Chimie de l'eau de mer

Vous trouverez ici des informations relatives à l'eau de mer et tout ce qui la concerne au niveau de l'aquariophilie marine (création, tests,...). Les dernières MàJ sont en Bleu.


Ajouter des vitamines
Lutter contre les phosphates
En savoir plus sur les Duretés
En savoir plus sur ce que l'on teste
Compléter son Calcium

Acheter de l'eau de Mer Naturelle
Fabriquer de l'eau de mer avec du sel de synthèse
Choisir ses produits de test des paramètres de l'eau de mer

Choisir son charbon actif de filtration
Faire tester son eau par un laboratoire...



Ajouter des vitamines

Il se trouve des auteurs pour recommander l'utilisation de vitamines pour lutter contre certains problèmes (maladies,...) ou les éviter.

JBL, marque bien connue, commercialise un produit nommé KORAL FLUID, qui apporte un complexe vitaminé permettant "d'alimenter les coraux et les vers tubicoles" de l'aquarium récifal. Possédant par ailleurs un flacon d'Hydrosol Polyvitaminé de la société ROCHE (disponible en pharmacie), j'ai rapproché les deux produits et le résultat est assez intéressant :

Composition pour 1 ml

KORAL FLUID

HYDROSOL POLYVITAMINE

Vitamine A

10 ui

2500 ui

Vitamine B1

0,04 mg

1 mg

Vitamine B2

0,1 mg

0,75 mg

Vitamine B5

-

2 mg

Vitamine B6

0,04 mg

1 mg

Vitamine PP

-

5 mg

Vitamine C

0,06 mg

25 mg

Vitamine D2

-

500 ui

Vitamine E

-

1 mg

Vitamine B12

0,0005 mg

-

Vitamine D3

0,09 ui

-

Vitamine H

0,0005 mg

-

Vitamine K

0,01 mg

-

Vitamine Bc

0,002 mg

-

Nicoti-Amide

0,4 mg

-

Acide Pantothènique

0,4 mg

-

Chlorure de Choline

0,4 mg

-

Sachant que JBL recommande de mettre 10 gouttes de Koral Fluid par jour et par tranche de 200 litres (1 goutte par 20 litres), et que dans le cas de l'hydrozol, 25 gouttes représentent 1 ml, on arrive au constat suivant :

Pour un bac de 500 litres, on mettra donc chaque jour 25 gouttes de Koral Fluid et 25 gouttes d'Hydrozol (env. 1 ml). ATTENTION : la quantité d'Hydrosol utilisée ici N'EST PAS RECOMMANDEE EN AQUARIUM, il s'agit seulement ici de comparer deux volumes de produits équivalents ! Le tableau ci-dessus montre que les concentrations obtenues avec les deux produits diffèrent entre 7,5 fois et plus de 250 fois pour ce qui concerne la majorité des vitamines, les autres composés étant très faiblement dosés.

Ceux qui nourrissent donc leurs poissons en ajoutant un peu (quelques gouttes) d'Hydozol à la nourriture mettent donc en une seule goutte à peu près autant de vitamines dans leur bac de 500 litres que ceux qui utilisent Koral Fluid...Certes, ils ajoutent aussi des arômes et des conservateurs.

Pour un bac de 500 L, le flacon de Koral Fluid durera donc 100 jours pour un flacon de 100 ml, alors que le flacon d'Hydrozol durera 25*20 = 500 jours... en ajoutant par exemple 16 fois plus de vitamine C !

En synthèse : vitaminez de temps en temps la nourriture de vos poissons avec Hydrozol, vous ferez d'une pierre deux coups, tout en faisant des économies !


Fabrice POIRAUD-LAMBERT


Lutter contre les phosphates

 
Pour réduire les phosphates sans se ruiner on pourra avantageusement utiliser ce produit que nous avons trouvé et expérimenté pour vous:
 
-Aluminium oxyde activé en billes de diamètre 2 à 5 mm pour dessiccation n° de code 20 996.290
184 FF HT le kilo (flacon plastique/qualité rectapur-pharmacopée). Sur commande, 48 heures de délai.
 
