LE SUPER SKIMMER 2, UN AUTRE CONCEPT POUR GRANDS VOLUMES
Version 1.31 du 09/09/00
 

Par Fabrice POIRAUD-LAMBERT

Mise à jour en Bleu

INTRODUCTION

L'envie de creuser à nouveau ce sujet m'est venue il y a quelques mois, lorsque j'ai eu l'immense "plaisir" de voir des cyanobactéries envahir mon aquarium (pensez donc : je n'avais pas encore eu cette expérience, et quelle superbe opportunité d'écrire un nouvel article ! ;-))... C'est alors qu'en cherchant la cause de cette apparition soudaine (et la solution...) que je me suis aperçu que cela faisait 6 mois que je n'avais pas nettoyé la pompe, le tuyau d'alimentation et le Giffard de mon Super Skimmer Compact : Ma production d'écume avait doucement chuté (jusqu'à moins de 200 ml par jour sur mon 600 L), et j'avais attribué cela à la qualité de mon eau... Erreur fatale ! En nettoyant cet ensemble d'injection, je me suis vite aperçu que j'étais aussi obligé de revoir mes réglages, la production d'écume doublant spontanément ! Après plusieurs expériences successives, j'ai pu établir que la quantité d'écume diminue de 50% en un unique petit mois lorsque l'on ne nettoie pas le SSK (je ne parle pas de la coupelle). Cet état de fait n'aura pas une rapide incidence sur un bac moins peuplé et moins grand, mais sur le mien, cela suffit pour me créer un problème sérieux en moins de 6 mois.

Bref, étant feignant comme tout le monde, il me fallait trouver le moyen d'avoir plus de marge de puissance afin de pouvoir espacer les nettoyages sans problème ! Les nombreuses questions lues ici et là sur le moyen d'augmenter l'écumage et comment écumer des bacs de plus de 600 L me poussaient aussi à expérimenter afin de voir si je pouvais trouver une réponse à ma manière ...

Voici donc le résultat de plusieurs mois de tests (pas toujours dans des situations simples !!) qui ont été réalisés avec l'aide matérielle de Plastique Sélection et Abri Sous Roche que je remercie vivement.

 

OBJECTIFS POURSUIVIS

Pour tenir compte des réactions diverses suscitées par la publication de la première version de cet article, il semble utile de préciser quels sont les buts visés :

- Je ne cherche pas ici à fabriquer un écumeur capable de concurrencer le top du top de ce qui existe sur le marché, mais à obtenir un écumeur permettant de maintenir sans problème des bacs entre 500 et 1200 L.

- Je pourrais utiliser des moyens spéciaux, mais l'un des objectifs étant de concevoir un système facilement reproductible par ceux qui le souhaitent, les matériaux, matériels et méthodes utilisées doivent être à la portée de tous (simples, faciles à trouver). Cela implique nécessairement des concessions par rapport à l'optimal, mais seul le résultat final compte : tenir un bac de gros volume sans problème. Ainsi, les Giffards EHEIM utilisés, jugés non optimums par d'aucuns, ont l'immense avantage sur d'autres systèmes (type rotors à picots par exemple) d'être faciles à trouver et peu coûteux.

- Enfin, tout le monde ne pouvant pas investir 10 000 FF ou plus dans un écumeur, l'objectif est de proposer un système permettant d'obtenir au final le même résultat pour moins cher...

 

UN PEU DE THEORIE SUR LES PRINCIPES DE L'ECUMAGE (Selon Randy Holmes Farley)

Hydrophobie

Les molécules trouvées dans un aquarium marin sont classifiables en deux familles : Hydrophiles (qui aiment l'eau) et Hydrophobes (qui n'aiment pas l'eau).

Les molécules suivantes sont hydrophobes : méthane, azote gazeux, huile, graisse, cholestérol, butane, hexane, éther, certaines vitamines (A, D, E, K,..), les CFC... Elles ne se mélangent ni ne se dissolvent guère dans l'eau.

Des molécules hydrophiles telles que le sucre, l'eau, le sel, l'alcool, la Glycérine, le glucose, l'ammoniaque, la plupart des acides aminés, des vitamines (B6, B12, C,...) et presque tous les composants inorganiques sont très solubles dans l'eau.

