ici et là : Euphylia ancora, E. sinuosa, Favidae, Fungia, Goniopora,... Quelques rares Xenia pompeurs (type 'Pom-Pom', The Reef Aquarium Vol. 2 P. 253) y sont aussi visibles. Par contre toute attente, les populations de poissons sont plus réduites et moins colorées qu'en Mer Rouge. Il semble que la pêche à outrance en soit la cause principale. Néanmoins, Demoiselles, Anthias, Pseudocheilinus hexataenia, Corythoichthys flavofasciatus, Ctenochaetus striatus, etc... s'y laissent voir.
 
 
TONGO POINT - de nouveau - Ile de CEBU - MoalBoal : mais nous allons le voir, plonger plusieurs fois au même endroit apporte des joies différentes ! Tout d'abord nous sommes descendus immédiatement à 20 m, d'où l'on surplombe un tombant vertical vertigineux, qui donne la sensation de faire de la chute libre au dessus du vide pour peu que l'on s'écarte un peu du tombant... Au bout de quelques minutes, une gorgone immense (4 mètres d'envergure) nous barre le passage. Belle bête ! Nous aurons l'occasion de voir d'autres grandes gorgones de ce type sur d'autres récifs. Un peu plus loin, une tortue imposante, d'un diamètre approximatif d'un mètre, quitte majestueusement le tombant pour s'enfoncer lentement dans le bleu du large...
 
Des vers tubicoles (Reterebella queenslandica, Bonellia sp) laissent apparaître plus d'un mètre de tentacules, destinés à capturer leurs proies. Le nombre d'espèces de coraux est infiniment trop important pour que l'on puisse tous les reconnaître et les citer...Les Acropora semblent être plus tabulaires qu'arborescent. Sur le platier qui finit notre plongée, à de rares endroits, des Acropora humilis d'un rose soutenu, et une autres espèce d'un bleu intense, tranchent avec la tendance marron-crème-vert de l'ensemble. Comme souvent dans nos aquariums, les couleurs rouges et bleues sont rares, et ne représentent que moins de 5% des couleurs. Ici, d'une manière générale, la croissance rapide des coraux est évidente (bien plus qu'en Mer Rouge) et les bords et les têtes des colonies sont souvent blancs ou colorés sur 1 cm ou plus.
 
 
 
De nombreux Plerogyra sinuosa (beiges ou verts avec une ligne blanche dans l'axe de chaque bulle) sont aussi ici infestés de planaires rouges. Plus rarement, les planaires sont vus sur d'autres coraux (diverses espèces de Tubastrea). A la surface, de petites méduses électriques en forme de calamar (Leucathea sp) ou d'avions biplans, clignotent et pulsent une lumière rouge irridescente qui se propage d'un bout à l'autre de leur corps. Féerique spectacle donné à ceux qui prenent le temps de les observer ! La température est de 32 °C sur le platier, par 4 mètres de fond.
 
 
PESCADOR - Ile de CEBU - MoalBoal : île de Pescador, à 20 minutes en bateau au large de notre hôtel. Ici aussi, un tombant vertical finit sur un fabuleux platier extrêmement dense, où les Acropora s'entremêlent avec de nombreux coraux durs en plateaux. Des bancs de poissons (Thons, Platax, Anthias, Demoiselles,...) peuplent le récif. On peut aussi y voir entre autres des rhinomurènes (Rhinomuraena amboinensis) et du corail noir...
 
 
PESCADOR - Autre côté - Ile de CEBU - MoalBoal. Le long du tombant, des grands bancs de poissons viennent nous tenir compagnie, dont des Carangues d'environ 50 cm. Sur le Platier (sous 5 mètres d'eau), des bancs de Chromis veridis et d'Anthias mauves créent un ballet féerique. Une murène se cache sous un Acropora tabulaire... Des colonies de Montipora digitata, presque rouges à force d'être roses, formes des tâches colorées sur un parterre continu de SPS entrelacés. Le Bryareum forme de grandes plaques, et recouvre des colonies de Montipora spumosa (?) vivantes, les étouffant dans sa quête de la lumière.
 