Chez Laboscope (ex:pro labo)
1 rue Le-Goff Paris 5ème
tel: 01 44 32 03 32
 
Scoop du 19/11/97 : Adressez vous à Albert THIEL (www.athiel.com) de la part de Fabrice POIRAUD-LAMBERT, il vous proposera de l'oxyde d'aluminium à moins de 5 $ le Kg, plus 15% de commission et les frais de port : au total, cela devrait revenir à environ 60 FTTC le kg !!!!!
 
 
Ce produit se présente sous forme de billes blanches d'aspect analogue à d'autres produits du commerce dont je tairai les noms et dont les prix sont d'un autre ordre!!!
L'utilisation est des plus simples, il suffit de placer les billes d'oxyde d'aluminium dans une "chaussette" si possible placée à un endroit ou l'eau circule (filtre,décantation,...). La quantité à utiliser est d'environ deux cuillères à soupe par 100 litres d'eau du bac.
Ce produit ne doit pas être rincé à l'eau du robinet avant utilisation car lorsqu'on le placera dans l'eau de mer du bac les billes risquent d'exploser à cause de la différence de densité .
 
michel.andreuccetti@tdc.mts.dec.com

L'oxyde d'aluminium est un produit très puissant, capable semble t-il aussi d'enlever les silicates. De part la réaction (réduction) qu'il engendre, il empêche l'action de l'écumeur, tout en lui faisant faire beaucoup plus de bulles que la normale. Eviter de placer la chaussette contenant le produit devant l'entrée de la pompe de l'écumeur, afin d'éviter au maximum de freiner son action. Selon Michel, un abus de ce produit peut effondrer le potentiel Redox. La dose indiquée est donc une dose maximale à utiliser ! Par contre, contrairement aux autres produits du commerce, dont certains qui vont jusqu'à indiquer sur leur notice que leur produit engendre des réactions allergiques et qu'il faut entourer la chaussette de 4 cm de ouate de perlon ou de mousse (On se moque de qui ?!), l'oxyde l'aluminium n'engendre à priori aucune réaction au niveau des coraux, qu'ils soient durs ou mous ou des poissons et autres animaux du bac.

 
Ce produit s'est déjà vendu par centaines de milliers de kg aux USA, tant pour traiter les Phosphates que les Silicates.
 
Il est difficile d'indiquer une durée de traitement : mesurez de temps en temps et enlevez le produit lorsqu'il n'y a plus de phosphates détectables. Le fonctionnement de l'alumine est celui d'une résine, soit un fonctionnement par échanges ioniques liant les phosphates et les silicates par affinité polaire (electrolytes). Pour éviter l'inconvénient de la réduction, on aura tout intérêt à ne pas placer directement les billes dans le bac d'abord, mais de les rincer à part dans un récipient contenant bien évidemment de l'eau de mer du bac principal, histoire de ne pas dégazer le bac principal complêtement...
La durée d'utilisation de l'alumine est du même ordre que celui de toutes les résines, une fois saturée ioniquement, leur seul intérêt dans l'aquarium est de servir de support bactérien! (Michel, Pers. Comm)
 
Quoi qu'il en soit, comme le souligne Michel, et c'est valable pour tous les produits que l'on met dans son aquarium, chaque produit a un impact sur l'éco-système et les abus se payent. J'ai personnellement utilisé l'oxyde d'aluminium et j'en suis très satisfait, car il m'a permis d'enrayer en quelques jours une poussée rapide d'algues filamenteuses due à 0,1 ppm de PO4 venus de je ne sais trop où. En une semaine, les PO4 sont passés du stade mesurables au stade détectables. Deux semaines de traitement peuvent suffire à supprimer 0,1 ppm de PO4.
 
Le meilleur traitement consiste à éviter d'ajouter des phosphates inutilement dans son aquarium. Ainsi, une simple boite d'artémias vivantes contient un taux de phosphates de 2 mg/l, soit 0,12 mg par boite de 60 cl. Ce n'est rien considéré au volume dans lequel vous allez les diluer, mais jour après jour... Rincer les artémias sous le robinet dans une épuisette fine peut aider à limiter ce problème.
 
Fabrice POIRAUD-LAMBERT
 
 

En savoir plus sur les Duretés

 
Il suffit de lire les explications des fabricants, imprimées sur les boîtes de tests, pour voir que même eux sont parfois très perturbés par les définitions respectives des différentes duretées. En fait, sur 9 marques comparées, seul Seachem donne une définition correcte à l'alcalinité.
 
