Le corail est probablement ce qui intrigue le plus l'observateur
d'un aquarium récifal ou le plongeur. Mais qu'est-ce donc ?
Une plante ? Une algue bizarre ? Une pierre étrange ??? Les
formes, les textures et les couleurs sont il est vrai des moins
courantes ! Lorsque l'amateur se lance dans son premier aquarium
récifal, une question qui lui est souvent posée le
laisse parfois béant : "Vous voulez faire du corail ? Dur ou
mou ?". Heu... C'est quoi au fait, du Corail ?? Même des gens
qui ont la chance de vivre à coté des récifs, ou
de plonger dessus toute l'année en tant que Moniteur-Guide ne
savent pas expliquer la différence entre un corail dur et un
corail mou... Alors, l'aquariophile débutant reste encore plus
perplexe !
Cette page contiendra à terme des informations sur
différentes espèces de coraux, sur leurs conditions de
maintenance, sur leur croissance, leur propagation, les maladies
& autres causes de mortalité, etc...
Coraux &
Récifs
Croissance (à
continuer...)
* SPS
A moins de passer en revue toutes les espèces, on ne peut ici
faire que des généralités : les coraux durs
à petits polypes (SPS) ont généralement
(lorsqu'ils sont hébergés dans de bonnes conditions),
une vitesse de croissance très rapide, et même souvent
plus rapide que dans la nature (Craig Bingman, 1998). Bien entendu,
cette constatation est variable d'une espèce à l'autre,
et même pour une même espèce dans un même
aquarium, d'un endroit à l'autre, la lumière et le
brassage étant alors des paramètres critiques. Pour
illustrer cette vitesse de croissance, voici une série de
photos, qui sera augmentée au fur et à mesure, qui
permet de voir littéralement les coraux pousser !
A titre de référence, la croissance moyenne constatée sur
les Acropora formosa de Thailande est de 8 cm en 344 jours (Coral Reefs Journal).
D'autres espèces sont connues pour pousser de 25 cm par an dans la nature.
Chaque espèce semble avoir ses propres caractéristiques: deux
Acropora placés cote à cote pourront montrer des vitesses de croissance
très différentes.
Propagation (à continuer...)
* SPS
La technique la plus rapide pour propager un SPS semble être le bouturage
: cela consiste tout simplement à casser des branches et à les
fixer ou à les poser quelque part ailleurs. C'est extrêmement simple
à faire, il faut simplement veiller à ne pas endommager la colonie
mère lors du bouturage (qui peut se faire à l'aide d'une pince
coupante fine). Il n'est pas recommandé de bouturer un corail lorsque
la mauvaise qualité de l'eau peut entraîner un problème
d'infection ou de prolifération d'algues à l'endroit de la coupure.
Lorsque vous disposez de boutures (volontaires ou pas : il arrive de casser
des branches sans le vouloir, lors des opérations de maintenance), vous
pouvez les cimenter sur un bout de pierre à la résine epoxy bi-composant
spéciale pour aquarium (pas celle des magasins de bricolages !!). Vous
pouvez aussi les coller à la Super-Glue, simplement glisser les boutures
dans un trou de roche, ou les fixer en pleine eau par du fil... Une autre solution
encore consiste à fabriquer un support en grillage
plastique à petites mailles (5 mm * 5 mm), à l'aide de
fil de nylon, dont on découpera certaines mailles afin de permettre le
positionnement de boutures de différents diamètres à des
distances suffisantes les unes des autres. Ce support sera posé directement
au sol. Cette solution fonctionne très bien, maintenant le corail debout
sans l'abimer.
Vous trouverez diverses images relatives à la propagation naturelle ou artificielle (voire naturelle permettant la propagation artificielle ;-) sur la page suivante.
Maintenance (à continuer...)
* SPS
Il est généralement accepté que les coraux
durs à petits polypes vivent et dominent dans des eaux
très pauvres en nutriments (encore faut-il relativiser : nous
ne parlons ici de de pauvreté relative en composés
organiques dissouts. Des calculs démontrent par ailleurs que
la masse de nourriture potentielle disponible dans l'eau entourant
les récifs est de loin supérieur à ce que nous
aurions dans nos bacs : en rapportant les proportions à un bac
de 400 litres, cela nous donnerait 280 g par 24 H !... Source :
Hamner & Al, 1988, bulletin of Marine Science. 42:459-478). Etant
donné les besoins des autres espèces de coraux, il
semble que cela soit surtout dû au fait que si l'eau
était plus riche en nutriments (dissouts), les espèces
SPS seraient rapidement vaincues par les coraux durs à longs
polypes (LPS - urticants à long rayon d'action), par les
coraux mous (urticants, dégageant des toxines, et ayant une
vitesse de croissance beaucoup plus élevée que les SPS
du fait de l'absence de squelette calcaire à construire), ou
tout simplement par les algues !