 
 
WHITE BEACH - Ile de CEBU - MoalBoal : A 10 minutes de l'hôtel, nous découvrons un fantastique rassemblement de coraux divers, durs et mous, avec un nombre d'espèces ahurissant; des anémones rouges fluo, des Acropora rarement vu chez nos détaillants aquariophiles (dont probablement : A. humilis, A. nobilis, A. millepora ou tenuis, A. cytherea, A. paniculata, A. hyacinthus, A. echinata, A. granulosa, A. sulglabra,...), des crevettes symbiotiques, des nudibranches (Phyllidia arabica,...)... Ici comme ailleurs, les Plerogyra sinuosa (corail bulle) sont souvent couverts de Planaires rouges, que l'on retrouve sur d'autres coraux comme les Tubastrea ou les Alcyonnaires. Des SPS en plateaux type Pachyseris speciosa prennent des ampleurs étonnantes et sont présents partout. D'autres espèces encore sont présentes, telles les Stylophora et une grande diversité de Montipora (M. Confusa, M. capricornis, M. Danae, M. digitata, M. spumosa,...), les Pectinia, Lobophyllia, Symphyllia, Hydnophora, Merulina, Favidae, etc... et il est bien difficile de toutes les remarquer tant elles sont nombreuses !
 
 
La famille des éponges est ici, d'un manière générale, particulièrement remarquable, avec des spécimens géants (plus d'un mètre de haut), de toutes les formes, et dont certaines recouvrent les branchent des Acropora morts, leur donnant l'aspect du vivant avec une robe bleue !
 
 
HOUSE REEF (de nuit) - Ile de CEBU - MoalBoal : récif situé devant l'hôtel, de nuit. La pénombre est le domaine des crabes et des crevettes et c'est aux Philippines particulièrement vrai, tant l'on peut en voir. D'énormes (de la taille d'un ballon de foot !) crabes 'parachutes' portant des plaques d'éponges sur leur dos en guide de camouflage, déambulent lentement, pendant que des crevettes de 10 cm se figent sous nos lampes. Pas effrayé, un nuage de crevettes nageuses (3 ou 4 cm de long) nous entoure soudain, attiré par la lumière. Les crabes sont très présents dans les coraux, qui, ouverts, chassent le zooplancton qui grouille littéralement devant nos lampes. Les Holothuries, très discrètes dans la journée ( à part les Synaptula qui prolifèrent sur les éponges), et représentant de nombreuses espèces (Euapta godeffroyi, Pearsonathuria graeffei, Holothuria edulis,...) sont de sortie, et les roches frémissent de micro-vies invisibles de jour. Les nudibranches et autres vers plats de grande taille sortent aussi la nuit, et nous en verrons certains dont le diamètre est d'environ 20 cm.
 
 
COCONUTS POINT - Ile d'APO : Ici comme ailleurs, l'eau est entre 29 et 32 °C, soit généralement 30 °C. Nous sautons sur un fond sablonneux assez vilain, où les casiers-nasses maintiennent prisonniers un grand nombre de poissons (cochers, chirurgiens,...). Un courant nous emporte assez vite vers 30 m, et il nous faut résister pour remonter et arriver sur une zone incroyable, royaume des Crinoïdes et des Tubastrea (90% de la population locale ?!). Les Crinoïdes sont légions, et montrent toutes les nuances possibles de jaunes, verts et marrons, avec en plus des mélanges ! Des mètres carrés de Tubastrea (aurea & micrantha) et de Dendrophyllia fermés, complètent le paysage. Une telle densité d'invertébrés essentiellement prédateurs ne peut s'expliquer que par une profusion exceptionnelle de plancton. Nous vérifierons cela de nuit...
 
Très peu d'autres espèces de coraux sont visibles. Vers 10 mètres, la population change soudain, et les Sarcophyton, Sinularia, Xenia, Anthellia et Goniopora prennent alors le devant de la scène, avec ici et là des Acropora tabulaires de grandes tailles (Plus de 2 mètres de diamètre). Les Sarcophytons mesurent parfois plusieurs mètres d'envergure et les associations avec les autres espèces sont étonnantes. Des Holothuries translucides de plusieurs mètres (Euapta godeffroyi) rampent sur le sable, pendant que crevettes et crabes symbiotiques se voient ici et là.
 
