Version 1.1 du 18/03/99
Par Fabrice POIRAUD-LAMBERT
Mises à jour en Bleu
Lorsque nous avons décidé d'aller plonger en Février 99, nous avons tenu compte de la météo (certains sites comme www.yahoo.com fournissent la météo sur 4 jours dans tous les pays du monde ou presque), des endroits où nous pouvions trouver des récifs coralliens, et des conseils relatifs aux "bonnes" organisations de plongée, ne souhaitant prendre de risques ni avec nos vies ni avec nos vacances ;-) Sur les conseils connaisseurs d'Abyss, nous sommes donc allés aux Maldives avec Davidoo (www.davidoo.com).
Si vous avez un moment, suivez nous ! J'ai essayé d'illustrer certains commentaires sur les animaux par des photos qui n'ont pas forcément été prises sur les récifs décrits... d'autres étant issues de la documentation Davidoo.
12/02/99 / 13/02/99
Nous prenons l'avion (Emirates) pour Dubaï (6:45) puis Malé (3:40), capitale des Maldives (population totale de la république : 250 000 habitants). Nous y arrivons le samedi matin tôt. Malé est une petite ville bâtie sur l'une des plus grandes îles des Maldives, soit environ 1.5 km sur 0.5 km à vue de nez. Toute la surface est occupée par des immeubles de 2 à 5 étages. Par manque de place, l'aéroport a été construit sur un récif artificiel constitué en utilisant le sable (et les coraux ?) de l'Atoll. Comme la place manque toujours, une méthode probablement similaire est actuellement utilisée (depuis quelques années) pour construire une route entre Malé et l'île de Farukulufushi où se trouve actuellement le Club Med (qui prévoit de déménager dans une île au nord).Nous y reviendrons plus loin...
Le voyage est long (le prix à payer pour les cocotiers !), et nous sommes un peu fatigués ! Mais que demande le peuple ? : le soleil brille (la température est de 30°C dans l'air comme dans l'eau, alors que nous sommes partis de Paris par 0°C), un petit vent vous rafraîchit agréablement en permanence, vous empêchant de transpirer (et de sentir que vous êtes en train de rôtir ! ), et la mer est si bleue...
David, Catherine et les guides du deuxième bateau sont à l'aéroport pour nous accueillir, et pour nous emmener au Kurumba Resort, sur une petite île à 20 minutes en bateau taxi de l'aéroport. Là, nous allons attendre les bateaux de safari, en nous reposant autour d'un verre et d'un bon repas offerts par Davidoo, et en testant la plage locale et la mer.
L'hôtel couvre la totalité de la surface de l'île, exploitant au mieux l'unique et circulaire plage de sable blanc qui l'entoure. La plage est protégée des vagues par une barrière artificielle (que l'on devine sur la photo ci--dessous) fabriquée avec des morceaux de récifs (ce qui est maintenant interdit). Peu de poissons mais quelques Holothuries (concombres de mer) sont visibles dans cette zone protégée, alors qu'en nageant derrière cette barrière, on peut voir des langoustes, des raies, des poissons, des tortues, même des requins !

Comme nous sommes dans un hôtel de luxe, nous avons aussi la possibilité de profiter de la terrasse et de sa belle piscine d'eau douce.
Les monnaies utilisées dans l'hôtel et ailleurs dans les Maldives sont le Dollar US et le Rufia... et la vie est chère pour les touristes : 1.5 litres d'eau minérale coûte à l'hôtel 4.4 $ (0.4 $ de service), et si vous donnez 5 $, ils ne rendent pas la monnaie... Un coca coûte lui 2 $ + 0.2 $ de service... ce qui est cher comparé aux prix pratiqués dans d'autres pays. Heureusement, les prix seront nettement plus raisonnables sur les bateaux !
Nous resterons a Kurumba jusqu'à 17:30, puis nous nous rendrons au Club Med juste à coté pour y prendre un plongeur. Finalement, le bateau de Safari ayant cassé son moteur en se prenant l'hélice dans un cordage, en sortant du port de Malé pour nous rejoindre, un bateau de remplacement viendra nous prendre à son bord. Il s'agit d'un grand bateau (24 m ?) pouvant héberger 14 personnes, mais qui ne propose pas le même standing que le bateau normal. Mais que Diable ! Nous aurons notre bateau normal réparé demain ou après demain !
