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- LES EXPLOSIONS D'ALGUES : UNE
FATALITE ?
- Version 1.3 du 15/03/99
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- (Mises à Jour en Bleu)
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- L'aquariophilie marine recèle bien des surprises,
bonnes et mauvaises, mais parmi celles-ci, certaines laissent
l'aquariophile désemparé, ne sachant pourquoi le
problème est apparu ni comment le résoudre. Les
explosions soudaines et brutales d'algues diverses font partie des
mauvaises surprises qui peuvent survenir aussi bien dans les
aquariums des débutants que dans ceux d'aquariophiles
confirmés.
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- I - DIVERSES ALGUES, DIVERSES CAUSES
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- Une «explosion d'algues» consistent en une
propagation très rapide (quelques heures ou quelques jours)
d'algues dans l'aquarium, recouvrant selon les cas le substrat, le
décor, les parois, voire les coraux et la surface de l'eau
en totalité ou en partie.
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- Plusieurs types d'algues peuvent apparaître de la sorte
(liste non exhaustive !) :
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- - filamenteuses vertes (Derbesia sp.) : elles apparaissent
généralement lors des phases de démarrage,
mais peuvent survenir plus tard en cas d'excès de
nutriments et de nitrates. La solution à ce problème
consiste en un écumage vigoureux.
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- - microalgues vertes en suspension dans l'eau : idem que les
filamenteuses vertes.
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- - algues brun-rouge filamenteuses : il en existe un certain
nombre d'espèces. Les Diatomées, qui apparaissent en
raison de la présence de silice dans l'eau (utilisez une
résine anti-silicates), provenant de sables siliceux ou de
la présence de silice dans l'eau de conduite; les
Cyanobactéries (voir
http://www.ucmp.berkeley.edu/bacteria/cyanointro.html), algues
monocellulaires qui peuvent apparaître soit à cause
d'une présence élevée de composés
organiques dissous dans l'eau (The Reef Aquarium; Ronald Shimek :
'Slime, Goo and Hair - A discussion of Algae') soit à cause
d'un rapport Nitrates /Phosphates en faveur des phosphates
(Stéphane Fournier, Aquarium Magazine N°134, p.60).
Selon R. Shimek, les Cyanobactéries ont le taux de
propagation le plus rapide, avec un doublement toutes les 20
minutes dans de 'bonnes' conditions.
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- - algues microscopiques brunes-ocres, recouvrant tout d'un
tapis uniforme : il s'agit d'une autre espèce d'algues
constituée par des Dinoflagellées (famille des
Zooxanthelles) qui sont décrites plus loin.
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- - algues allant du blanc au brun et ayant la consistance d'un
mucus nasal : ce type d'algues de la familles des
Dinoflagellées (Gamberdiscus toxicus ou Ostreopsis sp., The
Reef Aquarium) apparaît généralement en
surface dans les zones calmes, et semble particulièrement
sensible à la présence de phosphates.
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- - algues en forme de bulles vertes (Valonia ventricosa) : il
n'est pas donné de conditions particulières à
leur développement rapide, mais ces algues peuvent se
répandre assez rapidement et se développer y compris
sur les coraux. Une solution consiste à les enlever
à la main, mais chaque bulle crevée
génère d'autres bulles... une solution
utilisée avec succès consiste à aspirer le
contenu de chaque bulle avec une seringue hypodermique. Ainsi
vidée, l'algue meure sans se propager, et
l'épuration du bac est très rapide.
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- On le voit, ces algues apparaissent généralement
toujours pour les mêmes raisons :
- - excès de nutriments : nourrissages trop abondants,
système de filtration mal adapté, surpopulation,...
- - excès de nitrates : en raison d'un excès de
nutriments
- - excès de phosphates : charbon actif ou substrats
calcaires (CaCO3 prétendument pur dans un réacteur
à calcaire, ou sable de corail) trop chargés,
nourriture, etc...
- - silice
- - dans certains cas, dont celui qui est
développé plus loin dans cet article, l'abondance de
CO2 peut avoir une influence non négligeable sur la
propagation des algues. Cependant, pour en juger
précisément, il faut tenir compte des autres
paramètres (nutriments et phosphates).
