PAPOUA BARAT
Expédition ABYSS, Novembre 2001
Par F. Poiraud-Lambert
Partie 3/3
1 - Le voyage
2 - Manokwari
3 - Sorong & le Camp de l'Ile de Kri
4 - Conclusion
5 - Conseils aux voyageurs
6 - Photo et Vidéo sous-marine
Médicaments
La plongée apporte beaucoup de joies et de plaisirs, mais l'on peut compter
au titre de ses désagréments les bobos plus ou moins importants que l'on subit
parfois. Si certains problèmes ne sont pas très ennuyeux dans un voyage
uniquement terrestre, l'eau, les sédiments et le sel marin se chargent de les
aggraver durant un voyage plongée, sans compter que rester des jours entiers
à regarder les autres partir plonger est tout sauf agréable, et ce d'autant
plus que l'on vient de loin rien que pour ça !
Voici à titre indicatif ce que pourrait contenir une trousse
de secours, sans trop tomber dans la paranoïa :
- des médicaments anti malaria si besoin. A noter qu'un nouveau produit est
sorti en octobre 2001, la Malarone, qui permet de lutter contre la malaria dans
les zones où les moustiques se sont habitués à la Savarine ou au Lariam. La
Doxycycline est aussi parfois conseillée lorsque le Lariam ne suffit plus.
- un traitement complet pour les dérangements intestinaux : Ercéfuryl, Imodium,…
- un antibiotique à large spectre
- du désinfectant et des pansements, voire des compresses stériles et
du scotch micropore. L'un de mes éminents lecteurs, grand plongeur, conseille
le "Soluté Dakin", une sorte d'eau de javel "médicalisée" qui, à son avis
est le seul désinfectant contre les blessures sur les coraux. Un badigeonnage
sur la blessure, immédiatement à la sortie de l'eau, peut éviter, par la suite,
de longues séances chez un dermatologue. Pour les désinfectants traditionnels
préférer plutôt des désinfectants à base de mercure (le bon vieux
Mercurochrome par exemple) qui sont beaucoup plus efficaces en usage à la mer
plutôt que ceux à base d'iode.
- un cicatrisant, pour aider les petites plaies à se refermer malgré l'eau de
mer.
- un traitement anti-rhume qui ne génère pas trop d'effets secondaires
tels dessèchement de la bouche, somnolence, etc...
- un somnifère léger pour aider à dormir durant les longs vols
- une pince à épiler
- un traitement pour les otites internes ou externes et les infections de l'oreille
- de l'aspirine
- du répulsif contre les moustiques
- de la Biafine, contre les brûlure, et des crèmes anti-solaires / lait apaisant
- un anti hystaminique, pour lutter contre les effets des allergies
Shopping
Il est bien difficile de trouver un souvenir à rapporter dans un pays comme
Papouat Barat, où le tourisme est quasi inexistant, et où les touristes doivent
être majoritairement des indonésiens. Néanmois, vous pourrez trouver des étuis
pelviens, spécialité locale difficile à trouver ailleurs, et quelques produits
de l'artisanat local. Il est probable qu'il faudra disposer de plus de temps
pour dénicher les artefacts originaux : armes traditionnels, masques,… Vous
pourrez cependant largement apaiser votre soif de sourvenir dans les grands
magasins de Jakarta, où, dans des immeubles qui ressemblent par leur contenu
aux Galeries Lafayette, vous trouverez aussi un grand nombre d'articles artisanaux
: masques et sculptures en bois, souvent impressionnants et fantastiques, et
objets divers issus d'un artisanat qui semble authentique.
Climat et meilleures périodes
La meilleure période pour un voyage à Papoua Barat semble être entre février
et mai, ou en octobre. De novembre à janvier, la visibilité sous-marine tombe
à 10/15 mètres, ce qui ne permet pas de profiter pleinement de la magnificence
des récifs et de ses habitants. La température de l'eau est stable toute l'année
entre 29 et 30 °C. La pluviométrie est faiblement variable d'un mois sur l'autre.
Le temps n'est jamais longtemps le même : dans la même journée il pourra pleuvoir
et faire beau, avec des passages nuageux. La nuit sera généralement le théatre
d'orages tropicaux parfois violents mais toujours très courts. Le climat est
chaud et très humide : il est pratique et confortable de pouvoir ranger ses
affaires propres dans un sac étanche, qui les conservera à l'abri de l'humidité.
Il existe de grands sacs étanches que l'on trouve chez les revendeurs de matériel
de plongée.
