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Les îles Fiji

Version 1.0a du 21/06/99

Par Fabrice POIRAUD-LAMBERT

Nous vous avons déjà emmené en Mer Rouge, aux Maldives, aux Philippines, il nous faut donc maintenant explorer les deux extrémités de l'indo-Pacifique afin d'avoir une vision globale des différences : le sud-est asiatique et le sud-ouest de l'océan indien (Maurice, Seychelles, etc...). Nous nous rendons donc aujourd'hui aux îles Fiji ! ;-)

Les Iles Fiji

Le voyage

Hôtels et Centres de Plongée

Récifs & Plongées

Notes Diverses sur Fiji

Conclusion

Les fleurs

Quelques poissons

Quelques Coraux

 

Les Iles Fiji

Fiji, nom évocateur exploité par les publicistes qui cherchent à nous faire rêver... Fiji, paradis des fleurs, où vivent des joyaux, poissons et coraux aux couleurs étonnantes (Acropora rose, Sarcophyton jaune fluo, Oxymonacanthus logirostris, etc...)

Situées à 19 000 km de Paris, entre la Polynésie Française et l'Australie (en plein sur la "Date Line" ou ligne de changement de date), les 330 îles qui constituent le territoire de Fiji sont réparties sur une surface de 710 000 km carrés. Fiji propose à la fois des plages de sable blanc (plus de 1600 km), des forêts tropicales et des lagons aux eaux bleutées. Curieusement, La dernière activité que l'on trouve dans les dépliants sur Fiji concerne la plongée, bien que certains sites aient une réputation (usurpée ? nous le verrons plus loin) mondiale. De nombreuses activités terrestres sont proposées par ailleurs, de la découverte des oiseaux rares aux randonnées.

La population (moins de 800 000 personnes) est composée principalement de Fijiens et d'Indiens (47%). La langue officielle est l'anglais, et les français y sont très rares !

Le niveau de vie est considérablement plus élevé qu'aux Philippines par exemple, et Internet paraît omniprésent : toutes les sociétés semblent avoir leur eMail et leur site web !

Pour en savoir plus :

http://www.ambafrance.org.fj/ficheFJ.html ou http://www.bulafiji.com

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Le Voyage

Se rendre aux Iles Fiji depuis l'Europe implique un long voyage ! Compter environ 40 heures tout compris depuis Paris, avec entre 4 ou 5 avions en fonction des escales :

Paris - Londre ou Paris - Frankfurt => Environ 1 heure + les attentes dans les divers aéroports
Londre/Frankfurt - Los Angeles => Entre 11 et 12 heures de vol + Transferts
LA - Honolulu => Optionnel. Environ 6 heures de vol + transferts
Honolulu - Nadi => Environ 6 heures de vol + transferts
Nadi - Votre île ! => Comptez une heure + transferts

Le retour se fait en sens inverse. A noter qu'il doit aussi être possible de passer par l'Asie.

Etant donné le nombre de transferts, il est possible que vos bagages soient égarés pendant quelques jours (nous avons rencontré une demi-douzaine de personnes qui en ont souffert). Assurez vous donc que vous avez le minimum utile dans le sac que vous gardez avec vous dans l'avion :

- Masque de vue (si vous avez un masque spécial)
- un tee-shirt et un maillot de bain
- équipement de plongée minimum (détendeur + ordinateur si vous en avez un)

 

Hôtels et Centres de Plongée

Daku Resort & Eco Divers

Le Daku Resort est installé sur Vanua Levu, deuxième île par ordre de taille des Fiji, à 2 km du village de Savusavu, à quelques 250 km de Nadi, la capitale où se trouve l'aéroport international. Un petit avion d'une des deux compagnies aériennes Fijiennes vous y apporte en 50 minutes.

 

 

L'hôtel est un ensemble d'une demi-douzaine de "bures" (bungalow local), réparties dans un jardin magnifique qui fait face à la mer. Les bures comprennent plusieurs lits, une salle de bain avec eau chaude, un réfrigérateur et un ventilateur plafonnier. Le tout est très convenable et aéré par des vitres pourvues de moustiquaires sur toutes les faces. Une petite piscine et une salle-restaurant complètent l'ensemble.

La route qui mène de l'hôtel au village de Savusavu n'étant pas éclairée sur sa totalité, il est souvent préférable de prendre un taxi pour s'y rendre de nuit ($ 2 Fijiens, soit 6 FF le voyage).