Une Stichodactyla mertensii de 70 cm de diamètre accueille une famille de clowns et une horde de demoiselles juvéniles noires (Dascillus trimaculatus), ce qui est très courant ici. Les Ascidies Bleues ou jaunes sont très nombreuses.
 
Voilà une plongée rare !
 
 
HOUSE REEF - - Ile d'APO : Nous plongeons de nuit à l'endroit où le bateau est amarré à l'île. Mon hypothèse était la bonne : l'eau grouille littéralement de plancton rouge de toutes tailles (0.5 mm, 2 mm,...), de micro-crevettes, d'alevins de poissons, d'animalcules étranges. En approchant nos lampes à quelques centimètres des Acropora, Crinoïdes et Méduses, nous assistons à de gargantuesques festins !! Les Méduses, transparentes, montrent un estomac plein de plancton.
 
Plongée peu profonde (8 m), mais une profusion d'animaux invisibles de jour :
- Stenopus hispidus (crevettes)
- Rhynochocinetes uritai (crevettes)
- Crabes Symbiotiques rouges énormes (5 cm ?) dans de grands Pocillopora eydouxi
- Murènes
- Crabes divers et souvent étranges
- Turbo de 40 cm ! (Bothus pantherinus ou Pardachirus melanospilos)
- Calamars entre 1 et 10 cm (Sepia prashadi)
- Pieuvre
- Ophiarachna incrassata (ophiures) monstrueuses (40 cm de diamètre !)
- Danseuse espagnole (Hexabranchus sanguineus) d'une vingtaine de cm. Nous verrons par ailleurs des oeufs (regroupés sous forme de ruban rouge enroulé) lors de certaines plongées.
- Vers plats divers nageant en pleine eau
- Nudibranches grands comme des assiettes
- Porcelaines énormes, cônes de 15 cm, coquillages vivants de toutes formes...
- Bernards l'ermite de nombreuses espèces, à pattes lisses (rouges, jaunes,...), Dardanus divers et souvent énormes, donc de nombreux D. pedunculatus à la coquille surmontée d'anémones.
 
Bref, une plongée de nuit très riche !
 
 
MAMSA POINT - Ile d'APO : Encore une plongée fantastique ! Nous sautons à l'eau sur la rive opposée de l'île. Le décor n'est pas très beau au départ. Des casiers regorgent de poissons ici aussi. Une succession de bancs de sable rythment notre avancée. Grâce à des conditions climatiques exceptionnelles, la visibilité est supérieure à la normale, et les courants sont faibles voire nuls à des endroits où il aurait sinon fallut palmer un peu. Nous avançons tranquillement lorsque soudain un grand Napoléon apparaît puis s'enfonce dans le bleu. Quelques minutes après, un grand miroitement dans le bleu laisse espérer un banc : effectivement, des centaines de carangues nagent lentement et nous laissent approcher. J'accélère vers le banc, et des dizaines de carangues se tournent vers moi et me foncent dessus : Drôle d'impression, même si je ne risque rien ! Finalement, le banc fait volte face et nous abandonne. Mais le spectacle n'est pas fini ! Voilà qu'une raie Manta apparaît à une trentaine de mètres de nous ! Emotion... d'autant que l'animal se fait rare. Nous la reverrons en fin de plongée, passant à coté du platier où nous achevons de vider nos bouteilles en regardant un Gobi (Amblyeleotris sp.) faire le guet pendant que deux crevettes (Alpheus) jaunes creusent le terrier.
 
Pendant cette plongée nous avons aussi vu entre autres :
- un couple de grands perroquets à bosse
- un 'champ' d'Heteroconger hassi (aiguilles de jardin) à demis enfoncés dans le sable
- un banc de Platosus lineatus
- Apolemichthys trimaculatus (ange à 3 taches)
- un Banc de Zanclus cornutus (Idole maure) juvéniles
- des Naso Lituratus
- une Plectorhinchus chaetodonoide (Grogneur) juvénile avec sa livrée marron et blanche et ses grandes voilures
 
 
SANCTUARY POINT : Situé sur l'île d'APO, ce site est un sanctuaire marin, protégé et à l'usage d'une école de Biologie Marine. Les poissons y sont par bancs entiers (demoiselles, papillons (Hemitaurichthys polylepis), carangues, chirurgiens (Naso vlamingli,...)
 