Il est accepté par un certain nombre de spécialistes
que même les coraux SPS ont des besoins nutritionnels qui
dépassent la simple photosynthèse, qui ne permet que
d'assurer 70% de leurs besoins (sujet traité avec beaucoup
plus de détails dans les articles et livres proposés en
bas de cette page). Par exemple, une étude
réalisée par Sorokin montre que la consommation de
bactérioplancton fournit aux coraux entre 8 et 25% des besoins
respiratoires, soit entre 1 et 10% de la biomasse totale de l'animal
par jour. Des données indiquent que 40% des produits fournis
chaque jour au corail par ses Zooxanthelles sont transformés
en mucus. Ce mode d'alimentation est comparable, nutritionnellement
parlant, au résultat de la capture de petits crustacés
(zooplancton), en dehors du fait que la chasse consomme infiniment
plus d'énergie (ne serait-ce qu'à cause de
l'énergie dépensée pour maintenir
opérationnels jusqu'à 10 000 nématocystes par cm
carré !). Si la majorité des coraux se nourrit de
bactéries, il semble que ceux qui dépendent le plus de
cette source d'énergie sont : Acroporta, Pavona, Goniopora,
Favites, Symphyllia, Leptastrea, Tubastrea, Seriatopora, Pocillopora,
Montipora, Porites, Hydnophora, Turbinaria et Zoanthides. D'une
manière générale, plus le corail est producteur
de mucus, et plus il dépend énergétiquement des
bactéries qui viennent consommer cette manne alimentaire. Il
est intéressant de constater que près de la
moitié des bactéries identifiées dans le mucus
sont des Vibrio, bactéries incriminées lors des
maladies des coraux.
En synthèse, si l'on schematise les processus d'alimentation
des SPS, 70% provient des Zooxanthelles et de leur
photosynthèse, 20% de la chasse (Zooplancton), et 10% du
bactérioplancton ( via le mucus) et de la consommation des
composés organiques dissouts.
Le schéma suivante (selon Sorokin) montre l'interaction qui
existe entre une cellule de corail et une zooxanthelle. Ce
shéma est valable pour tous les coraux hermatypiques :
Il est fascinant de constater qu'alors que nous pensions
globalement jusque là qu'il n'existait qu'une sorte de
Zooxanthelles, ou du moins que les variations d'espèces ne
valaient pas tellement la peine de s'y pencher, il existe
actuellement une thèse (Eric Bornman, voir
référence en fin de page) qui explique que
différentes espèces de Zooxanthelles pourraient
permettre, en cohabitant dans un seul corail, soit :
- d'obtenir une production alimentaire optimisée en fonction
de la lumière disponible (certaines Zooxanthelles étant
plus productives sous moins de lumière que d'autres)
- de limiter les effets ou l'importance des Blanchiements en
s'adaptant mieux pour certaines aux perturbations climatiques.
La densité de Zooxanthelles peut être extra-ordinaire,
avec des densités variant généralement entre 1
000 000 et 5 000 000 algues unitaires par cm2 dans les tissus des
coraux durs! Certains coraux mous tels les Xenia, Sarcophyton ou
Litophyton peuvent héberger des densités sensiblement
supérieures (Eric Bornman)
Afin de donner une idée plus précise du mode de nutrition des
coraux, voici quelques informations fournies par Sorokin :
Le tableau ci-dessous représente la synthèse d'estimations expérimentales
sur la nutrition hétérotrophique des coraux communs sur les récifs
de l'Ile d'Héron. La concentration de nourriture dans les bacs d'expérience
était : Matériaux Organiques Dissouts : 0,3 mg C l -1;
Bactérioplancton : 0,2 mg C l -1; nauplii : 0,35 mg C l -1.