L'hôtel propose la possibilité d'y prendre ses repas, mais impose deux contraintes : la nécessité de commander entre 3 et 4 heures de l'après-midi (!!), et un prix double du même repas dans l'un des restaurants de Savusavu. Il est donc plus économique de dîner au village, et la marina où se trouve le club de plongée dispose d'une pizzeria qui vous permettra de déjeuner (compter 30 FF par repas). Il n'y a guère qu'un seul restaurant acceptable pour dîner le soir, les autres étant dans des environnements déprimants.

Seul "défaut" de l'hôtel : les lits. Les matelas composés d'un bloc de mousse ne permettent pas d'amortir le sommier à lattes, et on finit par rêver d'un vrai lit !

Au final, il s'agit d'un hôtel économique idéal pour 4 jours, durée maximum conseillée à Savusavu.

 

Eco Divers est le centre de plongée de Savusavu. En dehors des patrons, le personnel est essentiellement Fijien. Le personnel prend soin de votre équipement d'une manière remarquable : ils le rincent, le sèchent, le mettent dans le bateau et l'en sortent. C'est aussi Eco Divers qui vendra nous chercher et nous rapporter à l'hôtel. Les bateaux sont rapides (coques aluminium d'environ 8 m avec deux moteurs de 150 CV).

Nous avons eu de la pluie, et il était difficile de se réchauffer entre les plongées. Le club nous a alors fourni des vestes coupe-vent et de la soupe à l'oignon chaude !

A noter que les plongées se font ici par blocs de deux le matin, avec une heure de pause sur le bateau entre les deux, ce qui évite les allers et retours et donc... augmente la marge ;-). Cela vous laisse de (trop ?) longues après-midi que vous pouvez occuper soit en plongeant à nouveau, soit en faisant des randonnées (s'il ne pleut pas).

 

Notation :

 

Garden Island Resort & AquaTreck

Situé sur l'île de Taveuni, cet hôtel est environ deux fois plus cher que le Daku Resort (compter 900 FF par jour avec 2 plongées), et cela se ressent. Il n'y a rien à redire aux chambres qui sont très confortables. Le service d'hôtel est discret et efficace. Avec plus de 30 chambres, l'hôtel concentre plus de plongeurs, et les opportunités de lier connaissance et de discuter (en anglais, vu que le français est inconnu ici) sont plus nombreuses. Situé face à la mer, l'hôtel permet de voir de jolis couchers de soleil.

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Ici aussi, il faut commander son dîner avant 17 heures, et le résultat n'est pas toujours à la hauteur de vos espérances (on s'y fait...) bien que le repas soit ici 5 à 10 fois plus cher qu'à Savusavu ! Néanmoins, cela nous change agréablement de régime. Ici aussi, les portions sont gargantuesques, et l'entrée suffit seule à faire votre repas !

Le club de plongée de l'hôtel est l'Aquatreck, qualifié de club 5 étoiles, ce qui est correct si l'on tient compte de l'organisation et de l'équipement. Le matériel est récent et de bonne qualité. Les bateaux sont rapides et bien équipés. Le club offre même la possibilité de plonger au Nitrox. Certains Guides excellent dans l'art de trouver et de montrer des animaux, et semblent parfaitement les connaître et comprendre l'écosystème. C'est même ici le seul endroit où j'ai vu un Guide retourner des coraux pour les remettre dans une bonne position !

Notation :

 

Dive Taveuni Resort

Ce sera le dernier hôtel où nous séjournerons. Cet hôtel se trouve au nord-ouest de l'île, tout près de l'aéroport. Il s'agit du plus ancien hôtel de l'île (30 ans de présence), et il a subit des modifications successives qui en font un endroit agréable. Sa capacité maximum est de 14 personnes, sur des milliers de mètres carrés de jardin. Les Bungalows sont pentagonales, en bois, et sont ouverts sur quatre faces (avec des fenêtres pourvues de moustiquaires et de volets réglables en bois). Originalité : les douches sont à ciel ouvert, vastes, et les feuillages des palmiers environnant en forment le toit ! L'un des bungalow , directement au dessus de la falaise où se trouve l'hôtel, donne directement sur la mer : la douche ne possède que deux murs et fait face à la mer !

La piscine est très agréable et bien conçue.

Si la Garden Island proposait des prises de courant au format local et européen (compatible France), il faut ici comme au Daku Resort, un adaptateur.