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- En dehors du cas des silices, nutriments et phosphates peuvent
généralement être contenus par un
écumage puissant, des nourrissages raisonnables (n'affamez
pas vos poissons !) et un contrôle des produits
utilisés dans l'aquarium (charbon, substrats calcaires,
nourritures,...). Une action corrective rapidement
appliquée après la détection des premiers
symptômes permettra d'éviter la perte d'animaux et la
persistance du problème.
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- Ce type de propagation d'algue peut en effet durer longtemps
et être assez difficile à vivre en raison de la
maintenance que cela induit. Pour preuve, voici en détail
la mésaventure que j'ai vécue durant 6 mois
(certains ont le problème depuis plus d'un an...), afin que
cet exemple puisse aider une partie d'entre vous à
éviter ou remédier au problème.
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- II - LES DINOFLAGELLEES
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- Ce que je vais vous conter est un mélange de manque de
chance, de méconnaissance et de paris risqués, et ce
récit doit être plus qu'un mea-culpa : un
témoignage édifiant à l'usage de ceux qui
seraient tentés de reproduire les mêmes erreurs, ou
qui auraient déjà le problème.
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- 1 - Les causes
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- Lorsque j'ai monté mon bac récifal de 600
litres, je n'ai mis qu'un écumeur TUNZE 230, pour des
raisons financières, bien que l'on m'ait chaudement
conseillé d'en mettre un deuxième. Pendant au moins
8 mois, tout se passait très bien : animaux en pleine
forme, croissance élevée des coraux. Croissance trop
élevée des coraux ? J'aurai tiqué à
voir mes Xenia pousser de 5 mm
- par jour si à l'époque j'avais su qu'ils se
plaisaient particulièrement en eau 'sale'... Pourtant, mon
TUNZE me sortait 250 ml d'écume par semaine, avec
régularité. Il est clair que le manque de
référence à propos de la production des
différents écumeurs des uns et des autres ne
facilite pas la comparaison d'un système à l'autre,
de même que les différences de réglages qui
produisent une écume plus ou moins sèche et donc
plus ou moins importante en volume.
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- En parallèle de ce manque d'écumage,
j'entretenais alors mon taux de calcium à l'aide d'eau de
chaux, or mon pH a toujours été structurellement
très élevé : 8,55 une semaine après
l'introduction des pierres vivantes.... J'ai donc dû lutter,
au bout d'un certain temps, contre le pH induit par l'eau de chaux
à l'aide d'injections massives et directes, mais
électroniquement contrôlées, de CO2 dans la
décantation, via un réacteur à CO2
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- Cela ne m'a pas posé de réel problème
jusqu'au jour où... je me suis mis à disposer plus
de charbon actif dans ma décantation. Manque de chance,
j'étais adepte d'un charbon phosphaté comme il s'en
vend quelques uns ! Résultat, j'étais en
présence d'un trio mortel : nutriments, CO2, phosphates...
ce qui devait arriver arriva : un mois et demi après les
débuts d'injection de CO2, l'eau de colora en vert. Des
micro-algues vertes flottaient dans l'eau et d'aucuns peuvent
témoigner que deux heures après un nettoyage de
vitres, on aurait juré que je n'y avais pas touché
depuis une bonne semaine !
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- 2- Conséquences et Identification
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- Depuis un certain temps, de petites bulles d'air
apparaissaient généralement en fin de
journée, à la surface des pierres,
prisonnières de micro-algues brunes. Pendant longtemps,
j'ai cru que ces algues étaient liées à un
manque de calcium, car elles avaient tendance à
apparaître lorsque mon taux de calcium était bas. La
suite démontrera que cette corrélation était
fausse, car ces algues ne dépendent pas du calcium.