Les bagages et les Vidéastes-Photographes
Des problèmes de poids ? S'il n'est déjà pas simple, en tant que plongeur, de
voyager avec un équipement de plongée complet, les vidéastes-Photographes rencontrent
généralement des problèmes encore plus grands du fait du poids de leur équipement.
Tant qu'il s'agit de petits appareils, cela pourra se loger facilement dans
les bagages ou dans le sac cabine. Dès que l'on se promène avec plusieurs appareils,
des bras, des flashs, des caissons étanches, des chargeurs de batteries, des
monceaux de pellicules ou de bandes vidéo… cela devient du sport !
Le volume rend les bagages difficiles à déplacer, mais le pire est le poids : les compagnies aériennes internationales accèptent en général jusqu'à 25 Kg de bagages par voyageur. Cependant, des dérogations peuvent être demandées aux compagnies, ce qui permettra de voyager avec 30 kg si l'on démontre que l'on est plongeur, voire même avec 40 kg à titre exceptionnel. Reste que les compagnies intérieures limitent souvent à 20 kg, ce qui vous obligera à payer des frais de surcharge ! En Indonésie, le kilo supplémentaire nous a été généralement facturé 3 US $, alors que le même kilo de trop aurait été facturé 39 US $ depuis Paris ! Partir à plusieurs (le plus possible ! ;-) permettra de lisser les surcharges, et de négocier plus facilement le poids autorisé.
Pour le Photographe, la question reste cependant entière : comment diantre transporter 60 kg de bagages alors que l'on ne peut en prendre officiellement que 25, 30 voire 40… ? Une solution consiste évidemment à payer les surcharges, ce que l'on ne pourra pas toujours éviter, mais ce qui augmente sensiblement le coût du voyage. La solution consiste bien souvent à faire entrer un maximum de poids dans le bagage cabine (officiellement limité entre 7 et 10 kg selon les compagnies) : c'est ainsi que certains sacs pèsent parfois jusqu'à 35 kg… ni vus ni connus ;-) Il reste alors à prier que le caisson à bagage au-dessus de sa tête dans l'avion va tenir la charge ! Mon caisson Subspace avec ses phares pèse 13 kg environ. Si j'ajoute la caméra et les accessoires, que je ne laisse pas dans les soutes, l'ensemble est porté à environ 16 kg. La moindre valise cabine à roulettes pèse entre 3 et 5 kg, ce qui nous mène à 19 / 21 kg ! Ajoutez alors quelques babioles pour le voyage (un livre, un pull, un short, un tee shirt et un maillot de bain… au cas où un bagage de vêtements se perdrait,…) et vous vous promenez joyeusement avec 23 kg en cabine… autant qui ne seront pas comptés sur la balance, ce qui vous laisse 25 kg de disponibles pour le matériel de plongée (environ 15 kg) et les affaires (disons 10 kg max).
L'angoisse est alors de se faire " pincer " lors d'un embarquement… Si le risque est minime dans les petits aéroports lointains, il est plus important (et plus coûteux !) dans les grands aéroports internationaux. Nombreux sont cependant les photographes voyageurs à dire que la seule vue des factures amène généralement les compagnies aériennes à renoncer à envoyer le précieux bagage-cabine en soute…
Ha ! un dernier détail : inutile de vous charger en vêtements : quelques tenues légères suffiront pour la vie dans le camp de Kri, et vous pouvez demander à ce qu'on vous lave des tee-shirts, ce qui ne vous coûtera rien ou presque.
Quel bagage utiliser pour le matériel ? Si le voyageur photographe expérimenté a déjà résolu le problème, le photographe débutant se demandera longtemps quelle est la meilleure option… Si un Flight Case ultra solide et imposant assure une considération toute particulière à l'équipement (paradoxalement, plus le matériel est protègé, et plus c'est visible, et plus les gens y font attention !), il n'est pas possible de le dissimuler. La protection et le coût de transport seront donc maximums. Le risque de vol potentiellement aussi, du fait de l'aspect du bagage. Dans tous les cas, un bagage souple est un risque, car un choc est vite arrivé, surtout si l'on ne porte pas une attention particulière à un sac ou une valise souple qui ressemble à toutes les autres… Préfèrez donc un bagage rigide ou semi-rigide. Vous trouverez ainsi nombre de petites valises-cabine sous forme de coques moulées rigides, qui rentreront sans problème dans les caissons à bagage des avions. Ce type de petite valise permet pour certaines d'entre elles de mettre un caisson vidéo complet, tel le Subspace MK 2000 Pro, en laissant la place pour quelques objets supplémentaires. Un bagage étanche sera un must, surtout pendant des voyages où il pourra être exposé à la pluie ou aux embrunts, ce qui arrive souvent lorsque l'on part loin dans des endroits sauvages.