Nous sommes 6 dans l'hôtel, avec une moyenne d'âge supérieure à 45 ans. L'hôtel est donc très calme, en dehors malheureusement du bruit des camions et des travaux sur la route principale non loin.... en fonction des bungalows, vous pourrez aussi être gênés par le bruit de la filtration de la piscine, ou par le compresseur du camping en contre bas, voir par le frigo qui se trouve dans votre chambre à un mètre de votre lit !

Les boissons non alcoolisées du frigo et celles que vous pouvez consommer au bar sont "gratuites" (entendez incluses dans le prix, vu le coût de la nuit ;-))

A noter que le menu du dîner est ici imposé, donc vous n'avez pas à commander en milieu d'après midi, ce qui est assez agréable !

 

Le club de plongée interne est équipé d'un grand catamaran aluminium de 14 m. Cependant, nous préférerons les bateaux d'Aquatrek, qui étaient mieux conçus pour la plongée. L'inconvénient d'un si grand bateau dans une mer avec des courants puissants, c'est l'impossibilité de tenir sur les seules bouées d'ancrage des sites de plongée. Le bateau est donc obligé de jeter une deuxième ancre, qui engendre beaucoup de dégâts dans les coraux, bien que l'équipage essaye de les limiter.... Ce point est vraiment dommage, car les plongeurs ont par ailleurs une éco sensibilité prononcée, et ils passent par exemple une partie de leurs plongées à empaler les Acanthaster sur un manche à balai afin de les remonter en brochette sur le bateau ! Les plongeurs sont très compétents et pédagogues.

Les sites de plongée sont les mêmes que ceux du Garden Island, certains sites spécifiques parait-il magnifiques ayant été récemment détruits par les dernière tempêtes.

Les plongées sont ici légèrement décalées dans la journée comparé à ce qui se passe dans les autres hôtels, en raison du temps nécessaire pour les atteindre. Vous prendrez donc vos déjeuners à bord entre deux plongées. Le repas servi est correct mais pas exceptionnel !

Pour information, la double plongée du matin est ici facturée 95 $US (soit près de 600 FF les deux).

Notation :

 

 

Récifs & Plongées

Nos plongées auront lieu sur le récif de Savusavu et sur le Rainbow Reef situé à l'Est de Vanua Levu (est-ce le même récif ?)

 

Le Récif de Savusavu

Voici une carte empruntée à la documentation du JM Cousteau Resort, situé à 4 km du Daku Resort (là où se trouve le point noir). Ce resort est de haut niveau, tant par les prestations (biologiste à demeure, vidéo permanente des fonds marins,...) que par le prix (entre 1800 et 3000 FF la nuit sans les plongées). Les sites ont tous été identifiés par JM Cousteau semble t-il.

La majorité des sites de plongées sont donc très proches de Savusavu ou se trouve Eco Divers et du Daku Resort. Compter environ 15' de bateau rapide (tous les sites ne sont pas identifiés sur la carte ci-dessus, comme nous allons le voir).

 

Long Beach : La couverture corallienne est très dense, avec un mélange de foliacés, de branchus (Acropora, Stylophora, et beaucoup de Seriatopora) et de Sarcophytons/Sinularia. Un peu de Xenia blanc se voit ici ou là. Les Acropora présentent beaucoup de formes différentes, en faisant varier les diamètres, longueurs et densités de branches. Beaucoup ont des structures très fragiles et certains ressemblent même de loin à des gorgones tant ils sont fins ! Si tous n'arborent pas d'éclatantes couleurs, Les verts, roses, jaunes, pourpres et bleus ne sont pas rares. Quelques anémones à clown et de jolis Sarcophytons jaunes fluo parsèment le récif.

Etant donné la profusion de Seriatopora (généralement bruns, mais certains apparaissent bleu électrique (est-ce un effet de la profondeur et seraient-ils rose intense en surface ?), on peut voir souvent des nids créés par la femelles d'un petit crabe (Hapalocarcinus marsupialis) qui courbe les branches afin de se fabriquer une cage (phénomène décrit par JN Veron).

Voici, photographié ailleurs, le résultat du travail du petit crabe dans une colonie de Seriatopora hystrix. On distingue bien la branche qui a été modifiée par le crabe afin de former une cage.

La conséquence du passage des étoiles de mer tueuses de corail (Acanthaster planci) se voit ici ou là, et certaines colonies de coraux durs (Acropora et Pocilloporidae) révèlent des nécroses récentes (entre 2 semaines et 1 mois d'âge). A vue de nez, moins de 1% de la population est touché.