Immédiatement après l'apparition des micro-algues
vertes, les micro-algues brunes augmentèrent leur
densité, se déposant partout (sauf sur les coraux
vivants) en une couche grasse (slime) à l'allure
filamenteuse. Toxiques, disparaissant presque totalement la nuit
pour renaître le jour, facilement siphonnables, elles
achevèrent les Astreas qui les mangèrent et qui, ne
pouvant adhérer sur elles, moururent en grand nombre, de
faim et intoxiqués, tombés des vitres sur le dos.
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- Les escargots ne furent pas les seules victimes : tous les
coraux sauf les Acroporas (manifestement beaucoup moins fragiles
que les coraux durs à longs polypes) montrèrent des
signes évident de stress : les Nemenzophyllias furent les
plus sensibles (aux phosphates ou aux dinoflagellées ?) et
rendirent l'âme en quelque semaines. D'autres coraux se
rétractèrent et moururent partiellement (Xenia,
Euphylia,...). Une anémone Stichodactyla haddoni suivi
rapidement. Plusieurs mois plus tard, l'Atrosalarias fuscus devait
les rejoindre, mourant lamentablement de faim dans un champ
d'algues toxiques, au milieu de poissons gavés par ailleurs
et se moquant comme d'une guigne des
Dinoflagellées
(Photo : C. SOLER) consommées en grande quantité
(Valentiennea). JC DELBEEK et J. SPRUNG confirment partiellement
la description de ces algues dans THE REEF AQUARIUM (p 327).
Détail intéressant, les Bernards l'ermite mangent
les Dinoflagellées, alors que la présence de ces
algues, ou ce qui leur permet de vivre, inhibe totalement le
développement et la propagation des Aiptasias (avis aux
amateurs ;-)!
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- Il m'a fallu un certain temps pour pouvoir mettre avec
certitude un nom sur ces algues, mais cela ne pouvait pas
être des Diatomées (voir http://www.aquarium.net pour
en savoir plus sur les Diatomées, ou The Marine Atlas du Dr
BAENSCH, ou The Reef Aquarium) car je n'ai pas réussi
à détecter de silice dans l'eau, et leur apparence
et réaction à certains paramètres
(lumière, CO2) ne laissent pas beaucoup de doute sur leur
identité (voir le même Web ou les mêmes livres
pour une description des différents types d'algues).
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- Pendant près de six mois j'ai lutté pied
à pied avec ces algues, dans une course où l'enjeu
était la survie des animaux et donc de l'aquarium. A un
moment donné, j'ai cru tout perdre, mais je suis
arrivé à remonter la pente, lentement, jour
après jour. La compréhension du problème et
de ses causes a nécessité l'analyse
détaillée de toute l'installation et de tous les
facteurs possibles avec leurs actions correctives, car la cause de
leur apparition n'était pas évidente au premier
abord.
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- 3- A la recherche des causes du Mal
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- Première chose que j'ai essayée, avant de
comprendre que mon problème venait partiellement de
charbons saturés de phosphates : mettre du charbon actif.
Même en utilisant du charbon très peu
phosphaté, je n'ai constaté aucune
amélioration. J'ai alors tenté de siphonner avec un
filtre externe EHEIM rempli de ouate de perlon pour retenir les
algues : peine perdue, elles réapparaissaient aussi
rapidement que si je ne faisais rien.
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- Comprenant que le problème venait vraisemblablement
à cause de la présence des phosphates, je me suis
livré à une expérience qui avait aussi pour
but de vérifier une hypothèse : mon pH étant
à 8,3 ce jour là, j'ai mesuré les phosphates
(0,1 ppm avec Aquarium Systems) et j'ai coupé
l'arrivée de CO2 et laissé l'aquarium monter
lentement à un pH de 8,6 grâce à l'eau de
chaux. Puis, le soir venu, en injectant massivement du lait de
chaux ultra-saturé, j'ai brutalement monté le pH du
bac à 9,00 avant de commencer une lente injection de CO2
destinée à faire redescendre le pH. De fait, le pH
était de 8,3 le lendemain matin. La montée brutale
du pH a fortement indisposé les coraux (pas visiblement les
poissons) qui se sont immédiatement rétractés
(pas de décès), mais je ne mesurais plus que 0,05
ppm de phosphates (Aquarium Systems) le lendemain matin.