Après avoir longé le tombant, nous sommes remontés vers le platier à 4 m sous la surface, où le banc de carangues 'habituel' nous attendait sagement en tournant en rond... Moment de contemplation à genoux dans le sable, en regardant ce tourbillon vivant.. Plus loin, Clowns City, congrégation de centaines de clowns et d'anémones sur quelques gros rochers, nous offre un joli spectacle. Signatus unimaculatus, Zanclus cornutus, Naso unicornis, quelques rares Acanthurus nigricans, Balistes divers (dont le très agressif et parfois énorme Balistoides viridescens), des Ctenochaetus striatus et des Zebrasoma scopas formaient une petite partie des autres habitants de ce récifs. Les coraux sont ici surprenants en raison de leur taille : Sarcophytons et Sinularia monstrueux (plus de 2 mètres d'envergure), Colonies de Galaxea fascicularis sur plusieurs centaines de mètres carrés (!), Acropora tabulaires de 40 mètres carrés, Porites géants... étonnant !
 
Quelques Bénitiers, disposés dans un enclôt protégé par une pancarte sous-marine, signalent qu'une étude est en cours. Un peu plus loin, des blocs de béton percés de trous maintiennent des grosses boutures de Pocillopora : il semble que les étudiants étudient la vitesse de croissance de ce corail. J'avoue qu'à leur place j'aurai aussi étudier la croissance de certains Acropora, car la longueur des pointes colorées de certains d'entre eux laissent supposer des vitesses de croissance réellement phénoménales.
 
Selon Steve Tyree ('Reef Building Stony Corals - A review of research papers - Vol 1), la couverture en coraux du récif d'APO est de 63%, également divisé en coraux mous et durs. Un total de 48 genres de coraux durs peut y entre observé. Le nombre d'espèces n'est pas précisé.
 
 
BALICASAG - Ile de PANGLAO : Un beau platier où les coraux s'entremêlent allègrement ! Plusieurs bancs de Carangues y séjournent, dont un de plusieurs centaines de têtes, et dont la taille moyenne doit approcher le mètre !
 
Parmi tous les Balistes, un conspicillum de belle taille apparaît soudain, par 50 m de fond. La visibilité est très bonne (30 à 40 m). Des bancs de poissons divers sont partout visibles, donc de nombreux Pterocoesio randalli avec leur tâche jaune fluorescente. C'est probablement l'endroit où j'ai vu le plus de Seriatopora hystrix (marron crème...) : parfois des mètres carrés, alors que l'on ne trouve généralement que de petites colonies.
 
 
BBC - Ile de PANGLAO : Un Platier sablonneux et un tombant de 30 mètres. De nombreux coraux mous sont visibles, ainsi que plusieurs murènes diverses. On y trouve aussi des Plumes de mer (Pteroeidida sp.), des poissons scorpions énormes (30 cm), ainsi que beaucoup de clowns et d'anémones. Quelques actinodiscus y sont visibles, mais il faut bien les chercher !
 
Une énorme colonie de Turbinaria (1,5 m de diamètre) trône au centre du platier. Ici comme sur les autres sites, les vers plats et les Nudibranches sont nombreux, dont :
- Phyllidia arabica
- Chromodoris annae
- Glossodoris atromarginata
 
 
Nous verrons ici l'un de nos 3 Bénitiers sauvages ! Un Poisson lion peu courant s'y laisse voir : Pterois antennata. 2 gros perroquets à bosse (Bolbometapon muricatum) et des nuées d'Anthias mauves (Pseudoanthias tuka) finiront la liste.
 