 

Shark Alley (4 sur la carte) : Le site porte bien son nom : Un requin pointe blanche et son rémora nous attendent au détour d'une patate. Ce site, à quelques centaines de mètres du précédent, se caractérise par des crevasses profondes et par des grottes. Les Poissons semblent ici plus gros (mieux protégés des pêcheurs par le relief ?). Un peu de Goniopora encroûtant se voit ici et là.

 

Big Blue (6 sur la carte) : Il s'agit d'un platier qui finit en tombant, sur lequel on peut voir beaucoup plus de poissons que sur les sites précédents (paramètre probablement très variable). Le récif est peuplé d'un inconcevable amoncellement de coraux durs mélangés à des coraux mous ! Comme si les coraux avaient été entassés au hasard ! C'est assez stupéfiant ! Est-ce l'effet des tempêtes ?

(Photo : Reefcheck)

Un Diploastrea blanchit sur le dessus, et des traces de nécrose rapide sont aussi visibles (T°=27 °C dans l'eau).

 

Grotto : Le décor est le même que sur le site précédent. Certains Stylophora accueillent aussi le crabe symbiotique fabricant de cage qui peuple les Seriatopora : Ils réussissent l'exploit de forcer les branches épaisses (1 cm de diamètre) à se séparer en deux afin de constituer une cage ! Les pointes des Acropora, Hydnophora et autres foliacés montrent des extrémités blanches ou colorées, de quelques millimètres à 10 cm de long, ce qui indique des vitesses de croissance parfois très rapides selon les espèces !

Des orages puissants ont dû avoir lieu il y a peu, car beaucoup de branches de coraux sont cassées, et les Acropora tabulaires sont souvent retournés au sol.

 

Light House (7 sur la carte) : Sur cette zone un peu protégée des courants, la couverture corallienne ne dépasse pas 40%. De grandes zones sont dépourvues de coraux, ce qui n'empèche pas de pouvoir compter (durant un pallier à 3 m) une quinzaine de petites colonies d'Acropora différents et magnifiques sur 1 m2 de roche. Certains (rares) Acropora présentent des couleurs mauve sombre de plus bel effet. Parmi les poissons, j'ai pu noter la présence d'un Valenciennea strigata et d'un couple de Ptereleotris sp.

 

Split Rock : Comme la mer est un peu agitée (ce qui empêche de localiser les bouées d'amarrage (bouteilles...) à la surface de la mer, et ce qui ne rend pas les plongées agréables), nous décidons de nous approcher de la côte à l'intérieur de la baie, et nous plongeons sur le site de Snokeling (PMT) de l'hôtel Cousteau. Température 26 °C. Profondeur : 10 M max. Visibilité 5 m. Couverture corallienne < 5%... De très beaux coraux mous sont néanmoins visibles, dont des Sarcophytons jaune fluo avec de grands polypes en forme de fleurs... Pas mal d'étoiles de mer, dont Choriaster granulas, et Culcita laevigata (étoile de mer bleue). Trois Acropora étaient blanchis (polypes toujours vivants) à 40 et 80%. Est-ce en raison de la pluie (intense) et/ou des sédiments ? Probable.

Curiosité : Un Pocillopora présente une extrémité en forme de cage pour crabe, comme vu précédemment sur les autres membres de la famille des Pocilloporidae !

Nous n'avons vu jusque là qu'un seul bénitier vivant... Lors d'un plongée, notre Guide nous a trouvé un crabe symbiotique jaune camouflé (Allogalathea elegan) sur la base d'un Crinoïdes jaune. On pense que le crabe se nourrit du plancton attrapé par son hôte. Le guide a isolé le crabe dans sa main, et celui-ci a fusé tel une torpille ! Il a fallu être rapide pour l'attraper à nouveau pour le remettre sur le Crinoïdes !

Contrairement à d'autres endroits dans le monde, les Ptéroïs (poissons Lion) sont rares ici, par contre, on voit beaucoup de Chaetodons, de Balistes, d'Acanthurus (Chirurgiens),...

 

Ray Street : De gros Gobiodons citrinus de 5 cm de long se cachent au milieu de massifs d'Acropora... dont beaucoup présentent des traces de nécrose rapide. Un Lobophyllia a une demi-douzaine de polypes blanchis, par 15 m de fond. Il y a ici beaucoup de coraux branchus brisés, dont beaucoup de tabulaires.

Un petit requin gris fuit à notre arrivé. Plus loin, un incroyable corail blanc à polypes bleus électriques attire notre regard ! Nous comprendrons plus tard qu'il s'agit d'un Montipora danae blanchi... Ailleurs, de jeunes colonies de coraux durs s'implantent sur les rochers libres à raison d'une tous les 10 cm.