En résumé, le bagage idéal pour transporter du matériel photo-vidéo avec soit respecte à mon avis les points suivants : - discrêt - rigide - équipé de roulettes et d'une poignée téléscopique - étanche autant que possible.

Certaines petites valises-cabine, telle cette Delsey, permettent le rangement
d'un caisson Subspace MK 2000 PRO, des 2 phares, du moniteur externe
des chargeurs, lampes, outils et autres accessoires nécessaires !
Le tout en 20 kg tout compris, caméra incluse !
Vous pourrez utilement complèter votre équipement par une veste de reporter à poches multiples, qui vous permettra d'emporter de nombreuses choses hors de vos bagages. Visitez les magasins de chasse et pèche : ils proposent de nombreuses vestes à poches qui n'ont rien à envier aux vestes de reporter, avec parfois même des particularités intéressantes. Dans tous les cas, ne cèdez pas à la tentation de prendre deux bagages à main : c'est interdit, et le risque d'être refoulé est très important, à moins de ruser en permanence, ce qui n'est pas toujours possible…
Après avoir évalué les mérites respectifs de mes deux caméras (SONY PC 110 et SONY PD 150), je me suis résolu à emporter les deux en voyage, car elles sont décidément très complémentaires : la PC 110 est compacte, discrête et facile à manipuler, et dispose d'un flash incorporé et d'une vision infra-rouge. La PD 150 se distingue par sa sensibilité, ses multiples règlages, une qualité d'enregistrement sonore supérieure et sa qualité DVCAM. La première me servira donc en terrestre et dans des conditions difficiles, la seconde étant réservée aux prises de vues sous-marines et aux conditions terrestres maîtrisées.
Plonger avec la caméra Sony PD 150 et son caisson Subspace
MK 2000 Pro se révèle agréable : le caisson Subspace est
ergonomique et agréable à utiliser, les commandes, souples, efficaces
étant pile au bon endroit, et l'autonomie des batteries suffisante :
- Autonomie des lampes : 42 minutes en 50 W, et 60 minutes en 35 W
- Autonomie de l'écran externe : 2:30 (une deuxième batterie est
conseillée si vous faites plus de 3 plongées par jour, à
moins de pouvoir charger entre deux plongées)
A noter que si 2 fois 50 W est peu de jour, c'est beaucoup trop de nuit, et même 35 W se révèlent excessifs. 25 W devraient être amplement suffisants, tout en offrant probablement 90 minutes d'autonomie. Une autre solution consiste à garder les 35 W et à abaisser un ou deux des filtres internes de la caméra.
L'ensemble caméra + caisson étant pourvu de 4 batteries (celle de la caméra, celle de l'écran externe, et les deux des phares), il sera particulièrement précieux de disposer de deux chargeurs afin d'assurer des charges en parallèle, d'autant que si la batterie de l'écran externe se charge en 30 minutes, les phares et la batterie longue durée de la caméra (env. 600 minutes !) demandent près de 5 heures de charge...chaque !
J'avais opté pour une façade arrière pour la caisson avec moniteur incorporé. Les 15 degrés d'inclinaison du moniteur ne permettent cependant pas de voir la cible en même temps que l'on surveille l'écran, du fait de la longueur du caisson. Ce n'est pas un problème, mais le moniteur externe orientable proposé par Subspace (en photo ci-dessus) est probablement nettement plus confortable et pratique dans certaines conditions, ce que je testerai lors du prochain voyage.
Le système de bras à rotules qui constitue le support des lampes est agréable à utiliser et permet de mettre les lampes dans n'importe quelle position, sans qu'elles ne bougent.
Les accus des phares étant placés sous le caisson, ils assurent une grande stabilité lorsque l'on pose l'ensemble sur une roche ou du sable.
L'optique est remarquable par l'angle de vision qu'elle procure en grand angle, de même que par la très faible distance de mise au point : en pratique, on peut mettre au point sur quelque chose posé sur la paroi externe du dôme !!
Au final, je suis particulièrement content des qualités de cet ensemble !
Aquatiquement Votre,
Fabrice Poiraud-Lambert