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- Si ce genre d'expérience est fortement
déconseillée, elle m'a permis d'éliminer par
précipitation 50% de mes phosphates (aux erreurs de mesure
près et sans tenir compte du fait que l'injection directe
de CO2 a pu relibèrer des phosphates en dissolvant des
sédiments...) et de vérifier de mes yeux qu'un pH
élevé les précipite effectivement. D'autres
expériences, publiées entre autres dans Seascope,
n'ont cependant permis de démontrer que seule une faible
précipitation des phosphates dans de l'eau de chaux pure
était obtenue, mais cela ne dit pas si les conditions
optimales de précipitation des phosphates sont atteintes
dans de l'eau pure à un pH de 12,4...
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- Après mon expérience volontaire d'augmentation
du pH, j'ai alors commencé à changer 40 litres d'eau
par jour pendant une semaine pour enlever les phosphates restants
et les nutriments, et la remontée a été
très nette si j'en juge par la réaction des coraux
qui s'ouvraient beaucoup plus à chaque changement d'eau. Je
n'ai ensuite changé 40 litres d'eau que 2 fois par semaine,
jusqu'au jour où cela n'a plus eu d'effet positif visible
sur les animaux, voire même au contraire un effet
négatif. Cependant, ces changements d'eau étaient
une action corrective d'urgence et ne résolvaient pas le
problème de fond.
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- J'avais éliminé les phosphates
(détectables...) et leur source, restait à
éliminer les nutriments excédentaires. C'est alors
que j'ai remplacé l'écumeur TUNZE 230 par un
SuperSkimmer Compact fait main. Le résultat fut
immédiatement spectaculaire : à coté de mes
250 ml d'écume habituellement produite par le TUNZE, mon
nouvel écumeur me fournissait généreusement
400 ml d'écume par jour au début, et plusieurs mois
après, il me sortait encore 200 ml d'écume
quotidiennement. Ayant multiplié mon écumage par
près de 7, et comme les algues étaient toujours
présentes, il m'a fallu envisager les autres sources
potentielles de pollution afin d'essayer de comprendre quelle
pouvait être la source de la vie des dinoflagellées.
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- J'en étais là de ma réflexion,
après 4 mois de tentatives infructueuses, lorsque suite
à une réunion de Récif France, et afin de
réaliser une expérience, j'ai réduit de 50%
le débit de sortie d'eau de mon réacteur à
calcaire : en 12 heures, mon Sarcophyton se libérait de sa
gangue de mucus et m'apparaissait au mieux de sa forme depuis 6
mois, mon Euphyllia stoppait sa décomposition, les
Clavularia s'ouvrirent, etc... ! En quelques jours les
dinoflagellées ont régressé de 50% en
épaisseur sur le décor ! Si j'avais encore eu un
doute sur l'interaction entre le CO2 distribué par le
réacteur et les algues, la suite de mon expérience
(réduire à nouveau le débit de 50%) m'a
clairement démontré que je tenais l'une des causes
profondes de mon problème : en 24 heures, les algues ont
à nouveau doublé leur quantité en raison d'un
accroissement de la proportion d'acide résultant de ce
nouveau réglage. Repassant à un débit double,
les algues ont à nouveau spontanément
régressé.
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- Contrairement aux indications de The Reef Aquarium, mon pH
avait longtemps été largement au-dessus de 8.4 et
les algues n'en avaient pas souffert. J'en déduis que le pH
élevé n'est pas une condition suffisante, bien qu'il
soit possible que cela soit une condition nécessaire :
à l'occasion d'un siphonnage des algues avec un filtre
EHEIM rempli de ouate de perlon, je me suis aperçu que le
pH de l'eau saturée de Dinoflagellées contenue dans
le filtre avait un pH de 7,9 (contre 8.1 pour le bac à ce
moment là). L'intuition de ce pH bas m'est venue en
observant que lors du traitement de ces algues et donc de leur
décès partiel, le pH de mon bac a chuté de
8,40 à 8,10, malgré les 6 litres d'eau de chaux
ultra saturée quotidiens. Ce dégagement acide ne
semble intervenir ou en tout cas devenir sensible que lorsque les
algues meurent.