 

Nuggets (5 sur la carte ?) : Voilà un site de faible profondeur pas très éloigné de la côte. En conséquence, la visibilité est réduite (5 - 10 m). Des anguilles de jardin (hétérocongres) se dandinent au dessus de leur terrier de sable... pendant qu'un couple de Valenciennea puelaris (Gobie) vaque à ses occupations. Un énorme poisson globe de 70 cm de long (!) nage paisiblement au dessus du récif... dont le nom provient probablement des colonies de Porites cylindrica qui forment des doigts géants. Le récif est ici faiblement peuplé en coraux, et très sablonneux. Une dizaine de mètres carrés de Lithophyton jaunes égayent un peu le paysage alors que plus on s'éloigne de la côte et plus les branchus apparaissent. Des champs d'Acroporas étaient même présents sous le bateau.

 

Nous y verrons quand même un petit Turbinaria reniformis, quelques bénitiers marrons/dorés, des coraux durs encroûtants fascinants, du Pachyseris rugosa, du Platygyra lamellina, beaucoup d'Ascidies diverses (dont Eusynstyclo latericius) et pas mal de petits Gobies symbiotiques.

 

Corner Reef (non loin du point 7) : Nous réveillerons un petit requin pointe blanche qui dormait sur le sable. Deux tortues fuient à notre approche de même qu'une raie aigle, pendant qu'un couple de Nématéléotris magnifica surveille son territoire.

Un Stylophora est sérieusement atteint par une nécrose et un corail cerveau est blanc par 7 m de fond. Il est incroyable de voir le nombre de coraux brisés, probablement par les vagues et les tempêtes. Cela augmente la sensation de "fouilli". Beaucoup de coraux tabulaires sont renversés, personne n'ayant essayé de les retourner après la tempête qui les a arraché. certains sont encore vivants et repartent par dessous, d'autres meurent encore ou sont déjà morts. Je ne peux pas m'empècher de retourner ceux que je peux et de les caler dans le décor, afin de leur donner une chance de repartir plus vite. Je me demande l'impact positif que pourraient avoir des plongeurs professionnels plongeant chaque semaine sur ces sites, s'ils essayaient de corriger les dégâts naturels... avec toutefois un bémol : il est parfois mieux de laisser certaines colonies comme elles sont, car les bouger entraînent sinon trop de dégâts alentour.

Le platier proche, émergé à marée basse, est principalement mort, mais de jeunes colonies (max 15 cm de haut) parées de couleurs fluorescentes semblent prendre la relève.

 

Le Rainbow Reef proche de l'île de Taveuni :

 

Zoo : Le nom est prometteur et la promesse est tenue ! Au bout de 5 minutes de plongée, j'aperçois par 50 m de fond, un, puis deux, puis 5 puis 10 requins gris de belle taille ! Pour une fois ils ne semblent pas farouches, et ont même tendance à s'élever vers moi (qui suis à 27 m...) en exécutant une rotation le long du tombant... Etant de loin le plus bas de la palanquée et le plus près de requins, je trouve plus sage de remonter que quelques mètres (ils sont plus nombreux que moi ;-))) Un peu plus loin, deux pointes blanches dorment sur une coulée de sable...

Pour finir, un banc de jeunes Barracuda passe non loin de nous.

Le récif est ici moins riche en corail qu'à Savusavu, avec moins d'Acropora et une couverture corallienne de 30 à 40 %.

 

Après la plongée, en attendant la suivante, nous passons une heure sur une île déserte, le temps de récupérer un peu. La platier est découvert par la marée basse, révélant les racines des mangroves et mettant des Sinularia recroquevillés au sec au soleil. D'autres espèces de coraux sont ici au sec dans quelques centimètres d'eau : Porites sp, Sarcophytons sp, Acropora sp.

Blue Ribbon Eel Reef : Nous plongeons sur un récif proche du précédent. Ici le club de rigole pas avec les règles de sécurité : 2ème plongée, donc 15 m max ! La présence de sédiments en suspension permet ici la croissance de Dendronephtya que nous n'avons pas vus à Savusavu. Nous croisons de nombreux couples de Nemateleotris magnifica, parfois avec des jeunes, de même que des juvéniles et des adultes d'Acanthurus olivaceus (chirurgien). Quelques Acanthaster se voient ici et là et leur impact se reconnaît sur certains coraux. Un gros Balistoides conspicillum passe au loin, tandis qu'un serpent de mer (Laticauda colubrina) se laisse attraper et manipuler par notre Guide, à priori sans grand risque malgré le poisson foudroyant de l'animal. Une murène ruban bleue (qui donne son nom au site) est à l'affût dans un trou, énervée par un groupe de petits poissons qui évoluent juste hors de sa portée...

