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PAPOUA BARAT
Expédition ABYSS, Novembre 2001
Par F. Poiraud-Lambert

Partie 1/3

Imaginez. Imaginez un pays entièrement sauvage, débauche végétale et liquide, où beaucoup d'habitants n'ont pas encore approché un homme blanc… et où d'autres vivent encore à l'état sauvage. Imaginez des forêts immenses, couvrant un territoire presque aussi grand que l'Europe d'un inextricable manteau verdoyant. Imaginez des récifs coralliens intouchés, les plus riches de la planête, où l'homme n'a pas, ou rarement, encore mis les palmes…

Ce Paradis existe encore, loin des foules, de la pollution et du bruit. Loin, hors du temps.

1 - Le voyage
2 - Manokwari
3 - Sorong & le Camp de l'Ile de Kri

4 - Conclusion
5 - Conseils aux voyageurs
6 - Photo et Vidéo sous-marine

 

Retour Sommaire 1 - Le voyage

Si le désir est fort de vouloir garder pour soi, intact, ce joyaux terrestre, comment résister à la tentation de vous le présenter ? Voici le récit d'un voyage d'exploration organisé par Abyss (www.abyssworld.com) en novembre 2001, qui nous emmène à Papoua Barat, nouveau nom de l'Irian Jaya, partie occidentale et Indonésienne de la Papouasie (Nouvelle Guinée), ile immense située au nord de l'Australie.


Cliquez sur la carte pour l'agrandir


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Le but de cette expédition était de visiter un pays et des sites de plongée, où la notion de tourisme est balbutiante : le nombre de touristes occidentaux sur l'ensemble du territoire doit se compter en dizaines par an...

Les conditions de ce voyage seront parfois lointaines de celles qui seront proposées par Abyss lors des voyages futurs, car nous avons visité Manokwari et Sorong, alors que seul Sorong sera proposé, en raison de la complexité de l'organisation sur Manokwari qui ne possède aucune infrastructure plongée.

Nous partons pour 17 jours, dont 14 nuits sur place et 2 jours de voyage aller, 2 jours retour. Au final, Abyss ayant prévu des chambres d'hotels pour les escales longues, le voyage sera facilement supporté, et ce d'autant plus qu'il sera coupé de petites excursions ici et là durant les escales.

S'il est difficile de se rendre à Manokwari (il faut 3 vols intérieurs), le voyage Paris <-> Sorong est assez simple :
- Paris - Kuala Lumpur (12 :30 H de vol avec une excellente compagnie aérienne qui sait vous faire passer le temps grâce à ses équipements audio-video)
- Kuala - Jakarta : 1 :45 H de vol, et une escale dans un hotel très confortable au dessus de l'aéroport de Jakarta
- Jakarta - un petit aéroport : 2 H environ
- Un vol final de moins de 2 H jusqu'à Sorong.
- 90 minutes de Speedboat vous feront ensuite découvrir le camp où vous allez passer des vacances de rêve !

Mais ça, c'est le voyage "standard" offert maintenant par Abyss… Durant notre voyage d'exploration, nous avons eu un peu plus de "Fun" pour nous rendre à Manokwari :



Un canon Japonais, noyé dans la verdure

 

Notre voyage total durera donc 43 heures depuis Paris, avec un décalage horaire de 8 heures, mais ayant été entrecoupé par de multiples longues pauses il aura été très supportable, au point que l'on finirait presque par croire que ce mode de voyage est le but même de ces vacances : aller de point en point pour butiner la spécificité de nombreux lieux !

A part cela, si les sièges de la classe Eco sont un peu serrés pour les jambes des "grands", la nourriture distribuée à chaque saut reste correcte, même si l'on note bien la différence entre la prestation des vols "long courrier", celles des vols internationaux et les vols intérieurs.

A ce jour, je crois que c'est Malaisia Airlines que je préfère comme compagnie aérienne, pour la beauté et l'élégance de ses hotesses (sur les longs courriers...), pour la qualité des prestations audio-visuelles (films à volonté et au choix, jeux évolués, informations, musique, etc...).