Ces molécules sont rarement complètement hydrophiles ou hydrophobes, à part certaines comme l'aspirine, les phénol, l'acetone,...

Certaines grosses molécules peuvent avoir des parties hydrophiles et d'autres hydrophobes ! Les acides gras, de nombreuses protéines, les savons et détergents et une large variété de molécules organiques entrent dans cette catégorie.

 

Ecumage

L'écumage fonctionne grâce à une grande interface air-eau. Tout est bon pour la créer en fabriquant des nuages de bulles dans un volume d'eau, à l'aide de systèmes divers, du diffuseur au giffard, en passant par les rotors modifiés à effet Venturi ou les systèmes DownDraft utilisés par les ETS par exemple.

Les molécules organiques Hydrophobes et celles qui sont mixtes seront captées par ces interfaces, pour des raisons expliquées plus bas.

Lorsque les bulles se rassemblent (par simple effet de gravité en montant et étant concentrées dans la chambre de réaction de la coupelle), elles interagissent et forment de l'écume. L'écume se forme lorsque les bulles sont proches et que l'eau prisonnière entre elles a la possibilité de s'échapper. Plus elle peut s'échapper et plus l'écume sera sèche. Cette écume sèche, qui contient encore un peu d'eau et des molécules organiques, peut alors être collectée et jetée.

Pour qu'un écumeur puisse fonctionner de manière optimale, il faut :

  1. une grande interface air-eau
  2. les molécules organiques doivent avoir la possibilité d'être collectées sur l'interface air/eau.
  3. les bulles d'air formant l'interface air-eau doivent avoir la possibilité de se rassembler pour former l'écume
  4. l'eau présente entre les bulles doit pouvoir s'écouler sans entraîner l'éclatement prématuré des bulles
  5. l'écume produite doit être séparée de l'eau, collectée et jetée

Tout ce qui altère ces divers points impacte l'efficacité de l'écumage.

 

1- L'interface Air-Eau

Pourquoi faut-il une large interface ? La raison fondamentale est que l'interaction entre deux molécules d'eau est plus puissante que celle entre une molécule d'eau et une molécule de hydrophobe. L'eau forme des liens hydrogène avec d'autres molécules d'eau ou avec d'autres molécules hydrophiles, mais pas avec de l'huile par exemple. Cette interaction est très puissante et a un impact sur les propriétés de l'eau. Donc lorsqu'une molécule d'huile est dissoute dans l'eau, elle se retrouve entre des molécules d'eau qui cherchent à interagir avec d'autres. La molécule d'huile est donc repoussée vers la surface, là où les molécules d'eau ne trouvent plus de molécules avec lesquelles créer des liens hydrogène (l'air ne convient pas à cet effet connu sous le nom "d'effet hydrophobe"). Si vous mélangez de l'eau et de l'huile de table, vous observerez ainsi l'huile former une couche en surface.

Si l'on considère des molécules mixtes (ayant une partie hydrophile et l'autre hydrophobe), le mieux qu'elles puissent faire est de créer des liens hydrogène avec des molécules d'eau d'un coté, tout en maintenant leur coté hydrophobe en surface.

En pratique, la majorité des molécules trouvées dans un aquarium marin seront mixtes, le reste étant hydrophile. Peu sont purement hydrophobes (graisse). La plupart des molécules très hydrophiles ne seront pas enlevées par écumage, donc comprendre comment les molécules mixtes réagissent dans un écumeur est la clé de la compréhension de son fonctionnement.

 

Que se passe t-il sur l'Interface ?

Tout ce qui précède signifie que seule une monocouche de molécules mixtes peut se former sur cette interface air-eau. Malheureusement pour les aquariophiles, cette couche est ridiculement faible : une couche de savon contient environ 5*1014 molécules par cm2, ce qui correspond à 0,0025 g/m2 . Pour retirer 1 g de savon sous forme de monocouche, il faudrait donc générer une surface de 400 m2...! Si l'on considère la surface d'un aquarium moyen d'environ 0,7 m 2, si vous en supprimez d'un coup la monocouche de molécules organiques, vous ne retirerez que 0,002 g de composés organiques... alors que le simple ajout d'une petite cuillère de crevettes séchées dans un aquarium ajoutera plusieurs millier de fois cette quantité de composants... On voit facilement par là à la fois l'importance d'envoyer dans l'écumeur la couche d'eau de surface de l'aquarium et la nécessité de créer la plus grande interface air-eau possible.

