MONTER UN BAC DE QUARANTAINE

 
 
S'il est un sujet sur lequel les gens restent assez discrets, c'est bien celui de la quarantaine. Si l'on peut lire ici ou là des conseils concernant la mise en quarantaine des poissons, il est rare de rencontrer un aquariophile qui le fasse, et les amateurs, d'autant plus s'ils sont débutants, ne savent pas trop à quoi s'en tenir.
 

Une chose est claire : monter un bac de quarantaine nécessite de poser un deuxième aquarium quelque part, et certains peuvent reculer à cette perspective (à moins que cela ne soit à l'idée de la réaction de leur 'tendre et douce' !?).
 

C'est à l'occasion d'une discussion avec Patrick NUSBAUM, qui utilise ce type de bac pour la reproduction de ses Amphiprions, que j'ai décidé, sur ses conseils, de monter un bac de quarantaine. Vous allez rapidement vous apercevoir que ce n'est pas sorcier.
 

L'idée de base consiste à économiser le plus possible sur le matériel, sachant que ce bac est destiné à une faible et temporaire utilisation. Cependant, même si l'investissement doit être restreint, il s'agit d'obtenir une qualité et une stabilité optimale du milieu.
 
J'ai donc acheté une cuve en verre de 60 litres, que j'ai couverte avec deux plaques de verres que j'ai fait découper par un magasin de bricolage, afin de limiter l'évaporation. J'ai aussi acheté un chauffage de 50 W, et une pompe-filtre 'DUO', qui a l'avantage d'être peu coûteuse et peu encombrante, intégrant de petites masses filtrantes, un peu de charbon actif, et une pompe de brassage dont j'ai placé de rejet au niveau de la surface. Afin d'augmenter l'oxygénation de l'eau, sans augmenter le courant (les malades n'ont pas besoin de ça !), j'ai aussi ajouté un petit diffuseur à air. Voilà pour l'équipement.
 

Pour assurer une qualité optimale à mes 40 litres d'eau, j'ai prélevé une poignée de sable vivant dans mon bac principal, et j'ai complété par du sable neuf, de sorte qu'il y ait environ 1 cm de substrat dans toute la cuve. J'ai ainsi ensemencé l'aquarium en bactéries et en animalcules. Pour créer un décor et des cachettes aux futurs locataires, tout en améliorant encore l'entretien du milieu, j'ai disposé des pierres vivantes sur le fond, en constituant une grotte sécurisante. Ces pierres sont bien entendu sacrifiées, car une fois qu'elles auront été traitées par un médicament, plus question de les utiliser dans le bac principal.
 

La population de ce bac étant faible et occasionnelle, je n'ai placé ni écumeur ni lampe. La cuve est seulement éclairée par la lumière du bac principal et celle du jour qui entre par une fenêtre proche. Cela ne semble pas du tout indisposer les caulerpes qui s'y développent, et participent à la suppression d'éventuels nitrates et phosphates, tout en fournissant une source de nourriture complémentaire aux herbivores supérieurs qui pourraient y séjourner (Chirurgiens par exemple). En l'absence de poissons, les algues vivent (très bien) grâce à l'ajout, chaque semaine, de 10 ml de Sera MarinVit.
 

En 6 mois, je n'ai fait qu'un changement d'eau de 20 litres, des compléments de MarinVit et d'eau osmosée pour palier à mon demi-litre d'évaporation hebdomadaire. Je n'ai ni nettoyé, ni siphonné... rien ! Et pourtant, après 6 mois, le KH est supérieur à 8, le pH aussi, et les autres paramètres sont bons ! Il est vrai que cette quarantaine n'a guère servi pendant ce temps. Depuis, j'y ai soigné un chirurgien pendant 2 semaines, et hébergé quelques jours un couple de mandarins nouvellement acheté, sans problème.
 

En conclusion, la maintenance de ce type de bac est quasi nulle, et son encombrement assez faible pour occuper par exemple le dessus du refroidisseur de bière qui me sert de groupe de froid. En cas de besoin, cela permet d'isoler, parfois dans de meilleures conditions que dans une décantation, des animaux divers : Crevette Mante, poissons, crabes, escargots,... Pour quelques centaines de francs, vous vous offrez là une solution de secours qui peut se révéler bien utile un jour.
 
 

Fabrice POIRAUD-LAMBERT
 

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