A représente la nourriture assimilée et M la respiration du corail
(nourriture consommée pour cela), les deux en µg C g-1j-1
(soit en millionième de gramme de carbone de nourriture absorbée
par gramme de biomasse de polype par jour).
|
|
Prédation |
Prédation |
Bactério-plancton |
Bactério-plancton |
MOD |
MOD |
Total |
|
|
A |
A/M % |
A |
A/M % |
A |
A/M % |
A/M % |
|
Acropora pulcra |
161,3 |
105 |
33,8 |
22 |
44,7 |
52 |
179 |
|
Acropora squamosa |
87,5 |
83 |
36,5 |
35 |
62,5 |
60 |
178 |
|
Acropora palifera |
38,7 |
35 |
10,8 |
10 |
33,5 |
30 |
75 |
|
Pocillopora damicornis |
176,4 |
110 |
31,8 |
20 |
44,7 |
28 |
158 |
|
Stylophora pistillata |
170,3 |
106 |
39,7 |
25 |
45,2 |
28 |
159 |
|
Seriatopora hystrix |
163,6 |
93 |
37,9 |
22 |
50,9 |
29 |
144 |
|
Montipora erythraca |
52,4 |
21 |
28,9 |
12 |
52,6 |
21 |
54 |
|
Porites annae |
37,8 |
46 |
23,1 |
27 |
32,9 |
40 |
113 |
|
Psammocora contigua |
32,2 |
29 |
7,5 |
7 |
23,3 |
21 |
57 |
|
Cyphastrea seralia |
36,6 |
30 |
12,8 |
11 |
10 |
8 |
49 |
|
Leptastrea transversa |
43 |
46 |
74,9 |
84 |
28 |
31 |
161 |
|
Achrelia horrescens |
48,6 |
54 |
19,2 |
15 |
46,5 |
52 |
121 |
|
Merulina ampliata |
32,6 |
24 |
14 |
11 |
23,1 |
17 |
52 |
|
Goniopora tenuidens |
33,1 |
30 |
11,8 |
13 |
21,1 |
23 |
66 |
|
Galaxea fascicularis |
54,6 |
59 |
17,4 |
19 |
42,9 |
47 |
125 |
|
Goniastrea pectinata |
51 |
55 |
4,6 |
5 |
16,2 |
17 |
77 |
|
Echinipora lamellosa |
56,6 |
56 |
7 |
7 |
24,1 |
25 |
88 |
|
Turbinaria danae |
53,9 |
64 |
11,3 |
13 |
17,6 |
21 |
98 |
|
Favites abdita |
37,3 |
72 |
26 |
50 |
16 |
31 |
153 |
|
Lobophyllia sp. |
38,3 |
31 |
9,2 |
15 |
28 |
22 |
68 |
|
Fungia scutaria |
70,5 |
64 |
21,5 |
19 |
26 |
24 |
107 |
|
Tubastrea sp. |
176,3 |
280 |
84,3 |
133 |
44,4 |
70 |
483 |
"Ceci révèle que la plupart des coraux durs étudiés
sont des prédateurs actifs. Lorsque le taux de nourriture dans l'eau
est optimum, ce qui est presque le cas à la nuit tombée, nombreux
sont les coraux qui peuvent alors compenser plus de 100% de leur dépense
énergétique. Les plus grandes valeurs sont enregistrées
chez les coraux ramifiés avec de petits polypes : Acropora, Pocillopora,
Stylophora. Leur ration de nourriture, en 40 minutes, va de 16 à 25 µg
C g-1 et le taux d'assimilation (A) de 160 à 250 µg g-1j-1
. Calculé par unité de biomasse de polypes, leur assimilation
de proies par jour va de 2 à 8%. Le Ration A/M excède souvent
100%. Cela signifie qu'avec une nutrition hétérotrophique (ndt
: apportée de l'extérieure) à base de Zooplancton seulement,
à la concentration de 1 à 3 g m-3, ces coraux
pourraient acquérir l'énergie suffisante pour vivre. Dans les
mêmes conditions, les coraux à moyens polypes ne peuvent compenser
que 25 à 50% de leur dépense d'énergie. Le prédateur
le plus active parmi les coraux testés, était le corail ahermatypique
Tubastrea sp. Son ratio A/M atteint 200 à 280 %." . Sorokin.