14/02/99
Après une bonne nuit réparatrice à bord et un briefing matinal, nous sautons dans le Dhoni de plongée (bateau traditionnel plus petit et plus maniable sur lequel le matériel de plongée reste, ainsi que le compresseur. Le gonflage des blocs se fait donc loin de nos oreilles...), pour nous rendre sur le premier site de plongée.
BANANA REEF
Il s'agit ici du seul site "touristique" du safari, les autres étant beaucoup plus loins et donc moins visités. Si les coraux ont durement soufferts de la dernière vague de chaleur, heureusement, les poissons sont encore là, en nombres assez inhabituels selon les gens qui habitent ici. Durant cette plongée j'ai pu voir les espèces suivantes :
Le récif est constellé de Dendrophyllia (qui ressemble fort au Tubastrea) qui ne semble guère avoir souffert d'El Nino. Du Tubastrea Micrantha (noir et arborescent) est aussi présent, avec quelques Crinoïdes, un peu de Montipora encroûtant, du Pachyseris speciosa, quelques Sarcophytons et de rares Pocillopora eidouxi... (pour les amateurs de corail ;-)
Après le repas que nous prendrons sur le bateau-hôtel, nous repartons pour notre deuxième plongée quotidienne. Cette fois, nous plongeons dans une passe (là où l'eau entre dans le Lagon), et nous devons fortement lutter contre le courant pour atteindre le fond à 30 m. Ma femme et moi n'avons pas l'habitude de telles conditions, et nous serons surpris et rapidement séparés du groupe (le site mérite bien sont nom !). Heureusement Catherine veille...
HALAVELI (épave aux Raies Pastenagues)
Nous plongeons l'après-midi sur cette épave coulée volontairement afin de créer un site de plongée. Il s'agit d'un bateau d'une trentaine de mètres, sans intérêt particulier en lui-même, mais qui est le point de rencontre des plongeurs avec de grosses murènes, qui, lorsqu'elles sont de bonne humeur (ie pas effrayées par des plongeurs fous-furieux qui se croient sous l'eau comme chez eux), n'hésitent pas à s'enrouler autour de chaque plongeur, en cherchant le contact. De même, comme si l'endroit préposait à cela, des raies Pastenagues sont généralement non loin du bateau et jouent souvent volontiers avec les plongeurs.

L'épave, qui a 10 ans, est par ailleurs colonisée par diverses espèces de poissons, d'invertébrés et par de petites colonies de coraux (Acropora, Favidés, éponges, Gorgones, Corail de feu,...) . Un banc de Carangues nage le long de la coque dans le courant assez fort qui circule ici. Un "vol" de 8 petites raies Manta a été aperçu par les premiers de la palanquée...
17/02/99
MAAYA THILA
Depuis de longues années, David a su attirer et faire en sorte que les requins viennent sur ce site et lui rendent visite lorsqu'il plonge... Par 15 m de fond, nous descendons donc dans une cavité du récif, et nous regardons, dos au mur, David jouer avec les Requins, qui passent alors parfois à moins de 2 mètres de nous. Il s'agit d'une demi-douzaine de requins gris, de 1.5 à 2 mètres de long. Un requin nourrice nage une dizaine de mètres plus bas... Sympa !
Une fois que David a fini de jouer avec les requins, nous pouvons sortir de notre abri et nager librement, bien que sans nous empêcher de surveiller du coin de l'oeil les squales qui tournent non loin ;-)...

En descendant vers le Thila, des Naso de belle taille (50 cm) nous accompagnaient, parfois à quelques dizaines de centimètres de nous seulement. Le platier à 15 m de profondeur est peuplé (je devrais dire recouvert) d'actinodiscus à "poils longs" (comme ceux-ci), de Goniopora et d'anémones peuplées de Clowns. Quelques colonies d'Acropora sont visibles ici et là...
Vers 30 m, un pâté de corail sert de repère à plusieurs bancs compacts de poissons différents.