Les poissons sont ici beaucoup plus nombreux et diversifiés qu'à Savusavu, pourtant ce n'est pas si loin : Parterre d'Heteroconger hassi (aiguille de jardin), pas mal de poissons trompette (Aulostomus chinensis); un poisson scorpion; Quelques Ptéroïs (poissons lion); des Gaterin rayés (Plectorhinchus orientalis); des poissons anges royaux (Pygoplites diacanthus) ; Naso unicronis; Blennies diverses (Escenius bicolor, E. midas,...)

Quelques nudibranches sont visibles ça et là. Quelques bénitiers parsèment le récif, tous dans les tons marrons-or, certains avec de très beaux motifs rehaussés de bleu-vert.

(Photo : Reefcheck)

Une tête de Platygira daedalea est blanchie, et les Seriatopora, Pocillopora et Stylophora sont très souvent atteints de nécrose rapide.

 

Great White Wall : voici un site qui semble être de renommée mondiale. En tout cas, il est cité dans les brochures publicitaires et les documentations sur la plongée. D'après le guide, le site n'est accessible que 5 jours toutes les deux semaines en raison des marées puissantes. Le site est constitué principalement d'un platier, puis d'un mur vertical de plus de 100 m de long sur lequel pousse le corail qui justifie le nom du site. Il s'agit d'un corail mou qui ressemble fortement à du Dendronephtya mais qui n'en est pas (pas autant de spicules calcaires), et qui est d'une couleur bleue tellement pâle qu'elle parait blanche. Les colonies sont assez courtes (en moyenne la taille d'un doigt) et assez espacées. En bref, nous ne comprenons guère ce qui vaut sa renommée au site, car il est assez décevant. Nous sommes loin de l'exubèrance des coraux mous de la mer rouge... d'autant que le platier est extrêmement pauvre, avec une couverture corallienne très inférieure à 10%.

Les Distichopora et les Millepora sont en pleine nécrose (27°c ; 28 m). Quelques Porites sont blancs & morts, mais il s'agit probablement des traces du passage d'une Acanthaster.

Un petit Napoléon passe au loin, tandis qu'un banc de grands chirurgiens (Acanthurus mata) se promène nonchalament. Nous verrons aussi un Pomacanthus imperator, de même qu'une grosse murène peu amène.

(Photo : Reefcheck)

Nous n'en garderons pas un souvenir mémorable d'autant qu'un puissant courant nous a quelque peu chahuté...

 

La pause traditionnelle entre les deux plongées se fait sur une plage déserte (il y en a plusieurs). Ici aussi les platiers sont à sec à marée basse ,et l'on peut voir divers animaux intéressants piégés dans les flaques :
- Un jeune Platax
- un gros crabe à large pince (Calappa calappa) qui, émergé, tente de m'éloigner en crachant un petit jet d'eau
- Une murène rayée
- Des quantités d'Ophiures à pattes barrées (Ophiocoma scolopendrina)

 

Small White Wall : Cette plongée sera beaucoup plus calme que la précédente. Le "Mur Blanc" est ici très très réduit. Quelques gros bénitiers aux couleurs locales (marron, beige, blanc, gris) parsèment le récif. La vie piscicole est ici intense, avec de grands bancs d'Anthias. Un Napoléon passe au loin. Quelques nudibranches sont visibles ici et là (dont : Pteraeolidia semperi). Si la couverture corallienne est inférieure à 50%, les Coraux de feu (Millepora) sont très majoritaires.

De temps à autres, on aperçoit des groupes d'escargots corallivores à l'oeuvre sur les Acropora. Le résultat est assez distinguable de l'impact des Acanthaster, qui, en raison de leur taille et forme, commencent par ronger le bord des colonies, alors que les escargots font des plaques sur les branches. Des traces de nécroses rapides sont visibles sur certaines des quelques colonies de coraux durs branchus visibles. Certaines sont même intégralement mortes et blanches (étincelantes !), ce qui démontre une mort rapide et récente (Nécrose ou Acanthaster... mais moins d'une semaine, après quoi les algues jaunes filamenteuses apparaissent et changent la couleur apparente du squelette).