Il est clair que dans un aquarium ou sur un récif où la quantité
de nourriture est plus faible que l'optimal, la dépendance du corail
se reportera plus sur le résultat de la photosynthèse. Il est
aussi intéressant de noter que la chasse et donc l'utilisation des cnidoblastes
ou nématocystes entraine une dépense énergétique
énorme comparée aux deux autres modes d'alimentation hétérotrophes.
Si nos aquariums ne contiennent guère de Zooplancton, probablement parce
qu'il n'y en a pas à l'origine dans notre eau de synthèse, en
raison de nos techniques de maintenance (filtres ou écumeurs) et parce
qu'ils n'y trouvent pas leur nourriture (phytoplancton), il ne faut pas pour
autant oublier le bactérioplancton et les matières organiques
dissoutes, ces dernières étant beaucoup plus présentes
dans nos bacs que sur les récifs. Avec une capacité à profiter
à la fois de la photosynthèse et des sources de nourritures hétérotrophes,
les coraux ramifiés (branchus) à petits polypes ont donc un formidable
avantage sur les autres, qu'ils exploitent avec des vitesses de croissances
très rapides pour certains (jusqu'à 25 cm par an en Australie
pour certaines espèces).
Le manque de Zooplancton dans nos bacs et la dépendance particulières
des SPS hermatypiques sur ce type de nourriture explique pourquoi ces coraux
nécessitent en compensation des sources de lumières plus intenses
que les autres pour être maintenus avec succès.
Les SPS sont généralement exigeants en
lumière, brassage et qualité de l'eau. Il est
généralement accepté que les conditions
naturelles excèdent de très loin ce que nous arrivons
à reproduire en captivité. Pour autant, il est possible
de reproduire des conditions bien acceptées. Une base de
travail pour un bac récifal de SPS pourrait être :
La lumière fournie une grande partie de l'énergie
nécessaire aux SPS pour vivre et se développer, le
brassage évacue le mucus qu'ils produisent, leur apporte
oxygène et proies, et évite l'accumulation de
détritus entre les branches et le développement de
bactéries entraînant des maladies.
Afin de reproduire les conditions naturelles de la mer, où la
lumière bleu domine en raison de l'effet filtrant de l'eau, la
lumière d'un aquarium devrait être la plus bleu possible
grâce à l'utilisation de lampes et de tubes à
haute température de couleur. L'utilisation de tubes bleus ou
actiniques en parallèle de celle de HQI Daylight ou plus
bleutés donne d'excellents résultats. Le taux de
photosynthèse des zooxanthelles présente d'ailleurs un
pic principal vers les 420/440 nm (en fonction des coraux) ainsi
qu'un deuxième vers 670 nm
Un SPS stressé rétractera généralement
ses polypes plus ou moins en fonction de son niveau de stress, que ce
soit de jour comme de nuit. Très stressé, ses polypes
seront en permanence rétractés. Moyennement
stressé, les polypes pourront être
rétractés de jour et partiellement étendus de
nuit. Un SPS à l'aise sortira ses polypes de jour comme de
nuit (plus la nuit, car c'est le moment où il chasse). Bien
entendu, en fonction des espèces, des variations peuvent
survenir.
Les coraux sont soumis, comme tous les êtres vivants, à
des maladies et à des prédateurs... Certains articles
proposés plus bas décrivent ces sujets en
détail.
Des crabes, et même certains gros Bernards l'ermite adultes et
affamés (tels les C. Tibicens à pattes rouges) font
avec plaisir un festin de polypes, et/ou des pointes fragiles des
coraux en train de pousser. Les crabes non symbiotiques sont donc
à éliminer, et les gros Bernards l'ermite à
surveiller !
D'autres prédateurs, tels certains poissons, doivent aussi
être évités, à moins de disposer un
très grand bac pouvant permettre une certains
prédation. Citons les poissons perroquets, les poissons anges
(d'une manière générale, même si certains
spécimens ne montrent pas d'intérêt pour les
coraux),...
Parmi les prédateurs citons aussi bon nombre de limaces (comme
les nudibranches), dont certaines sont très petites (quelques
millimètres). Certaines, difficiles à détecter
puis à éliminer, s'attaquent aux Montiporas, d'autres
aux Pavona cactus, etc... Regardez bien sur vos coraux s'il y a des
oeufs dessus avant de les installer dans votre bac...