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- Pour ceux qui ne sont pas convaincu de l'inefficacité
du pH sur les Dinoflagellées, voici le résultat
d'une expérience involontaire, due, plusieurs mois plus
tard, à un mauvais réglage de mon réacteur
à calcium que j'avais réactivé : il s'est
déversé environ 50 grammes d'hydroxyde de calcium
pur dans l'aquarium en 10 heures (!!) : le pH était stable
à 9,60 pH le soir lorsque je suis rentré, les
poissons invisibles, les coraux extrêmement stressés
et plusieurs millimètres de sédiments blanc
(précipités divers) recouvraient l'ensemble du
décor. Après avoir ramené le pH à 8,80
en 4 heures grâce à une injection directe de CO2 (via
le réacteur à CO2) et avoir siphonné tout le
bac, je n'ai constaté aucun décès parmi les
animaux (c'était quand même limite...!), mais j'ai
espéré que l'accident éliminerait les
Dinoflagellées qui étaient invisibles... Peine
perdue ! Le lendemain, elles étaient présentes comme
s'il ne s'était rien passé !
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- Ayant augmenté le pH à l'eau de chaux,
réduit les nutriments, éliminé les phosphates
détectables (inorganiques) de l'eau, il semblait donc y
avoir encore une source d'alimentation pour que les
Dinoflagellées persistent à survivre. En tenant
compte de leur acidité et donc de leur capacité
à dissoudre les sédiments, le sable et les roches
calcaires pour en extraire les phosphates (en
sécrétant des phosphatases alcalines, selon
Christophe SOLER, comm. pers.), j'ai réalisé une
mesure de phosphates dans un échantillon de
sédiments : les résultats indiquèrent
clairement que je venais de découvrir la source de vie des
algues ! La solution ultime de mon problème est donc
passé par un siphonnage et nettoyage du sable, et par la
création de 'tempêtes' à l'aide d'une pompe,
permettant de remonter en pleine eau des sédiments
cachés sous le décor, puis par des siphonnages du
décor. Chaque opération 'tempête' s'est
soldée par une nette amélioration de l'aspects des
coraux.
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- Au final, j'ai essayé tout ce qui suit sans
résultat :
- - charbon actif : n'enlève que ce dont les algues ne se
servent pas.
- - siphonnage des algues : elles réapparaissent
aussitôt.
- - lampe UV
- - changement de toutes les lampes d'éclairage
- - nettoyage des pompes et des tuyaux de circulation : aucun
effet, mais il faut le faire de temps en temps !
- - arrêt momentané du nourrissage : les algues
n'en souffrent pas, les poissons si !
- - coupure totale de la lumière pendant 72 heures : les
algues ont réapparu avec la lumière...
- - filtrage sur ouate : quelques minutes de répit avant
la réapparition des algues
- - création de tempêtes de le bac afin de
décrocher les algues...après 10 minutes, on aurait
juré que je n'avais rien fait...
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- Selon The Reef Aquarium, l'ozone n'a aucun effet non plus, ce
qui est normal étant donné que les
Dinoflagellées se nourrissent de phosphates et de CO2.
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- Seules les actions suivantes ont eu un effet positif :
- - changement d'écumeur : résout le
problème de l'accumulation des nutriments, et
prévient sa réapparition, et aide à
l'élimination des phosphates.
- - élévation brutale du pH pour précipiter
les phosphates : manoeuvre vraiment déconseillée !!
- - changements d'eau importants (en tout, j'ai bien dû
changer le volume du bac, par tranches de 40 litres) : permet
l'élimination des phosphates, la réduction rapide
des nutriments et la survie des animaux le temps de trouver la
cause du problème, mais cela ne résout par le
problème pour autant.
- - réduction du CO2 introduit dans le bac par le
réacteur à calcaire grâce à une
optimisation de son fonctionnement. Seul l'arrêt du
réacteur permet d'enrayer un boom important de
Dinoflagellées, et ce d'autant plus que les sables de
corail et les différents carbonate de calcium soi-disant
purs du commerce contiennent finalement beaucoup de phosphates.