En fin de parcours, les Indonésiens qui voyagent avec nous sont amicaux et certains engagent même la discussion, très curieux de savoir ce qu'une quinzaine d'européens vient faire par ici...

 

Retour Sommaire 2 - Manokwari

11/11/01 - Nous voici donc à destination... et malgré les recommandations alarmantes du gouvernement français, la situation locale est très calme, et notre guide indonésien nous explique qu'il a plus d'inquiêtude à avoir que nous car les Papous n'aiment pas trop les Indonésiens. Comme l'Irian Jaya a obtenu une forme d'autonomie en octobre 2001, (et en a profité pour se rebaptiser Papoua Barat), la situation s'est considérablement améliorée et ne présente pas de risque pour nous. Il est même surpris des recommandations faites.... La population locale n'est effectivement pas du tout agressive à notre égard, et même plutôt curieuse, n'ayant guère l'occasion de voir des blancs (il y en a 3 à Manokwari, qui est l'une des 4 plus grandes villes de l'île....). Une quinzaine de blancs qui plongent 4 fois par jour, même la nuit, alors là, c'est un vrai spectacle (nous sommes seulement le deuxième groupe à avoir jamais plongé par ici, et nous étions les premiers français) !

Arrivés à l'hotel (qui n'est pas celui prévu au départ, mais qui semble mieux, avec SdB et TV (!!) dans les chambres), nous prenons nos quartiers, que je partagerai avec Didier B. un photographe sous-marin professionnel. Notre chambre ressemblera bientôt à un magasin de matériel photo-vidéo, car nous avons peu de temps pour assembler et tester l'équipement avant la première plongée ! Nous sommes trois photographes, et nous subirons tous les trois une angoisse passagère : pièces oubliées ou défectueuses, appareils qui tombent en panne, batteries HS,... Le Système D et l'ingéniosité des uns et des autres prenent alors le pas, à l'aide d'outils miraculeusement glanés ici et là, avant que tout ne rentre dans l'ordre. J'ai retenu qu'il me fallait à l'avenir prévoir un peu plus d'outillage ;-)

Dans un état de fatigue avancé, nous irons diner dans un petit restaurant avec notre guide local, notre hotel ne servant pas le soir. La nourriture est très bonne, avec un large assortiment de poissons différents, des nouilles sautées, quelques viandes bouillies non identifiables, de la soupe, du riz sauté ou collant, etc... Tous les plats ne sont pas épicés, mais certains contiennent des piments, verts et rouges, qui faisaient dire à Arnaud, notre guide Abyss aux Maldives : "attention aux haricots verts : c'en n'est pas !!"

Nous serons couchés tôt, bercés par le très discrêt ronronnement de la climatisation, et par les moins discrêtes mobylettes et autres voitures et passants, juste sous nos fenêtres... si notre deuxième semaine se passera loin de tout, nous sommes ici en ville, et cela s'entend !!


12/011/01 - 5:30
- Réveillés à la fois par la lumière et le décallage horaire, plus une discussion à voix haute et claire entre deux papous sur notre palier depuis 4:30 du matin (...), nous sommes déjà en train de finir, qui les réparations, qui le montage, du matériel photo/vidéo.

Le petit déjeuner sera, à notre grande surprise, une partie du menu d'hier soir : nouilles sautées, riz blanc, cubes de pomme de terre au piment (Hot !!), poisson, omelette, café ou thé. Pas forcément génial au saut du lit, mais c'est ça ou rien ;-)

Deux minibus feront la navette afin de nous amener jusqu'à nos deux bateaux, hors bords en fibre de verre, équipés chacun de deux moteurs de 115 CV, ce qui leur accorde une vitesse élevée. Notre arrivée attire des dizaines de Papous de tous âges, qui viennent nous regarder partir en plongée avec tout ce matériel bizarre...


Nos spectateurs sur le ponton de départ...