Les maladies peuvent aussi détruire les coraux, certaines
étant foudroyantes, d'autres beaucoup plus lentes. Le
Montipora présenté ici
subit depuis des mois une nécrose très lente, due
à une cause non identifiée. La tâche blanche au
centre de la photo représente la dernière trace de
nécrose. La partie noire qui est dessous est le squelette une
fois la nécrose terminée... Peut-être un
traitement local au Lugol pourrait-il supprimer le mal ?
Couleurs (à
continuer...)
Dans le monde fabuleux du corail, parmi les facteurs les plus
attirants on peut citer les couleurs et les formes, qui existent dans
une formidable diversité. Dana Riddle, spécialiste
américain des coraux, a un jour occupé l'une de ses
soirées à compter les différentes couleurs des
coraux durs à petits polypes présentés dans le
Veron (qui n'est pas exhaustif). Voici le résultat (741
espèces) :
- Marron = 232 (31,30 %)
- Vert = 130 (17,54 %)
- Crème : 109 (14,71 %)
- Gris = 66 (8,90 %)
- Bleu = 52 (7,02 %)
- Jaune = 47 (6,34 %)
- Pourpre = 40 (5,40 %)
- Rose = 38 (5,13 %)
- Rouge = 12 (1,62 %)
- Blanc = 7 (0,9 %)
- Orange = 6 (0,8 %)
- Noir = 2 (0,27 %)
Les 4 premières couleurs représentent 537
espèces, soit 72,5 % des espèces du livre. On le voit,
trouver des coraux durs SPS colorés, même dans la
nature, n'est pas tellement plus facile que dans nos magasins (!). A
ce jour, il existe un certain nombre de théories pour
expliquer la coloration des coraux, parmi lesquelles : la protection
contre les UV pour les couleurs vertes, violette et pourpre (Dana
Riddle), le gain en pigments à travers la nourriture obtenue
par prédation (Dana Riddle, Eric Borneman , ... + voir
l'article sur les refuges proposé plus bas),... Certains
auteurs émettent aussi l'hypothèse que certaines
couleurs pourraient permettre à certains coraux
d'éviter la prédation, ou du moins de la
réduire, soit en ressemblant à un autre animal peu
comestible, soit en fonction de l'adage du monde animal :"Je suis
beau et coloré, donc je suis dangereux !" (Eric Borneman).
Les SPS peuvent pousser en allongeant leurs branches, en augmentant
le diamètre de celles-ci, ou en encroûtant la roche. Les
extrémités des branches sont généralement
dépourvues de Zooxanthelles (micro-algues symbiotiques), car
la colonie progresse plus vite que la multiplication des symbiotes.
La couleur dominante des Zooxanthelles apparaissant marron à
nos yeux, ceci explique pourquoi un certain nombre de SPS
présentes des extrémités colorées ou
pâles. C'est aussi souvent le cas sur les bords
extérieurs des parties encroûtantes.
Selon des recherches scientifiques, les SPS vivants
profondément sont généralement de couleur brune,
en raison de la multiplication des Zooxanthelles et/ou de leur
pigments photosensibles, car elles essayent ainsi d'optimiser le peu
de lumière disponible. Une autre hypothèse scientifique
consiste à expliquer la couleur brune des SPS par la
présence d'un niveau important de Nitrates-Nitrogen
inorganique dans l'eau, qui agissent comme un fertilisant sur les
Zooxanthelles, induisant leur reproduction. Un éclairage moyen
produisant peu d'UV au dessus d'un bac de SPS avec une eau
chargée en nutriments induirait donc une absence de
pigmentation colorées anti UV et une multiplication des
Zooxanthelles, d'où une couleur marron uniforme...
Toujours selon les études de Dana Riddle, les couleurs des
coraux semblent dépendre de plusiurs facteurs :
- les UV : mais les couleurs obtenues sont généralement
dans les verts
- l'alcalinité : des variations d'alcalinité (entre 7
et 10 KH) dans des bacs d'expérience ont montré des
variations (pâlissement à 7 KH et renforcement à
10 KH) des couleurs.
- le courant, afin de supprimer la zone d'eau stagnante autour des
coraux et leur permettre de puiser les composés organiques
dont ils ont besoin dans l'eau.
- et enfin l'intensité de la lumière, qui selon ses
expériences, donne les résultats les plus probants