 
HOUSE REEF - Ile de PANGLAO : Cette plongée de nuit se fera comme les autres : là où le bateau est ancré devant hôtel. Le platier descend en pente très douce jusqu'à un tombant de 30 mètres. La population corallienne n'a rien de particulièrement remarquable, mais de nuit, une multitude d'habitants invisibles de jour sort pour se nourrir :
 
- Crevettes diverses :
- Rhynchocinetes uritai
- Stenopus hispidus
- Leandrites cyrtorhynchus
- Periclemenes sp.
 
- Crabes :
- Carpilius convexus
- Dardanus pedunculatus
- Acheus spinosus
- Crabe parachute énorme
- Leucosiidae sp.
- Galathea sp.
- ...
 
- Ophiures :
- Astroboa nuda ? granulatus ? de 2 mètres de diamètre
- Ophiarachna incrassata
- Ophiures diverses (dont Ophiomastix janualis)
 
Cette plongée était une occasion de voir les Fungia sous leur aspect nocturne, et certains coraux non remarqués de jour sortir de très beaux polypes colorés la nuit. Le plancton était très peu présent vers 10-15 mètres (malgré ou à cause de la pleine lune), mais par contre nettement plus dense dans les 4 premiers mètres (pour la même raison ?), sans pour autant être aussi dense qu'à APO. De longs vers venaient frapper la lampe, attirés par la lumière...
 
De nombreuses espèces de crabes, filtreurs ou pas, étaient visibles principalement dans les coraux durs à très petits polypes :
- Porites cylindrica ou antennuata (?)
- Montipora digitata
- Millepora tenella (?)
- Merulina ampliata
- Seriatopora hystrix
 
Le nombre de crinoïdes est toujours très important, de même que les poissons scorpions.
 
 
SHARK POINT - Ile de CABILAO : point de requin sur cette première plongée de la journée (l'eau est trop chaude ?), mais un banc de nombreux jeunes Barracudas. Après un tombant assez profond, nous finissons sur un herbier dans 4 à 5 mètres d'eau, où nous faisons de nouvelles rencontres plus ou moins familières :
- un couple de Valenciennea strigata
- un couple de Chelmon rostratus
- un Dragon des mers (Eurypagasus dragonis), extrêmement rare et discret, avançant sur le sable à la recherche d'animalcules. Il est toujours émouvant de rencontrer des animaux si rares.
- un couple de Turbo léopard (Bothus pantherinus) enfoui dans le sable.
- une famille de clowns peu communs
 
 
Pour la première fois, nous voyons des Catalaphyllia jardinei, espèce ne vivant manifestement que dans les fonds sablonneux par faible profondeur.
 
Avant de sortir de l'eau, je contemple un groupe d'anémones rouges-mauves (Entacmaea sp ?) fluos attachées à un rocher sous le bateau... Etrange couleur !
 
 
LIGHT HOUSE - Ile de CABILAO : Nous voilà en plongée, dans une eau à 31 °C (! On ne sent même pas l'eau lorsque l'on entre dedans, même sans combinaison... pourtant, il semble que plus tôt dans la saison, les plongeurs finissent rapidement par avoir froid lorsqu'ils n'ont pas de combinaison de 5 mm). Un courant d'abord moyen finit par disparaître. Nous avons de la chance, depuis le début du Safari, c'est la première fois que nous avons du courant, et ce calme n'est pas habituel ici.
 
Un grand Barracuda passe à toute vitesse le long du tombant...
 
Un couple de Chelmon nous croise. Plus loin, nous verrons aussi Rhinomuraena quaesita (murène ruban mauve); deux bénitiers dont un rose, un scorpion feuille (rare !! : Taenianotus triacanthus), un Doryramphus dactyliophorus (alors que poissons pipes vus jusqu'ici étaient plutôt des Corythoichthys flavofasciatus); un Gobi avec sa crevette symbiotique...
 
Il y a ici beaucoup de poissons éperviers (Paracirrhites sp. ou Cirrhitichthys sp.). Il y a aussi un parent du Chelmon rostratus, le Coradion chrysozonus ou C. melanopus.
 
D'autres poissons peuplent les eaux : Forcipiger longirostris, Hemitaurichthys polylepis (papillon); Heniochus chrysostomus;...
 
De belles anémones de nombreuses espèces hébergent des espèces non moins nombreuses de clowns (A. oscellaris, A. periderarion; A. polymnus;...)
 