 

Comment créer une interface Air-Eau ?

Dans un écumeur, le but du jeu est d'obtenir la plus grande surface air-eau. En termes de de bulles dans l'eau, plus les bulles sont petites et plus l'interface air-eau est importante : Le volume d'une sphère varie en fonction du carré de son rayon (S = 4*Pi*R2) pendant que le volume varie en fonction du cube du rayon (V=4/3*Pi*R3).

En conséquence, une bulle de 1 mm de diamètre contient 0,52 mm3 de gaz et a une surface de 3,1 mm2. Maintenant, si nous prenons 1000 bulles d'un dixième du diamètre (0,1 mm), le volume de gaz sera toujours de 0,52 mm3, mais la surface sera maintenant de 31 mm2 !!

En pratique, la taille inférieur limite des bulles est atteinte lorsque les bulles sont tellement fines qu'elles ne sont plus attirées vers la surface, ce qui peut se constater parfois dans nos bacs. La conception d'un écumeur est donc un équilibre entre la taille des bulles et la durée de la formation de l'écume.

 

Allouer du temps à la réaction

Une fois que l'écumeur a généré beaucoup de bulles et donc une grande surface air-eau, il faut donc maintenant donner le temps aux composés organiques de l'atteindre....

La diffusion de molécules dans l'eau peut être lente. Plus la molécule est grosse et plus c'est lent. Les protéines peuvent nécessiter des heures pour traverser quelques centimètres d'eau.

Heureusement, les turbulences dans un écumeur permettent aux molécules d'approcher plus rapidement des bulles, même si le mouvement relatif de l'eau près de chaque bulle est faible et nécessite une diffusion.

Le temps nécessaire pour saturer l'interface dépendra aussi de la quantité de composés organiques présents dans l'eau.

Certains composants ayant des liens plus puissants que d'autres avec l'interface air-eau, ils pourront remplacer lentement ceux ayant une relation moins forte, ce qui fait qu'une bulle saturée en éléments organique pourra voir ces éléments évoluer à sa surface en fonction du temps. Elle ne se chargera pas indéfiniment. Pour cette raison, on ne peut pas dire qu'il faut un certain temps à une bulle pour se charger en composés écumables. Plus encore, il est incorrect de dire qu'il faut augmenter le temps de contact entre les bulles et l'eau de l'aquarium ! Par contre, le mouvement relatif des bulles par rapport au flux d'eau est important : si les bulles vont dans le sens contraire du flux d'eau, ou sont dans un environnement turbulent, le temps d'absorption sera réduit (les composés organiques mettant moins de temps à atteindre une interface air-eau).

 

Formation de l'écume et assèchement

Une fois que les bulles sont chargées en matières organiques, il faut maintenant enlever la surface des bulles de l'aquarium, mais en y laissant la majorité de l'eau. Ceci se fait en laissant l'écume se former.

L'écume se forme lorsque les bulles se rassemblent. En s'élevant, la mousse force l'eau à s'écouler sous l'effet de la gravité, enlevant la majorité de l'eau d'entre les bulles. certaines bulles fusionnent avec leurs voisines et forment des bulles plus grandes. Tant que les bulles n'éclatent pas avant que l'eau ne se soit significativement retirée, les composés organiques restent piégés avec l'eau résiduelle.

L'assèchement de l'écume est la phase critique pour la majorité des écumeurs. L'un des problèmes rencontrés peut être de perdre des composés organiques lorsque l'eau se retire de l'écume. Nous avons donc ici à gérer un équilibre subtile entre les composés toujours en solution et ceux collés à l'interface air-eau.Tant que l'eau s'écoule, nous perdons des composés organiques. Lorsque des bulles éclatent, les composés sont redistribués dans l'eau environnante, et cela explique que l'écume contienne une concentration nettement supérieure à ce qui est présent dans le bac.

La seule différence entre une écume humide et une écume sèche est que l'écume sèche a perdu plus d'eau et donc plus de composés organiques que l'écume plus humide. Le meilleur écumage consiste donc à produire une écume relativement humide (couleur thé foncé par exemple) plutôt qu'une écume très sèche (noire).