 

Kuna : Le courant est très violent lorsque nous plongeons, au point qu'il est difficile de tenir la corde au palier lors de la remontée ! Le récif est très pauvre en corail. A noter quelques colonies de corail noir (Tubastrea micrantha) et pas mal de Nudibranches. Les Platygira sont stressés et nombreux montrent des signes de blanchiment sur le dessus.

 

The Ledge : Les traces de Nécroses rapides me frappent ici plus qu'ailleurs, et une partie des dégâts est causée par les Acanthaster. Les Sériatopora sont particulièrement touchés, certaines colonies étant blanchies mais encore vivantes. Même les Fungidae (type Herpolitha limax ) meurent ici. Les Montipora, Acropora, Stylophora, Pocillopora sont aussi touchés. La température de l'eau est pourtant de 27°c seulement. En dehors des pluies, je ne vois pas de cause évidente.

Il y a ici plus de Dendronephthya multicolores qu'ailleurs et le point d'ancrage du bateau, par 5 m de fond, montre une vie intense, grâce à un courant soutenu et une eau chargée en nutriments en suspension.

 

Une Carangue traîne dans le coin, se jetant sur les bulles des plongeurs qui traversent un promontoire rocheux, les prenant pour des proies ! La couverture corallienne est ici supérieure à 50 %.

 

Pot Luck : Site où l'on voit tout ou rien ! (nous n'aurons pas de chance). Il y a ici beaucoup plus de branchus que sur les autres sites du Rainbow reef visités jusque là.

Un Sinularia blanchit par 20 m de fond (toujours 27°C) et les traces de nécrose rapide sont aussi présentes, mais certains colonies touchées laissent voir des squelettes jaunes, ce qui laisse penser que la progression du problème s'est enrayé et que les algues filamenteuses ont eu le temps de s'installer. D'autres colonies continues à mourir. La visibilité est de 10 m à cause des sédiments.

 

Durant la pause de midi, nous ancrons dans une crique déjà visitée, le temps de manger. Loin de la plage, des champs d'Acropora prolifèrent sur des grandes surfaces. Le capitaine du bateau m'apprendra que ces colonies, qui mesurent près d'un mètre de haut, ont été implantées manuellement il y a 5 ans par un biologiste ! De grandes colonies de porites constellés de Spirographus giganteus (vers tubicoles sapin de noêl) multicolores et magnifiques bordent le plage. Un petit Barracuda nage non loin de moi...

 

Jack's place : Il s'agit du plus beau site du Rainbow reef visité à ce jour !! La couverture corallienne est de 50%, en coraux durs dont beaucoup d'Acropora tabulaires, et de Pocillopora dont les colonies sont présentes en 3 couleurs différentes (marron, vert, violet-mauve). Il y a aussi beaucoup de Dendronephtya mauve, violet et roses ! Le courant est donc logiquement assez fort, et un petit requin y chasse à quelques dizaines de mètre de nous.

 

 

Notes diverses sur Fiji

Cuisine : vous l'aurez compris, vous n'êtes pas là pour un séjour gastronomique ! Néanmoins, je préfère cette nourriture à celle servie dans d'autres pays... Un détail important : ni la nourriture ni l'eau ne vous rendront malade, même l'eau du robinet qui est généralement potable ! Heureusement d'ailleurs, car avec le prix de la bouteille de 1.5 l d'eau minérale (entre 7 et 14 FF en fonction des endroits), l'eau du robinet s'affirme vite comme une alternative économique ! Il est amusant d'ailleurs de constater que certains restaurants ne disposent même pas d'eau minérale : la seule chose qu'ils vous proposent est un produit fortement sucré et aromatisé sur la bouteille duquel est écrit "eau minérale"...!!

Population : Les Fijiens sont incroyablement chaleureux ! Ils vous disent tous "Bula !", le bonjour local, même lorsque vous passez à 50 m devant chez eux et qu'ils sont au fond de leur cuisine !! (vécu !). Le revenu moyen semble se situer à environ 200 US $ par semaine.

Courant électrique : le courant est en 220 v, et il faut se munir d'adaptateur, car les connecteurs compatibles avec le système Français ne sont pas proposés partout.

Prix des hôtels : vous en trouverez à 30 $ US la nuit, la moyenne se situant vers les 250 $US la nuit, avec des pointes à 1000/3000 $US la nuit...