A midi, nous faisons escale sur une île déserte (Meerufenfushi), sur laquelle nous montons un barbecue afin d'y cuire deux grosses Carangues pêchées hier soir par les clients non-plongeurs du Coral Princess. Excellent !! L'eau est bleue pâle autour de l'île, le sable blanc immaculé et la faible profondeur lui donnant cette teinte de Paradis. Sa température est la même que celle de l'air, mais on y est mieux, car on y a la sensation (trompeuse !) d'être protégé du soleil qui tape dur... Comme l'a prédit Catherine avant le Départ, ce soir, séance d'étalage de Biafine !! (Merci encore Françoise, au fait !!). Après un pic nique sympathique, nous partons pour le prochain site de plongée.
MUSHIMAS THILA
Une patate de Corail par 30 m de fond. Principalement recouverte d'actinodiscus, avec quelques Acropora vivants, quelques Crinoïdes, beaucoup d'éponges, un peu de Tubastrea micrantha et toujours des Dendrophyllia. On y trouve aussi un peu de Plerogyra à bulles pointues (espèce ?), quelques sabelles, quelques vers plats, ainsi que des bivalves type Spondylus varius. Question poissons, les inévitables (ici !) requins gris et pointes blanches tournent non loin. J'en ai même suivi un à trois mètres de distance... Des Carangues énormes et des gros Thons croisent non loin. Un banc de jeunes Barracudas est un peu plus bas. Les Barracudas sont d'ailleurs présents sur presque tous les sites, plus ou moins discrètement.
Ici comme ailleurs, l'on rencontre entre autres les poissons suivants :
ELAIDHOO HOUSE REEF
Plongée de nuit.... Si la plongée a été égayée par plusieurs raies Pastenagues, quelques gros mérous endormis et des murs de Dendrophyllia ouverts, il y a peu de crevettes ou de crabes, peu de microfaune, et pas de plancton dans le halo des lampes... par contre, il y avait ce soir là tellement de plongeurs qu'il était bien difficile de ne pas perdre son binôme !! Cette plongée n'a rien ajouté aux plongées de jour... à notre grande déception.
18/02/99
HIMMENDHOO THILA
Le bateau s'est déplacé tôt le matin, et nous arrivons à Himmendhoo, haut lieu de la Raie Manta ! Après le petit déjeuner, nous embarquons sur le Dhoni de plongée afin de rejoindre l'une des stations de nettoyage où les Mantas se font retirer les parasites par de petits labres noirs et bleus.Déjà, depuis la surface, on aperçoit des Manta qui sautent au dessus de la mer ! Nous plongeons et nous nous posons sur un balcon de pierre par 20 mètres. Les Manta ne tardent pas à se montrer, et ce sera 58 minutes de pur bonheur, à regarder ces fantastiques "oiseaux" des mer tourner autour et au-dessus de nous (parfois si proche que l'on pourrait les toucher). Impressionnant et somptueux. Rien que ce spectacle justifie le voyage !

Lorsque les Mantas sont hors de vue (ce qui ne dure pas !), j'en profite pour regarder passer une Pastenague, de gros Napoléons, ou simplement les Valenciennea strigata, Gobis divers, Nemateleotris magnifica, clowns, Pomacanthus imperators, Balistoides conspicillum ou les nuages d'Anthias juvéniles (2 cm) qui couvrent le "balcon" d'une vie intéressante. Ici, les étoiles de mer (type Linckia) sont en pleine reproduction : des bras sans corps errent ici et là, et certains ont déjà commencé à reconstituer le corps et les 4 pattes manquantes. Le nombre de bras isolés est surprenant !
Pour ne pas consommer trop vite notre air, nous nous sommes tous accrochés au récif (pas au corail vivant, bien entendu...) et une petite murène qui vivant dans le trou à coté de mon pouce en a profité pour essayer de le goûter (sans dégâts ;-), cependant qu'une autre s'attaquait à mes palmes ! En fait il n'y a guère ici de trou sans murène, et elles se laissent parfois plus ou moins caresser par les plongeurs (les plus grosses étant les moins farouches).
Cette plongée restera comme l'une des plus belles de ma vie.
HIMMENDHOO THILA
En début d'après midi, nous repartons plonger au même endroit, tant on ne peut guère se lasser du spectacle offert. Les Mantas sont visibles de la surface... pourtant il nous faudra 15 minutes pour en voir une sous l'eau cette fois-ci ! Enfin, elles arrivent, et nous restons tous immobiles. L'une d'entre elles ira alors d'un plongeur à l'autre, regardant chacun de ses petits yeux curieux, et passant parfois à moins d'un mètre de nous. Pendant ce temps là, une petite murène essaye elle aussi de croquer l'un de mes doigts !