 

PROTOCOLE DE TEST

Me basant sur le fait qu'un Super Skimmer (SSK) propre démontre une parfaite capacité en pratique à écumer un bac jusqu'à 600 L, j'ai donc cherché à démultiplier la production d'écume, à densité/couleur équivalente, partant sur le principe que ce qui fait la différence de performance entre deux écumeurs est la quantité d'écume (à qualité égale) produite. Ce critère de comparaison est loin d'être totalement satisfaisant, car il faudrait mesurer la composition de l'écume pour pouvoir réellement comparer, mais il est encore à ce jour le seul que je puisse utiliser. Certains travaillent à l'élaboration de critères de comparaison entre écumeurs moins discutables, mais nous attendons toujours les résultats.

Si je m'en tiens à la théorie exposée ci-dessus, le concept du SSK me semble très bon (je n'ai pas dit optimal !) :

Schéma 1
 

J'ai donc commencé mes expériences en considérant que l'écume est formée de bulles et qu'il me fallait, pour augmenter la production d'écume, augmenter la production de bulles...

=> J'ai donc monté une deuxième pompe en série (à la sortie de la première) et branché cet ensemble sur le Giffard de mon Super Skimmer normal. Je n'ai pas réussi à produire plus de 25% d'écume en plus par rapport à ma production habituelle, même en perçant des trous de 6 mm dans le giffard pour augmenter l'arrivée d'air...

=> Afin de pouvoir gérer un débit d'eau plus important, j'ai fabriqué un autre écumeur (Schéma 1 et photo ce-dessous), contenant environ le double du volume du SSK normal : Corps de 50 cm de haut en diamètre 140, cône de réduction en PVC pour passer du 140 à un diamètre 90 compatible avec ma coupelle habituelle. Deux tubes d'injection ont été percés dans le cône, à 45°, en tuyau de diamètre 32, pour être compatibles avec le système d'injection habituel du SSK. La sortie est en diamètre 40 afin de laisser passer plus d'eau sans créer une fontaine, et un système de T et de coude a été ajouté à la sortie afin d'obtenir un écoulement silencieux.

J'ai branché mes deux pompes en série sur ce montage pour comparer avec le résultat sur le SSK : idem ! Au moins, cela m'a permis de constater que les formes, matériaux et dimensions n'étaient pas critiques...

=> J'ai séparé mes deux pompes et les ai branché chacune sur un giffard connecté sur une entrée ménagée dans le cône : Après réglage des niveaux, j'arrivais à une production d'écume égale ou inférieure à celle du SSK... A noter que ma sortie en diamètre 40 suffit à peine, et sature en faisant un léger bruit. Curieusement, une sortie en diamètre 50 fait toujours un peu de bruit.

=> J'ai alors percé deux trous dans le corps même de l'écumeur, un radial à mi hauteur et un tout en bas. Pour imiter le système Deltec, j'ai laissé une pompe connectée à un giffard sur le cône, et déplacé l'autre giffard que j'ai connecté sur le trou radial à mi hauteur. La pompe alimentant ce Giffard prenait alors l'eau dans le bas de l'écumeur, en circuit fermé. Résultat après réglage = 50 % de la performance du SSK !! Je n'ai pas pris le temps de laisser tourner longtemps (seulement 12 H, alors que certains tests ont été fait sur plusieurs semaines), car le giffard faisait beaucoup de bruit, et la pompe absorbait beaucoup d'air depuis l'intérieur de l'écumeur, air qui limitait fatalement le débit et la puissance de la pompe, réduisant alors l'efficacité du Giffard.

=> J'ai rebouché le trou au bas de l'écumeur, et laissé la pompe injecter à mi hauteur de l'eau puisée directement dans la décantation : pas d'amélioration par rapport au SSK, et un effet pervers lors des arrêts de l'écumeur : il se vidait partiellement par gravité à travers les 2 trous du giffard à mi-hauteur, créant deux petits jets qui heureusement étaient contenus dans la décantation...