Prix des boissons : elles coûtent entre 2,5 et 6 $ Fj (7,5 FF - 18 FF)

Prix des repas : A Savusavu, les repas coûtent 10 $ Fj (30 FF) par personne dans les restaurants. Dans les hôtels il faut compter entre 5 et 25 $ Fj par plat, ce qui porte facilement un repas complet entre 30 et 60 $ Fj.

Location de l'équipement de plongée : D'une manière générale, le matériel est loué 30 FF/j et par pièce d'équipement (10 $ Fiji), parfois moins.

Equipement de plongée : Certains clubs sont très bien équipés, d'autres vous font apprécier d'avoir votre propre équipement. Les clubs gèrent tout votre matériel après les plongées, mais il se peut alors que votre équipement soit réparti dans plusieurs caissons différents, et si vous ne vérifiez pas bien votre check liste avant de partir, il y a fort à parier que vous en oublierez une partie ! (vécu !).

Internet : Largement répandu dans les îles, tout le monde semble posséder une adresse eMail et un site web ! ;-)

Shopping : Il existe une rue commerçante à Nadi qui propose des magasins très bien remplis, ou vous trouverez forcément quelque chose à rapporter. Les tee-shirts sont sympa. Pourtant, nous avons été stupéfaits par le Duty-free "World Class" de l'aéroport, qui ressemble aux Galeries Lafayette en plus petit !! Vous y trouverez tout ce qui est proposé en ville !

Visites : A coté de Nadi se trouve un Jardin de fleurs où se fait l'élevage des orchidées. Dans les îles, les RainForests pourront faire l'objet d'une visite, de même que certaines chutes d'eau.

 

Les fleurs

L'un des points marquant des Fiji sont les fleurs. Magnifiques, elles sont partout. Rien que dans les jardins des hôtels vous pourrez en voir des dizaines peu courantes en France (en tous cas !) et très belles.

 

Quelques poissons & Invertébrés divers

Afin de ne pas afficher des listes ennuyeuses en cours de texte, voici une liste (non exhaustive !!!) des poissons que j'ai pu identifier au cours de mes plongées. Il est vain de vouloir énumérer toutes les espèces que l'on croise (autant écrire un livre !), mais voici celles dont je me souviens :

Poissons :

 

Divers :

 

Invertébrés :

 

Quelques coraux

Voici une liste des coraux que j'ai pu identifier durant mes plongées :

Coraux Mous :

Coraux Durs :

 

Conclusion

- Le point sur les hôtels visités :
Il semble clair qu'il est une bonne chose de changer d'hôtel afin d'avoir une vue plus globale des différents récifs et des îles. Le mieux est de changer pour des îles différentes. Si possible, sélectionnez les versants secs des îles, sinon le temps semble assez humide...
 
 
- les plongées peuvent varier considérablement en fonction des endroits où l'on plonge, y compris sur le même récif, mais ce n'est pas un trait propre à Fiji.

- L'intérêt de la plongée à Fiji, et de la zone autour probablement, réside à mon avis dans la présence de quelques espèces particulières de poissons peu ou pas visibles ailleurs (meiacanthus, oxymonacanthus, etc...), et surtout par une profusion d'espèces de coraux durs à petits polypes (les coraux durs à gros ou longs polypes sont assez peu représentés).

- Fiji est décrit comme le Paradis du corail mou, mais à moins qu'ils soient plus présents et exceptionnels sur d'autres sites, les coraux mous de Mer Rouge tels que je les ai vus à Sharm el Sheick il y a 3 ans sont nettement supérieurs.

- A propos des poissons, les Philippines, malgré la surpêche monstrueuse, permet de voir moins d'individus mais plus d'espèces, dont certains incomparables.

- Table : la cuisine est décevante

- Météo : il semble qu'il pleut souvent !

- Distance par rapport à l'Europe : il faut être maso !

 

En bref :

- allez aux Maldives pour voir du gros en grande quantité et plein de petits poissons

- allez aux Philippines pour la diversité des coraux et des poissons, plus la beauté de certains sites

- Allez en Mer Rouge pour la quantité de poisson et de corail, même si le nombre d'espèces est beaucoup plus réduit

- Allez à Fiji pour la diversité des coraux à petits polypes (pas partout), et pour les fleurs. Cependant, vous aurez peut-être avantage, dans cette zone, à vous rendre plutôt du coté de l'Australie, Nouvelle Calédonie ou Micronésie...

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)
 
 
 
PS : les photos sous-marines ont été réalisées avec un jetable Kodak étanche (89 FF).
 

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