Pillbox wreck - Notre premiere plongée se fera sur une épave dans 25 mètres d'eau. Un navire japonais (comme toutes les épaves du coin) de surveillance des côtes, le "Passir Putih wreck", recouvert de concrétions et de corail. Je m'en lasserai cependant rapidement, et irai explorer le récif proche déjà beaucoup plus intéressant avec ses coraux et ses autres habitants. De nombreuses Acanthasters dévorent ici les coraux durs, tandis que des jeunes Parancanthurus hepatus (chirurgiens "palette" bleus à queue jaune) s'ébattent en compagnie d'un banc de demoiselles dans un Acropora. C'est la première fois que je vois des P. hepatus en milieu naturel et j'en suis heureux. Je n'en reverrai d'ailleurs que deux spécimens adultes, et aucun autre durant les 29 prochaines plongées, ce qui me surprend. De jeunes colonies de coraux divers poussent ici et là, attestant de la bonne santé du récif.


Deux Acanthasters en train
de dévorer un Acropora...
 

Une micro colonie d'Acropora,
non loin du drame...


Cross Wreck - Après avoir testé le caisson vidéo à vide lors de la plongée précédente, et après un intervalle de surface d'une heure, cette fois-ci la caméra m'accompagne... La mer est ici remarquablement salée, et nous devons tous nous lester beaucoup plus que d'habitude.

Cette deuxième épave sur laquelle nous plongeons est "Cross wreck", nom donné en raison de la croix commémorative situé sur la berge de l'île juste en face de l'épave, là où des missionnaires sont venus apporter la parole du Christ en 1850. La structure du bateau, posée sur le sable par 20 mètres de fond, est recouverte de corail, offrant un décor qui masque parfois totalement la présence de l'épave.


The Cross Wreck et ses habitants


A quelques dizaines de mètres de l'épave, le récif à été totalement laminé, présentant un aspect lunaire peu engageant, d'autant que de nombreux détritus humains (pneus, sacs, chaussures,...) y sont visibles. Nous passerons cependant les trois quarts de la plongée sur cette étendue d'apparence déserte, recherchant la faune très spécifique qui peuple sable, gravillons et herbiers : poissons cacatoes, hypocampes de 35 cm, crabes et crevettes symbiotiques divers et variés !

 
Décor lunaire... mais trompeusement désert !
 
Une crevette symbiotique (Periclimenes holthuisi)
Un hypocampe fantôme dans un herbier
Une crevette symbiotique mâle énorme dans une anémone
(Periclemenes magnificus)
"Cacatoes" imitant une feuille morte...
 
Crabe porcelaine dans son anémone
(Neopetrolisthes maculatus)

Cette plongée sur Cross Wreck nous a telle plu, que nous demandons à la refaire en troisième plongée ! Cette fois-ci, nous partirons d'une extrémité de l'île, et nous nous laisserons dériver lentement tout le long, "mitraillant" la faune exhubérante du coin.

Comme on aime, on ne compte pas ! : bien que la fatigue du voyage n'ait guère été récupérée avec la courte nuit de la veille, et malgré les 3 plongées de la journée, nous retournerons une fois encore sur Cross Wreck aujourd'hui, vers 21:00, afin de voir ce que cela donne de nuit. A noter que l'horaire n'est pas anodin : la majorité des plongées de nuit se font en général à la tombée de la nuit vers 18:00. Notre guide préfère laisser aux animaux nocturnes le temps de sortir de leur cachette, pendant que les plongeurs dinent et se reposent, avant de re-sauter à l'eau. Cette 3ème plongée sur le site nous fera découvrir des prédateurs en chasse et divers animaux cachés dans la journée. Pour autant, la plongée précédente de jour s'est avérée plus riche en découvertes, mais peut-être n'avons nous pas eu de chance ou n'avons nous pas su trouver les animaux, car samble dit qu'il s'agisse de la meilleure plongée de nuit du coin et qu'elle est extrêmement riche. Il faudra donc y revenir ;-)

L'hotel ne faisant pas restaurant, nous déjeunons et dinons dans divers restaurants en ville. La conception de ces restaurants est similaire à ce que l'on trouve probablement dans tous les endroits non touristiques : le midi, l'endroit ressemble à un entrepos de stockage de magasin, avec tables et toiles cirées. Le soir, nous dinons dans un cadre plus agréable, sauf quand les "locaux" viennent assouvir leur passion inextinguible pour le Karaoké toute la soirée, en chantant évidemment fort et faux... Cela finit par nous faire fuir dès que possible, ce qui n'est pas rapide car il faut ici passer commande une heure à l'avance pour être servis une heure après être arrivés ! Nous avons déjà hâte de nous retrouver dans le camp, loin des villes...