 

A ce stade, voilà 6 semaines que je teste mon prototype et je n'arrive toujours pas, malgré mes deux pompes et mes deux giffards, à produire plus d'écume que le SSK !! C'est alors que je fais une découverte, que d'autres ont déjà faite avant moi, mais qui, à ma connaissance, a été rarement communiquée et rarement utilisée de manière optimale si j'en juge par les écumeurs industriels ou "maison" que j'ai pu voir jusque là !

 

PRODUCTION D'ECUME : LE FACTEUR CRITIQUE !

Sur mon prototype, j'ai doublé le débit d'eau et d'air injectés sans arriver à augmenter la quantité d'écume produite. J'aurai pu ajouter encore 10 pompes et arriver au même résultat ! La raison apparaît finalement assez clairement : en doublant le débit d'eau, l'eau montait trop haut dans la chambre de réaction (A sur Schéma 1) et l'écume produite était beaucoup trop liquide, ce qui m'obligait à diminuer la hauteur du tuyau de sortie d'eau, afin de réduire la hauteur d'eau dans le corps (B) de l'écumeur. Résultat, seules les bulles présentes dans la chambre de réaction pouvaient commencer le processus d'assèchement, alors que les bulles restées dans le corps de l'écumeur étaient remélangées sans cesse avec l'eau.

Pour arriver à produire plus d'écume, il me fallait permettre à plus de bulles de s'assêcher, et donc jouer sur la seule chose qui avait été fixe jusque là : la chambre de réaction (A) de la coupelle !

Les coupelles Tunze 230 ou Deltec AP 850 ou équivalent sont à peu près fabriquées sur le même modèle : une chambre de réaction de 160 cm de long, sur 90 mm de diamètre. Certains écumeurs sont fournis avec des coupelles dont la chambre de réaction est soit plus large soit plus étroite.

 

Plus la chambre est étroite et plus l'écume est légère et monte vite sous l'effet de la pression d'air qui s'éxerce sur elle par le bas. Plus elle monte vite et moins le temps de séchage est long. Ce type de chambre ne peut donc convenir que sur des écumeurs à faible débit d'air (petits modèles) ou sur de gros écumeurs si la chambre est assez longue pour permettre à l'écume de sécher. L'inconvénient majeur est alors l'encombrement, puisqu'elle peut alors mesurer des dizaines de cm ! Une solution adoptée par certains aquariophiles consiste à mettre l'écumeur sous pression : l'écume est alors freinée, comme dans cet énorme écumeur (env 200 L, près de 2 m de haut et 30 cm de diamètre), où le formidable volume de bulles (produites par des diffuseurs et une pompe à air de 5000 L/H) devrait sinon faire gicler littéralement l'écume !

 

Au contraire, plus la chambre est large, et plus le propre poids de l'écume freine sa montée. Cela permet ainsi de fabriquer des écumeurs où beaucoup d'air est injecté, créant beaucoup de bulles, tout en ayant des dimensions très réduites (en hauteur), comme le modèle suivant qui possède plusieurs pompes Eheim 1060, et une chambre de réaction de 180 mm de haut et 155 mm de large.

Malgré les dimensions peu ordinaires de la coupelle (qui contient 6 litres) et de la chambre de réaction, cet écumeur nécessite une action sur le débit d'air si l'on ne veut pas produire une écume trop humide. Si vous regardez le niveau d'eau de cet écumeur, donné par la hauteur du T de sortie (que l'on voit derrière à gauche de la coupelle), vous remarquez qu'il arrive au ras du bas de la chambre de réaction situé légèrement sous la coupelle.

En partant sur cette analyse, j'ai alors procédé à une expérience qui m'a permis de vérifier que je suis sur la bonne voie : Sans rien changer à mes deux pompes connectées sur les deux giffards injectant leur mélange au travers du cône, j'ai commencé à ajouter des cales de hauteurs variables (formées de tronçons de tube PVC en diamètre 90 mm) sous ma coupelle, afin de la sur-élever. J'ai remonté le niveau d'eau dans l'écumeur en parallèle et en proportion. J'ai ainsi actuellement rajouté 7 cm de cales, ce qui porte la hauteur totale de ma chambre de réaction à 16+7=23 cm de haut, et j'arrive, malgré la qualité grandissante de la qualité de l'eau de mon bac, à produire 600 ml d'écume par jour là ou le SSK me produirait 300 ml.