Pas de coraux particulièrement notables, à part une prépondérance de coraux mous sur le platier, avec ici et là de très beaux Acropora.
 
Grâce à l'oeil acéré d'Hervé, notre guide, nous découvrons pas mal de nudibranches (c'est sa passion), dont le discret Pteraeolidia semperi. Une Mantis verte (Odontodactylus sp) de plus de 10 cm se faufile dans un massif d'Acropora. Si les Acropora ont globalement assez rarement des couleurs rouges ou bleues assez vives, certaines colonies affichent des couleurs peu courantes dans nos aquariums : Rose pale avec des polypes jaunes... L'effet de la couche d'eau sur la lumière solaire ajoute fatalement son effet, mais c'est splendide et malheureusement probablement impossible à avoir en aquarium!
 
Une belle porcelaine blanche à manteau noire (Ovula ovum) se promène avec lenteur.
 
Un poisson lion d'une espèce que je n'avais pas encore vue (incroyable le nombre d'espèces dans un même genre !) est caché dans un massif d'Acropora : Dendrochirus brachypterus. Ailleurs, ressemblant à s'y méprendre à une algue noire immobile, un poisson pipe de 40 cm de long passe presque pour invisible, mais c'est toujours sans compter sur l'oeil de lynx de nos Guides : Trachyrhamphus longiristris.
 
 
 
LIGHT HOUSE - De nuit - Ile de CABILAO : Après avoir décrit le site de jour, voici ce que j'ai pu y voir de nuit :
- un couple de Doryramphus dactyliophorus
- une sèche (Sepia prashadi)
- une pieuvre
- un poisson scorpion cacatoes (Ablabys taenianotus)
- une grosse Mantis (Odontodactylus sp) sortant la tête de son terrier de sable
- une sole
- un poisson lion (Dendrochirus zebra)
- un gros crabe avec une tête de mort dessinée sur le dos
- un gros crabe parachute (Dromia personnata ?)
- divers petits crabes roses à points rouges (Trapezia sp.)
- des crevettes symbiotiques (Periclemenes sp)
- un couple de poissons lions rares à été aperçu par d'autres plongeurs : Dendrochirus biocellatus...
 
Le plancton était présent de manière visible uniquement sur le platier.
 
Un oursin (Echinothrix calamaris ??) m'a surpris par un mode de prédation que je ne savais pas possible : certaines de ses grosses épines possèdent un renflement en leur sommet, par lequel un mince filament gluant (de 5 cm de long environ) et équipé de filaments courts (2 cm) transversaux capture le zooplancton !! Une fois le plancton englué, le filament se rétracte dans l'épine avant de ressortir aussitôt, propre...
 
 
 
BARRACUDA POINT - Ile de CABILAO : De Barracuda, point... Pas de spectaculaire vision lors de cette plongée. De beaux Acropora tabulaires cependant en fin de plongée, sur le platier. Une espèce est déclinée en de multiples coloris différents.
 
Vers 7m, de beaux Acropora echinata bleus pales à polypes jaunes ou bleus offrent un beau spectacle. Un peu plus loin, un petit groupe d'Actinodiscus rouges sang attire le regard.
 
En attendant le bateau, je joue avec une anémone disque (Amplexidiscus fenestrafer) de 35 cm, en la stimulant du doigt d'une légère caresse afin qu'elle se referme sur elle-même, convaincue d'avoir attrapé un clown !
 
 
HOUSE REEF - Ile de CABILAO : Plongée de nuit devant hôtel. Un courant très violent près du tombant nous oblige à revenir sur le platier, très peu profond en raison de la marée basse. Beaucoup d'oursins Diadème rendent nécessaire de bien se stabiliser et de maîtriser sa profondeur... Malgré tout, et comme d'habitude, de nombreux habitants discrets le jour se montrent dans le halo de nos torches :
- des porcelaines diverses
- beaucoup d'araignées de mer :
- Schizophrys aspera
- Camposia retusa
- Schizophrys dama
- Cyclocoecoma tuberculata
- plusieurs espèces de vers polychètes
- 2 murènes
- 2 calamars
- des crabes en pagaille
- des crevettes
- Même un poisson globe épineux (Diodon holacanthus). Il semblerait que cet animal ne puisse prendre sa forme de boule célèbre que 4 ou 5 fois dans sa vie. L'effort serait tellement violent qu'il finirait par faire une crise cardiaque. Ce n'est donc pas une bonne idée de le stresser jusqu'à ce qu'il se mette en boule.
 