- - élévation et maintien du pH à l'aide
d'eau de chaux afin de lutter contre le pH bas des
dinoflagellées et aider à la précipitation
des phosphates.
- - Siphonnage du sable et des sédiments qu'il contient
- - Tempêtes et siphonnages permettant d'enlever les
sédiments pleins de phosphates cachés sous le
décor.
- - Utilisation d'oxyde d'aluminium en
billes, produit retirant les phosphates contenus dans l'eau. Voir
la page sur la Chimie de l'eau de
mer pour son utilisation
pratique.
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- Lorsque ces algues meurent, en dehors de la baisse de pH
qu'elles entraînent et qui permet aux algues survivantes de
tenir (en améliorant leur capacité à
dissoudre les phosphates contenus dans les roches et les
sédiments ?), elles ne tiennent plus dans les zones
fortement brassées, se décomposent en filaments
blancs, et émettent une pollution qui indisposent gravement
les coraux. L'utilisation de charbon actif (non phosphaté
!!) à ce stade permet, selon mes observations, une
amélioration notable de la qualité de l'eau. Afin
d'accélérer le processus d'élimination, j'ai
siphonné les algues deux fois par semaines dans l'espoir de
réduire leur nombre et leur toxicité dans l'eau.
J'ai aussi déversé chaque jour (matin et soir) une
eau de chaux suffisamment chargée en hydroxyde de calcium
pour maintenir le pH entre 8.2 le matin et 8.4 au minimum le soir.
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- Pour arriver à ce pH et maintenir le calcium, j'ai
dû injecter chaque jour, par bouteilles d'1,5 litre
versées d'un coup, l'équivalent de mon taux
d'évaporation en eau de chaux saturée. Le dosage
d'hydroxyde de calcium correspondait à 1 cuillère
à café rase par bouteille d'eau, ce qui donne une
solution laiteuse. Curieusement, et en dépit du fait que le
calcium précipite plus avec cette méthode (-5 mg/l
par jour environ), l'action de l'hydroxyde sur les algues a
été beaucoup plus efficace lorsque je
déversais 3 litres d'eau de chaux ultra-saturée
brutalement le matin et le soir que lorsque j'ai remis mon
réacteur à calcium en route afin de doser l'eau de
chaux doucement et régulièrement.
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- III - AGISSEZ DES LES PREMIERS SYMPTOMES, SI POSSIBLE AVANT
!
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- Ce qu'il faut retenir, c'est que la solution
généralement donnée pour ce type de
problème d'algue est de monter le pH à l'eau de
chaux pendant une semaine. Il semble que cette solution,
incomplète et dépendante des paramètres de
l'aquarium, était préconisée sans toutefois
prendre en compte l'importance du CO2 dissout dans le
phénomène, ce qui explique pourquoi, en maintenant
un pH de 8,5 - 8,8 à l'eau de chaux pendant des mois, mes
algues n'ont pas disparu : je maintenais le pH sous 8,8 avec des
injections de CO2.
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- Si vous avez des algues marrons qui apparaissent sur votre
décor et qui contiennent des bulles de gaz
(oxygène), coupez les sources d'alimentation en CO2 et en
phosphates, utilisez l'eau de chaux et surveillez votre
écumage. Tant qu'il ne s'agit que de quelques traces sur
les parois, ne vous alarmez pas : on en trouve toujours quelque
part, mêmes dans les bacs les plus beaux. Après vous
être débarrassé de vos sources de phosphates,
siphonnez autant que possible vos sédiments : un test
phosphates dessus devrait vous faire dresser les cheveux sur la
tête ! Albert J. THIEL, dans son article Sudden and
Unexplained Micro-Algae Outbreaks (site WEB : www.athiel.com),
écrit que l'utilisation continue d'eau de chaux
précipite les phosphates et que les composés
phosphatés ainsi constitués se répandent sur
et dans les pierres vivantes et dans le sable, constituant ainsi
une bombe à phosphates au cas où le pH diminuerait
dans l'aquarium, d'un manière globale ou partielle dans les
zones les moins brassées et éclairées de
l'aquarium. L'utilisation de CO2 dans le cadre d'un
réacteur à calcium ou à calcaire peut
provoquer ce problème, ainsi que cela s'est passé
chez moi. Il préconise donc de nettoyer une à une
toutes les pierres du décor en cas de problème, afin
de réduire le plus possible le phosphate encore non dissout
dans le bac. Il préconise enfin l'utilisation de
résines anti-phosphates ou anti-silicates en fonction du
problème, et un brassage puissant. Je ne peux
qu'adhérer à ses conseils !