Le reste du pays est en effet profondément vierge, et de nouvelles tribus sont découvertes tout les 2 ou 3 ans, la dernière en date vivant à 30 mètres du sol à la cîme des arbres, afin d'éviter les tribus de coupeurs de têtes qui vivent au sol au plus profond de la jungle...!

En attendant, l'hotel étant équipé de TV, je pars acheter un câble vidéo, que je trouverai pour moins de 3 euros, d'une qualité équivalente voire supérieure à ce que j'ai acheté à la FNAC à Paris pour plus de 23 euros...écoeurant ! Le visionnage des images me permettra de corriger quelques défauts dans mes futures plongées. Si un éclairage de 2x50W est très faible de jour, c'est manifestement beaucoup trop de nuit, et même mes 2x35 W sont encore trop puissants à mon goût, éclairant violemment 10 m2 d'un coup, et m'obligeant à rester loin des animaux filmés pour ne pas les surexposer, et loin des autres plongeurs qui n'ont plus qu'à éteindre leurs phares en ma présence, les miens inondant tout...


Plongée de nuit : à la recherche de la p'tite bête !


13/11/01 - Nous plongeons ce matin sur une immense épave de plus de 130 m, le SHINWA MARU, qui est restée encore remplie d'objets divers et de matériel : scaphandres "pieds lourds", matériel de déminage, assiettes, ustensiles divers, etc... l'intérieur est immense et je sacrifierai une bande entière à cette plongée.


Visite dans les cales...

Des boutons Japonais en parfait état pour certains !


D'antiques casques de plongée !

Passir Putih wreck - Après un très bon déjeuner (nouilles sautées et poulet), mais qui a quand même duré deux heures pour un simple plat principal (le cuisinier dispose de 4 feux, mais n'arrive pas à en utiliser plus d'un à la fois, ce qui multiplie le temps d'attente lorsqu'il faut servir 17 personnes d'un coup !), nous partons plonger un peu plus vers l'entrée de la baie, sur une épave (Passir Putih wreck) qui nous a été décrite comme ayant un intérêt moyen. Si l'épave n'est effectivement pas renversante, quoi que, elle repose au milieu d'immenses champs de coraux durs divers : Montiporas branchus et foliacés, Turbinaria reniformis en immenses colonies.


L'hélice est encore là...


Immense colonie de Turbinaria reniformis
 

Du Montipora digitata à perte de vue...

Nous partons pour notre deuxième plongée de nuit du séjour sur Cross Wreck vers 21:30. Si nous n'avions vu que peu de choses hier soir, cette fois-ci il y a quelque chose à voir à chaque mètre !! De la méduse géante (1 mètre de diamètre ?) aux crevettes, en passant par les crabes divers, les escargots, les poissons, etc... ce sera ma plongée de nuit la plus riche de toute ma carrière de plongeur ! Et pourtant, certains plongeurs remonteront, déçus, n'ayant rien vu, comme moi hier soir... la chance et l'observation semblent être les deux facteurs critiques de la plongée de nuit réussie...

Crabe décorateur, qui ressemble à une algue filamenteuse
Un camouflage bien adapté au sable, pas aux algues
Crevette (Saron marmoratus Mâle)
 
Bernard l'ermite avec ses anémones symbiotiques qui le protègent des pieuvres

14/11/01 - Après une courte nuit de sommeil (couchés à minuit et levés à 6:30), nous partons vers notre prochaine plongée. Cette fois-ci, nous retournerons sur la grande épave, car nous n'avons pas visité la salle des machines. Moi qui n'aime pas les épaves, me voilà parti pour visiter les entrailles du monstre équipé d'une caméra vidéo et de ses phares pédonculés, avec les contraintes associées : garder une image stable, choisir le bon angle de vue, optimiser l'éclairage, etc... le tout sans toucher ni soulever de sédiment...!! Un challenge ! Néanmoins, l'expérience sera intéressante et les images réussies.


