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Détroit de Lembeh - Sulawesi - Indonésie
Octobre 2003
Par F. Poiraud-Lambert

Mais où est-ce donc ?

Le détroit de Lembeh est situé sur l'Ile Sulawesi, en Indonesie, à 40 km de Manado.Long de quelques dizaines de kilomètres, ce détroit est un point de passage abrité pour de nombreux bateaux.


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Soumis aux marées mais pas aux eaux vives du grand large, un écosystème très particulier s'est installé à cet endroit : il y très peu de récifs coralliens, et les fonds sont caractérisés par d'immenses étendues de sables noir. De fait, les animaux qui vivent ici ont du développer des techniques de survie et de chasse très spéciales : il n'y a pas ou peu de cachettes (pas de roche, pas de relief), et donc tout ce qui nage est immédiatement détecté de loin (enfin, selon la visibilité, qui est ici structurellement assez faible - 4 à 8 mètres en moyenne - en raison du sable - particulièrement fin ! - en suspension dans l'eau). Les animaux, y compris les poissons, ont donc privilégié la marche plutôt que la nage, et ont développé un infinité de techniques de dissimulation et de camouflage. Dans le Détroit de Lembeh, la menace vient du sol... là où tous les prédateurs sont embusqués !


Le décor typique des fonds du détroit de Lembeh. On remarque ici au passage que les pêcheurs,
voyant des plongeurs, se sont dit qu'il y avait quelque chose d'intéressant sous l'eau, et ils râclent donc régulièrement le fond,
en sortant de l'eau tout ce qu'ils trouvent : frog fish, scorpions, anémones, crevettes, etc...
Ils ne gardent que quelques petits poissons, et donnent le reste aux chiens...!!

A première vue, vous devez vous demander qui est assez fou pour venir exprès dans un coin pareil pour plonger sur du sable (noir en plus !), n'est-ce pas ? Il est un fait que les plongeurs sont ici rarement des débutants (les guides ne demandent même plus votre niveau de plongée !), car il faut avoir exploré quelques récifs coralliens "normaux" avant d'avoir l'idée de venir ici pour voir ce que l'on ne voit pas ailleurs, ou rarement.... Les plongées ne sont pas techniques, et dépassent rarement 25 m, la moyenne tournant autour de 10 à 15 mètres de fond. Vous finissez souvent sur la plage au ras de la surface !


Que voit-on à Lembeh qui vaille le déplacement ??

En fait, la biodiversité est ici purement ahurissante. Vous verez en une plongée plus d'animaux exceptionnels que vous n'en verrez ailleurs en des dizaines de plongées ! Ce n'est pas pour rien que l'on appelle le Détroit de Lembeh la "Mecque" des photographes !

Quelques exemples parmi tant d'autres !! :


 

Et l'hébergement ?

Il n'y a pour l'instant que quelques rares hotels dans le détroit, de petite taille, mais souvent luxueux.
Le Lembeh resort, dimensionné pour 14 plongeurs maximum, est de taille humaine et très proche d'une quarantaine (!!) de sites de plongée.


 

Comment va t-on à Lembeh ?

Le trajet est simple et direct : Paris (par exemple) - Singapour - Manado, et vous serez ensuite dans le Détroit en 90 minutes de voiture et de bateau.
Oceanes.com pourra vous y emmener.
Compter envion 2000 euros par personne pour 7 nuits sur place.

 

Quel est le meilleur moment pour y aller ?

Il n'y a pas vraiment de meilleure période : la température reste stable tout au long de l'année (23°C le matin, 28/30 °C au plus chaud, avec la mer à 29/30°C). En fonction du vent et des mois, la visibilité sera plus ou moins bonne, mais plus vous avez de visibilité, et moins vous verrez d'animaux étranges : de toutes manières, la visibilité n'a guère d'intérêt ici : on ne regarde que de près... La faune visible change d'un mois sur l'autre, au même endroit, ce qui fait que vous pouvez revenir plusieurs fois et voir sans cesse des animaux différents !


Mon avis sur le site

Vous l'aurez compris, je suis un Fan ! En 19 plongées, il n'y a pas une seule plongée où je n'ai vu des animaux étranges jamais vus auparavant ! Ce qui est rare partout ailleurs (Frog fish, poissons fantômes (Solenostomus paradoxus et autres hippocampes fantômes), hippocampes pygmées, mandarins, etc..) se voient ici à foison, en plus des espèces qui n'existent que dans la région.

Il est malheureusement probable que cette richesse disparaîtra assez rapidement, du fait de la pollution (il n'y a pas d'infrastructures de traitement des déchets, qui flottent en surface des eaux), ou de la sur-exploitation aveugle (raclement des fonds, et destruction systématique des animaux). C'est une catastrophe, mais je crains que rien ne puisse l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard...


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