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- Une solution fournie aussi par Albert Thiel, et qui semble
avoir permis de détruire les algues de certains bacs (sans
pour autant suppimer les causes de leur apparition !) est à
base de Permanganate de Potassium, que vous devriez trouver un
Pharmacie ou chez Prolabo. Réalisez une solution de
permanganate de potassium dans de l'eau osmosée. Pour ce
faire, il suffit de mettre 1 g de permanganate de potassium dans 1
l d'eau. Distribuez ensuite 1 cuillère à café
de cette solution par tranche de 100 L d'eau (donc 5
cuillères pour 500 L) toutes les 3 heures, 5 fois par jour
si possible. Faites cela pendant 4 à 5 jours.. Ce produit
semble entre autres augmenter le Rédox et ne pas avoir
d'effet négatif pendant le traitement. Quoi qu'il en soit,
évitez autant que possible d'abuser de cette solution, qui
est indiquée pour résoudre les problèmes de
dinoflagellées et de cyanobactéries. Des dosages
trop forts de ce produits ont été désastreux
chez certains : respectez la posologie et soyez prudent.
-
- Il semble que si le problème a pris chez moi des
proportions inhabituelles, c'était en raison des injections
massives et directes de CO2 et donc d'acide, qui, en tout en
nourrissant les algues, a aidé à la dissolution des
phosphates. Le CO2 résiduel sortant d'un réacteur
à calcaire est beaucoup moins nocif car son effet moins
puissant, mais un réacteur mal réglé
associé à un substrat calcaire chargé en
phosphates pourrait causer le même problème.
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- Il n'y a donc pas de fatalité dans les explosions
d'algues, seulement une méconnaissance des conditions qui
les aide à se développer.
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- Il est toujours plus agréable de parler de ses
réussites que de ses échecs, mais je
considère que parvenir à apprendre d'un
problème, à le vaincre et ensuite à en tirer
des conclusions à la fois édifiantes et pleines
d'enseignements est finalement une victoire. Ce que je tire de
cette expérience sont les leçons suivantes :
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- 1- les pH élevés précipitent
effectivement les phosphates, même si ce n'est pas ni
simple, ni efficace à 100%, ni recommandable
- 2- l'accumulation des phosphates constitue probablement l'un
des problèmes les plus sournois et potentiellement
dangereux, et ce d'autant plus que les phosphates sont
présents dans des produits et des endroits parfois
surprenants.
- 3- l'écumage d'un aquarium doit impérativement
respecter certaines règles bien connues sous peine de
problèmes que l'on n'imagine pas lorsque l'on ne les a pas
vécus...
- 4- nous sommes loin de tout savoir sur l'aquariophilie marine
et récifale, et l'union des connaissances des aquariophiles
est pour l'instant insuffisante bien que très importante.
- 5- les produits, quels qu'ils soient, que l'on met dans son
aquarium doivent être validés avant d'être
utilisés. C'est là que la communication entre
amateurs prend son importance, surtout si l'on considère la
compétence et la bonne foi parfois limitée de
certains professionnels.
- 6- L'importance de la recherche chiffrée et de l'effort
de compréhension des appareils que nous utilisons et des
animaux que nous maintenons apparaît clairement comme
fondamentale.
-
- J'espère profondément que cette synthèse
aidera certains d'entre vous à éviter certaines
erreurs et problèmes ou à les corriger.
-
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- Fabrice POIRAUD-LAMBERT
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