Une fois remontés sur le bateau, David, qui y était resté pour se reposer, nous annonce que quelques minutes avant notre remontée, une centaine de Mantas frénétiques se gavaient de Krill en surface non loin du bateau ! Nous essayons de retrouver le banc avec le bateau, mais nous trouverons "que" des dauphins... Il y a trois semaines, un requin baleine se promenait dans le coin... Fou !
Avant le repas de midi, nous sommes allés visiter un village de pêcheurs non loin. Les murs anciens sont toujours constitués de blocs de coraux morts (dont un peu de Tubipora musica rouge), mais l'utilisation du corail est maintenant interdite, et les murs récents sont constitués de matériaux importés.

Des puits artésiens au centre de l'île fournissent de l'eau douce à volonté.
Des requins en grand nombre sèchent sur des claies... bien que la pêche en soit interdite.

19/02/99
HIMMENDHOO THILA
Quand on aime, on ne compte pas ! ;-)) Nous replongeons donc au même endroit... et les Mantas affluent de toutes parts : où que l'on regarde, il en arrive une ou plusieurs ! Certaines "volent" doucement entre les plongeurs plaqués au sol, parfois très près, le tout dans un concert de couinements de Dauphins, que nous ne verrons pas. Un Nemateleotris decora flotte non loin de son terrier, pendant que ma femme goûte aux joies des morsures de murènes (chacun son tour ! ;-). Une très très belle plongée !
MUSHIMAS THILA
Nous replongeons sur cette patate de corail entre 15 et 30 mètres de profondeur. Un Napoléon d'un mètre de long nous accueille en bas, et après s'être laissé caresser, nous suivra toute la plongée. Finalement, c'est sur ce site que j'ai vu le plus grand nombre d'Acropora vivants jusqu'à présent... (une petite colonie de 30 cm de diamètre tous les 15 mètres ?). De même, c'est ici que jusque là nous verrons la plus "grande" diversité de coraux vivants : Euphyllia divers, Turbinaria, Favidés divers, Porites, Pachyseris, Diploastrea, Dendrophyllia, Palythoa, Plerogyra, diverses et nombreuses éponges, diverses anémones (Entacmaea quadricolor, Stichodactyla, Heteractis,...) et leurs clowns, Sarcophytons, Sinularia,...
Un bel Odontodactylus (crevette mante) vaquait à ses occupations... pendant que David, resté sur le bateau, venait nous voir en apnée par plus de 30 mètres de profondeur, en jouant avec un banc de Platax... Impressionnant !
Ici s'achève notre croisière avec Davidoo, qui nous déposera au Club Med où nous passerons quelques jours supplémentaires.
Conclusions sur Davidoo
Davidoo Adventure est à mon avis une équipe à recommander, pour le sérieux de l'organisation, le recherche de la qualité de service, l'excellente connaissance des sites et des lieux (David et Catherine parlent le Maldivien, et David habite ici depuis 10 ans et cumul plus de 5500 heures de plongée...), la convivialité. Ma femme et moi sommes Niveau 1 (BE) avec entre 45 et 70 plongées, et Catherine était toujours non loin pour nous aider si besoin. Les plongées sont souvent un peu (voire très !) techniques, étant donné le courant sur certains sites. Un niveau 1 confirmé est un minimum : Débutants, évitez les safaris... (en fait, nous avons été accepté sur le Safari par erreur, suite à une confusion sur notre niveau à l'agence en France).
Je ne peux apporter aucune appréciation vécue sur le bateau normal, ne l'ayant pas vu, mais pour ce que j'en sais, il semble parfaitement correct et confortable, même pour moi qui suis sujet au mal de mer.
Nous avons joué de malchance durant cette semaine, mais le sérieux et le professionnalisme de l'équipe ont compensé largement tous les problèmes : lorsque les organisateurs sont excellents dans les problèmes, cela ne peut qu'être encore mieux lorsque tout va bien ! ;-)
Les Maldives sont un lieu rêvé pour les amateurs de "Gros", tant la faune de grande taille est courante ici (presque banale ?).
La tourista n'existe quasiment pas, la nourriture est très correcte, et les îles ont un coté idyllique rare. Vous y passerez d'excellentes vacances.