Sortie de la salle des machines

Après la plongée, ayant découvert que LE cybercafé du coin est à 500 mètres de l'hotel, j'irai envoyer un petit message à ma famille, pour leur dire que les Papous ne m'ont pas (encore ;-)) mangé :-) Décidément, on ne peut plus aller nul part sans trouver une connexion internet !

La plongée suivante se fera sur les reste d'un avion de chasse Autralien, abattu par les Japonais. Dans une ambiance sombre, créée par une forte densité de sédiments en provenance d'une rivière proche, nous trouvons les deux ailes et la partie centrale d'un avion découvert par notre guide local. Lors de sa trouvaille, le corps du pilote était encore dedans, qui a ensuite été rendu à son fils qui le recherchait depuis longtemps.

Papoua Barat est décidement un pays fantastique : dans certaines régions reculées, les Papous considèrent encore certains hommes blancs comme des dieux, comme notre guide, qui nous raconte entre deux plongées qu'il a réalisé un jour une prophétie sans la connaître, en arrivant seulement sur une plage donnée dans son bateau blanc...

Nous ferons notre plongée de nuit quotidienne sur la première épave que nous avons explorée il y a trois jours. La vie grouille partout ici, et pendant que certains dorment, d'autres chassent ! Un triton nous apparaît lors qu'il vient d'engloutir le corps d'une grande étoile de mer, les pattes dépassant de sa bouche et lui donnant un aspect étrange ! Les crevettes sont partout et de toutes les tailles !


un Triton en plein repas, les pattes de l'étoile mer encore dépassantes...

 

15/11/01 - Désireux de voir autre chose que les épaves et les récifs locaux, nous demandons à notre guide de nous emmener visiter un site lointain. Nous voilà donc parti pour 2:30 de Speedboat, afin d'atteindre un récif au centre d'une baie, où des Dugong ont été vus.

Notre guide n'a plongé ici qu'une dizaine de fois il y a des années, aussi ne se souvient-il plus du site, et nous sautons donc à l'aventure, par binome, tous les 100 m. La visibilité est médiocre (15 mètres ?) et si certains sont arrivés sur une belle portion du récif, avec une faune généreuse, d'autres ont eu moins de chance et se sont parfois retrouvés sur du sable à perte de vue (ce qui ne fait pas loin vu la faible visibilité ;-))) On ne gagne pas à tous les coups, et cela fait aussi le charme de l'exploration ;-)

De retour à l'hotel, une partie du groupe repart pour une troisième plongée, de nuit et à nouveau sur Cross Wreck, dont on ne se lasse pas tant le site est riche en faune malgré son aspect lunaire.


Calamar (Sepioteuthis lessoniana)

Nous sommes au 5ème jour (4ème jour de plongée), et les petits bobos commencent à apparaitre chez certains d'entre nous : déchirure musculaire ici, inflammation articulaire là, otites externes...

La nourriture est bonne, mais extrêmement répétitive, les mêmes plats étant servis matin, midi et soir.... et le bruit des mobylettes est permanent (elles passent cependant une par une, à toutes les heures du jour et de la nuit). Nous avons hate de quitter la ville et de rejoindre le camp !

Les routes sont ici remarquablement bonnes, les maisons sont en dur, avec des vitres en verre. Les jardins sont bien entretenus et coquets... Bref, si la végétation et le climat sont tropicaux (équatoriaux même !), la ville a dompté la Jungle que l'on voit cependant à quelques centaines de mètres.


16/11/01 - Nous retournons plonger sur Passir Putih wreck. Cette fois-ci je rentre filmer sous la coque, qui présente des jeux de lumière intéressants. Nous explorerons ensuite le platier coté droit, qui est moins dense que la partie gauche. Quelques nudibranches et vers plats déambulent sur un récif qui présente des portions mortes recouvertes de boules végétales (algues ? végétation terrestre ?)