Afin de poursuivre mes tests, je me suis procuré un manchon de diamètre 90 mm et du tube PVC transparent de 90 mm identique à celui constituant ma coupelle, découpé en bagues de différentes hauteurs (10 cm, 4, 2, 1,...). J'ai remonté le niveau d'eau dans l'écumeur jusqu'à la base de la chambre de réaction de ma coupelle en jouant sur le système de tubes constituant la sortie de l'écumeur, puis allongé la chambre de réaction de ma coupelle en utilisant le manchon et les bagues. Malheureusement, les 90 cm de hauteur de mon support d'aquarium ne me permirent pas d'allonger ma coupelle sufisamment pour contenir le flot d'écume ! Une fois ma chambre de réaction allongée jusqu'à 30 cm de long (au lieu de 16 initialement !!), j'ai dû redescendre le niveau d'eau dans l'écumeur pour obtenir la densité d'écume recherchée... mon niveau d'eau est donc toujours 7 cm environ sous la base de la chambre de réaction et je suis bloqué par la structure de mon prototype ! Cependant, j'ai pu vérifier certaines théories :

Mon prototype doit donc être modifié afin de permettre la mise en place d'une coupelle plus large afin de tester mon hypothèse jusqu'au bout.

 

Toujours plus gros

Je n'étais pas satisfait par le SSK2 béta 1 car j'étais limité au niveau du diamètre de la chambre de réaction de la coupelle et par sa hauteur. J'ai donc construit une autre version (SSK2 béta 2 ;-) dont le corps n'est pas équipé d'un manchon cônique mais d'un manchon droit normal en diamètre 140 mm. Le reste est strictement identique à la version précédente. J'ai ensuite posé ma coupelle téléscopique en diamètre 90 dessus, avec ses 30 cm de chambre de réaction. Pour une raison que je ne m'explique pas, j'ai ainsi produit jusqu'à 950 ml d'écume par jour, chiffre jamais atteint jusque là, d'autant que l'écume était aussi dense (sans jamais arriver à l'écume noire de certains écumeurs). Pour information, l'écume produite par le SSK2, malgré sa couleur marron, à une densité jamais obtenue sur le SSK.

J'ai alors fabriqué une coupelle en diamètre 140, afin de tenter de réduire le débit d'écume et donc être ainsi en mesure de produire une écume encore plus dense avec une coupelle moins haute. Cette fois, j'ai touché l'autre limite : la production d'écume était très faible (moins de 50 ml par jour) tout en étant dense (mais pas noire : le processus de fabrication de l'écume, peut-être l'utilisation de dispergateurs à picots, semble donc jouer sur la couleur de l'écume).

Finalement, j'ai fabriqué une coupelle avec une chambre en diamètre 110, qui, avec une chambre de 22 cm de haut (rallongée par un manchon de 110 mm sans cale), est moins sensible à régler que la coupelle en 90 (heureusement) et plus compacte.

En attendant les photos de la coupelle en 110 m, la fabrication est simple : la coupelle en elle-même est carrée et fabriquée avec des plaque de PVC transparent. La coupelle est traversée par la chambre en 110 mm et le retour sur le couvercle de la coupelle est formée de quelques centimètres de tube en diamètre 140 mm.

SSK2 béta 2 en fonction

 

FABRIQUER UN SSK 2

Le principe est repris de celui du SSK compact mais doublé et légèrement modifié. Ces informations sont indicatives pour l'instant, et ne servent qu'à expliquer quelle démarche je poursuis. Elles seront confirmées ultérieurement :

 

 

REGLAGE DU SSK 2

Pour régler le SSK 2 il vous faut d'abord vous assurer que vous avez percé un trou de 4 mm à coté de celui déjà existant dans le giffard, afin d'offrir assez d'air à l'écumeur. Ce percage est très simple à faire et vous ne risquez pas de casser le Giffard. Percez tout simplement à coté du téton prévu pour fixer un tuyau à air (n'en mettez aucun, il ralentirait l'arrivée d'air.