Désireux de vérifier le mode de prédation inattendu de mon oursin lors de la dernière plongée de nuit, je retrouve des animaux de la même espèce (semble t-il), mais aucun ne présente les mêmes renflements, ni la présence de filaments. Je suis perplexe. En pleine réflexion, je sens une brûlure sur ma main : cette fois-ci, c'est d'un Sarcophyton glaucum que s'échappent de longs filaments urticants et gluants qui piègent le zooplancton ! Un seul se comporte de cette manière autour de moi ! Les Sarcophyton sont parfois accusés de libérer des toxines qui tuent les coraux qui sont placés derrière : ne serait-ce pas plutôt des filaments de ce type qui feraient les dégâts ? Je ne savais pas que les Sarcophytons pouvaient chasser de cette manière, mais notre guide me confirme qu'il a déjà assisté plusieurs fois à ce phénomène.
 
 
TALISAY (pointe Nord de Cabilao) : Le tombant n'a rien d'exceptionnel, mais le platier est très beau; surtout peuplé en bordure de tombant par de nombreuses colonies d'Acropora. De petits canyons de quelques mètres se prêtent à l'exploration.
 
 
A la recherche du poisson pipe fantôme (Solenostomus paradoxus). Finalement, nous en trouvons un, alors que nous cherchions un couple, caché derrière une gorgone rouge, et camouflé par une couleur tout à fait semblable. La rareté de ce type de poisson est tout de même impressionnante. J'espère qu'il y a des endroits où ils existent en plus grands nombres...
 
Beaucoup de nudibranches sont visibles, dont le fluorescent (dans la pénombre de la profondeur) Nembrotha kubaryana. Un Bénitier de belle taille (40 cm ?) est suspendu à une paroi. On les compte ici sur les doigts d'une main : 3 bénitiers sauvages en 25 plongées. C'est vraiment très peu...
 
 
SOUTH POINT (pointe sud de Cabilao) : La plongée commence par un tombant de 35 m. A cette profondeur, il n'y a guère que des gorgones, des Crinoïdes, des Tubastrea et des anémones disques (Amplexidiscus fenestrafer) parfois imposantes (40 cm de diamètre ?). Puis, en remontant, on découvre entre 15 et 8 m une fabuleuse succession de petits plateaux sur lesquels se développent de magnifiques Acropora tabulaires, arborant une diversité exceptionnelle de formes et de couleurs. Toutes les nuances de marron, bleu, vert et jaune sont représentés. L'utilisation d'une lampe permet de vérifier que les bleus les plus sombres sont généralement des roses et des mauves... c'est en voyant un tel assemblage, qui fit l'admiration générale, que mon admiration pour la famille des Acropora prend tout son sens ! Difficile de rester insensible, pour peu que l'on s'approche de chaque colonie pour en observer la délicatesse de la structure, la couleur, la forme...
 
C'est ici sans aucun doute le plus beau récif que je n'ai jamais vu en termes de diversité d'Acropora.
 
C'est avec regrets que j'ai quitté le Philippines, malgré les 2 semaines écoulées, car le Seafari organisé par Abyss est formidable, tant par son organisation, que par la qualité du personnel d'encadrement, la diversité du programme et des lieux. J'y retournerai sans hésiter, et c'est avec force que je conseille à ceux qui veulent faire un voyage-plongée fantastique de partir avec Abyss. Les quelques photos qui illustrent les différents articles sur ce Seafari sont un extrait de celles que j'ai prises, et rares sont ceux qui sont restés insensibles à la vue de l'album !
 
 
ps : Les photos sous marines publiées ici sont prises entre 0 et 4 m avec des appareils jetables étanches du commerce. Elles sont évidemment soumises aux lois du Copyright ;-)
 

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