L'ambiance Safari, créée par la vie en communauté d'une douzaine de personnes, est très agréable (si vous avez la chance d'avoir un bon groupe), et ajoute une dimension particulière que l'on ne retrouvera pas dans un hôtel.
Nous voici donc au Club Med pour quelques jours, histoire de rentabiliser le voyage et de nous reposer de la plongée...
Le Club est construit sur l'île de Faru, et doit quitter cet endroit dans l'année à venir pour une île plus au Nord, le gouvernement Maldivien l'ayant fortement désiré. Le Club n'y perd à mon avis pas beaucoup (point de vue du touriste, pas du financier !), car la proximité de Malé nuit à l'environnement.
Une plage de sable blanc entoure l'île, et des bâtiments immaculés d'un étage, situés à quelques dizaines de mètres en retrait, courent tout le long. L'ensemble est sympathique et agréable. Le centre de l'île est constitué d'une grande pelouse plantée de cocotiers.
L'animation du Club est assez consternante, car à part quelques GO actifs, le reste semble démotivé et cela se voit. Les animations du soir, typiques du Club, sont généralement d'un niveau affligeant...
La population du Club est majoritairement française, avec une moyenne d'âge assez élevée (40/50 ans). L'ambiance est assez familiale et bourgeoise. Rien à voir avec la chaleureuse ambiance Safari...
Gros avantage : La Table ! Le Club est réputé comme étant la meilleure table des Maldives, et faut vraiment voir cela pour comprendre... : Une grande diversité de mets surprenants (surtout ici !!) qui change tous les jours... ahurissant !
Dès notre arrivés, j'ai été stupéfait de constater que les fondations immergées des bâtiments du Club sont colonisées de coraux durs toujours vivants qui n'existent plus ailleurs, malgré la chaleur de l'eau en surface (parfois 34 °C en fin de journée, et malgré les travaux proches qui soulèvent énormément de sédiments) :
Les colonies sont de petites taille (entre 5 et 20 cm de branche), mais sont par endroits assez densément regroupées.
Il est malheureusement probable que ces coraux, encore plus précieux qu'avant car maintenant extrêmement rares par ici, soient destinés à être détruits (et le sont peut-être déjà au moment où vous lisez ces lignes), par les travaux et les sédiments (voir la partie de cet article dédié aux récifs)
Les plongées sont organisées par EuroDivers, le Club ayant sous-traité pour des raisons de sécurité. Le centre de plongée dispose de 4 grands Dhonis sur lequel une quinzaine de plongeurs peuvent embarquer. Le matériel est prêté, les Guides compétents. L'ensemble est très bien organisé. Reste que nous préférons le mode de fonctionnement type Safari, car au Club vous pouvez changer de bateau chaque jour, et vous ne pouvez donc guère discuter ou construire une relation avec les Guides... Enfin, à moins d'avoir les moyens de louer un SpeedBoat (300 $ = 1800 FF la journée avec 2 plongées incluses...) pour aller au loin, vous ne pourrez plonger que sur des sites assez "touristiques" proches.
Néanmoins, c'est ici que ce trouve l'un des sites les moins touchés par la mort du corail :
FURANA THILA
Une plongée étant incluse dans le prix de la journée, nous décidons d'en profiter pour explorer les fonds environnants. Bien nous en prend !! : Furana est à l'entrée d'une passe par laquelle l'eau de l'océan s'engouffre dans l'Atoll. La fosse plongeant à 2000 m proche apporte une relative fraîcheur de quelques degrés qui, en plus d'un puissant courant, à permis à entre 10 et 50 % (au mieux !) des coraux de survivre (contrairement au 95% de mortalité des autres sites). C'est le seul endroit ou nous verrons certaines espèces d'acropora tabulaires. C'est là où le courant est le plus fort que les coraux sont le mieux conservés. Les bancs de poissons sont ici légions, de même que les Murènes, les grands Napoléons, les Tortues,... Accrochés au sol (c'est le cas de le dire : mon masque vibrant sur mon visage sous l'effet du courant...), nous regardons un moment un jeune requin pointe blanche chasser à quelques mètres de nous. La fin de la plongée se fera en nous laissant dériver avec le courant, survolant le récif à la vitesse d'une torpille : sensation étonnante, même si cela ne laisse guère le temps de regarder les détails !!