En jouant sur des bagues de différentes hauteurs, et sur la profondeur des emboitements des tuyaux (non collés !) qui forment le système de sortie d'eau, faites en sorte que la barre horizontale du T de sortie soit à peu près au niveau du disque percé qui marque l'entrée de la chambre de réaction. Posez la coupelle sur l'écumeur et lancez la bête en la surveillant (il est extrêmement déconseillé de faire ce règlage sans avoir la possibilité de surveiller l'écumeur pendant une journée complète, car il peut mettre un peu de temps à démarrer et ensuite produire de l'eau à grande vitesse... J'ai testé pour vous ;-).

Si l'écume produite est trop humide, jouez autant que possible sur un jeu de bagues au diamètre de la chambre de réaction de la coupelle pour augmenter sa hauteur. Une fois que vous ne pouvez plus jouer sur ce paramètre, commencez alors à lentement diminuer le niveau d'eau dans l'écumeur en jouant sur la hauteur de la sortie. Après chaque modification, laissez l'écumeur fonctionner 2 heures sans y toucher afin d'être sûr que son fonctionnement est stabilisé.

Pour faciliter ces règlages, vous devez donc être en possession des pièces suivantes :

Utiliser des jeux de bagues et un manchon permet de limiter la dimention des tubes de réglage utilisés et offre une grande souplesse. Le manchon au diamètre de la chambre de réaction de la coupelle sera scié dans sa partie supérieure afin de réduire la hauteur de débattement nécessaire pour enlever la coupelle de l'écumeur : 1 à 2 cm de prise suffisent à maintenir la coupelle et permettent de réduire l'espace nécessaire pour manoeuvrer l'écumeur.

 

MAINTENANCE DU SSK 2
 
Comme tout appareil, le SSK2 nécessite une maintenance, et ce d'autant plus si vous l'utilisez sur un volume proche de sa limite haute. La maintenance se fait sur plusieurs point, à des intervalles de temps différents :
 
- La coupelle : à vider et nettoyer au moins 2 fois par semaine (valable pour tous les écumeurs)
- le giffard : il finit par s'encrasser au niveau des prises d'air (limitant la quantité de bulles) et peut s'obstruer à la fois dans le passage de l'eau et à l'endroit où l'eau et l'air se mélangent. Des plaques de sel peuvent même se former et diminuer notablement la production d'écume. A nettoyer le plus souvent possible et au minimum tous les trimestres et si possible chaque mois.
- Le tuyau entre la pompe et le giffard : il finit aussi par s'encrasser, réduisant ainsi légèrement le débit d'eau. A nettoyer le plus souvent possible et au minimum tous les trimestres et si possible chaque mois.
- la pompe : la prise d'eau et le rotor s'encrassent à la longue, diminuant la perfomance de l'injection. A nettoyer le plus souvent possible et au minimum tous les trimestres et si possible chaque mois.
- le corps du SSK : algues et éponges s'y attachent et peuvent freiner la rotation de l'eau. A nettoyer en fonction de l'état.

 

CONCLUSIONS

A ce jour j'arrive aux conclusions suivantes :

SSK2 béta 2 équipé de sa coupelle téléscopique maximale, pour les besoins de l'illustration. En pratique, une chambre de réaction aussi longue n'est pas nécessaire

 

Consultez aussi l'article sur le SSK 2 Kit Pro, avec le schéma de montage !

 

BIBLIOGRAPHIE

Skimming : How it Works, Randy Holmes-Farley


VOS QUESTIONS & MES REPONSES
Le SSK et le SSK2 attirent beaucoup de questions. Voici donc quelques extraits afin de vous éclairer sur des points de détail


QUESTION : Par rapport au schéma ci-dessous, quelles doivent être les côtes A, B, C, D ?


QUESTION : Y a t-il un moyen pour réduire le bruit de clapot de l'eau qui sort de l'écumeur ?

QUESTION : Je ne dispose pas assez de place pour mettre un SSK2 de taille normale (80 cm de haut avec la coupelle). Puis-je réduire le corps (à 45 cm par exemple) ou est-ce critique ?


QUESTION : Pourquoi injecte t'on le mélange air-eau de haut en bas ? Ne serait-ce pas plus efficace de bas vers le haut ?


QUESTION : On ne trouve pas dans cet article le mode de montage détaillé du SSK2. Pourquoi ?


QUESTION : Existe t-il un kit tout prêt pour le SSK2, comme pour le SSK ?

 

 

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