 
Chelidonura varians (mangeuse de vers)
 
Chromodoris geometrica (mangeuse d'éponge)
 

Cathédrale de lumière

 
La photo ne rend pas la vitesse de progression très rapide...

Après la plongée, nous passerons quelques heures sur la plage d'une île déserte, en attendant que les bouteilles de plongée soient remplies. Nous en profiterons pour nous baigner, ce que les plongeurs font finalement peu hors des plongées, ce qui nous vaudra quelques coups de soleil.

 

N'ayant pas réussi à trouver une épave, immergée dans une eau tellement limoneuse que la visibilité était réduite à 2 m, nous retournons une fois encore sur Cross Wreck, où la clareté de l'eau, la lumière du moment et la présence de nombreux bancs de poissons que je n'avais pas vus avant me font découvrir les lieux sous un jour nouveau.

La fin de la plongée sera dédiée à la recherche des crevettes symbiotiques, qui sont ici légions, pour peu que l'on regarde de près n'importe quelle anémone, la moins attirante soit-elle ! Délirant...!


17/11/01 - Nous sommes samedi, et nos deux bateaux de plongée sont partis à l'aube pour Sorong, notre prochaine destination, car ils doivent parcourir 350 km de mer et être à pied d'oeuvre lorsque nous arriverons avec les bagages par le ferry. Nous ne prendrons le bateau qu'à 3 heures du matin, occupant notre journée de repos (qui ne sera pas un luxe après une semaine à 3 ou 4 plongées par jour) à visiter des marchés et une grotte en pleine Jungle.

Sur les marchés comme ailleurs, les gens nous dévisagent et nous suivent, curieux d'observer de près ces "blancs" qu'ils n'ont vu pour la plupart qu'à la télévision. Drôle de sensation d'être observé comme ça, bien que nous n'éprouvions aucune crainte, les gens nous retournant d'immenses sourires pour peu que nous leur sourions aussi. Ils se laissent photographier de bonne grâce, certains semblant même fiers d'être ainsi immortalisés.

Le tourisme est inexistant ici et tout à donc une saveur authentique ! Impossible de trouver un teeshirt avec des illustrations sous-marines : ce type de produit pour plongeur n'existe pas, peu de papous s'aventurant sous les eaux autrement que pour la pêche.

Après avoir fait quelques courses, à des prix ahurissants par rapport à ceux que nous connaissons en Europe (ex : 2 piles AA : 1 euro, une paire de chaussure : 5.5 euros,...), nous allons visiter une grotte traversant une colline de part en part sur 100 m de long, ce qui nous vaudra de traverser la forêt par des voies peu praticables.

Le ferry et ses environs étant le territoire de chasse de nombreux pickpockets, nous formerons un groupe compact pour nous y rendre, afin de limiter les tentations que nous ne manquerons pas de susciter, et une fois dedans, le temps de négocier des cabines (pas moyen de les réserver d'avance...), nous entourerons nos bagages mis en tas. L'accès au bateau se fera dans une discipline remarquable, probablement supérieure à ce qui se serait passé en France dans les mêmes conditions !

Le bateau offre 4 classes :
- Economique : plusieurs ponts transformés en immenses dortoires sans lumière du jour, où les matelas sont posés au sol les uns à coté des autres. Assez impressionnant lorsque l'on ne s'y attend pas, bien que le bateau soit très propre, et que nous ne ressentions aucune aggressivité. De nombreux voyageur ne supportant pas le bateau, ces dortoirs finiront dans les odeurs de vomi... Agréable, surtout lorsque certains passagers passent plusieurs semaines sur le bateau pour se rendre du Nord au Sud du pays...
- Classes 1, 2 et 3 : elles ne se différencient que par la hauteur du pont ( les premières étant au-dessus), et par le nombre de couchettes : 6 en 3ème classe, 4 en 2ème avec WC intégrés, et 2 en première, avec WC et SdB.

Le voyage de 12 heures se passera sans anicroche. Une anecdote : tous les déchets promptement nettoyés par un service d'entretien efficace seront mis en sacs plastiques le matin, et.... balancés par dessus bord...

Suite...


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