Sa définition est la suivante :
Alcalinité (en meq/l) = [HCO3-] + [CO32-] + [B(OH)4-] + [OH-] - [H+] + e -
Soit une combinaison de (dans l'ordre) : Bicarbonates, carbonates, borates, ions hydroxydes, ions hydroniums et électrons libres.
 
Les bicarbonates, les carbonates et les borates forment l'essentielle de cette alcalinité, dans les proportions suivantes en eau de mer : 100 mg/l de bicarbonates, 20 mg/l de carbonates, et entre 2 et 5% de borates (C. SOLERS, pers. Comm).
 
Une autre duretée communément mesurée et citée : la Duretée Carbonatée, aussi souvent appelée KH d'après son nom allemand :
KH (en meq/l) = [HCO3-] + [CO32-]
 
Les fabricants (et les amateurs) utilisent souvent indifféremment l'une ou l'autre des unités, car il semble que l'écart ne soit jamais supérieur à 0.2 meq/l dans l'eau de mer naturelle, même si des écarts supérieurs peuvent être enregistrés en aquariums (Source : S. FOURNIER).
 
 
Pour vous y retrouver entre les différentes unités de mesure, voici la correspondance :
 
1 dKH = 1.78 °f et 1 meq/l = 5 °f = 2.8 dKH

En savoir plus sur ce que l'on teste : Nous sommes tous amenés un jour ou l'autre à tester certains paramètres chimiques de l'eau de notre aquarium. En dehors de la qualité des produits disponibles sur le marché, certains paramètres imposent des contraintes qui amènent les fabricants à faire des choix techniques. C'est le cas entre autres pour les nitrates, les phosphates et l'iode, et chaque aquariophile marin devrait connaître les limites techniques des produits utilisés afin de mieux percevoir l'importance et la criticité des mesures obtenues.

* Les phosphates sont répartis en deux grandes familles : les phosphates inorganiques (détectés par les produits de test) et les phosphates organiques (non détectés). Les phosphates inorganiques sont des ions PO43- (Phosphates), HPO42- (hydrogénophosphates), H2PO4- (dihydrogénophosphates) et l'acide phosphorique H3PO4 (pas présent au pH de l'eau de mer). Les formes PO43- et HPO42- sont les formes majoritaires au pH de l'eau de mer. Ce sont donc des composés ne possédant pas de carbone C.

Au contraire les phosphates organiques possèdent du carbone C dans leur molécule. Ce sont des composés comme les acides aminés, les protéines, les vitamines et d'une manière générale des molécules comportant à la fois du carbone et du phosphore sous forme de phosphates greffés sur une chaîne organique.
 
* Les produits de test de l'iode ne détectent pas tous la même chose. Par exemple, peu de produits détectent les Iodates (Salifert annonce les détecter et être les seuls à le faire), or il s'agit bien là d'une forme de l'iode. Reste à savoir sous quelle forme l'iode est utile pour nos hôtes aquatiques. L'iode (I) est présent dans l'eau de mer sous forme d'ions iodures (I-), d'ions iodates (IO3- ) ou d'iode moléculaire (I2).
 
* Quant aux nitrates, lorsqu'un test mesure les Nitrates-N (Nitrates Azote, mesurées entre autres par Aquarium Systems), les valeurs données par le test correspondent à la masse de l'élément azote (N) contenu dans les ions nitrates (NO3- ). Il faut donc pour obtenir la masse des nitrates (ce qui nous intéresse finalement), multiplier le résultat du test par 4.
 
 
FPL, grâce à l'aide technique de Christophe SOLER.

 
 
 
Compléter son Calcium: Voici une suggestion de Christophe SOLER concernant le moyen de repartir sur de bonnes bases au niveau de son calcium, sachant que le taux normal de la mer est d'environ 420 mg/l. Cette méthode n'est à utiliser que ponctuellement, en cas de problème, et surtout pas en permanence ! Elle a l'avantage de permettre de savoir ce que l'on ajoute réellement dans son aquarium, ce qui n'est pas toujours le cas pour les additifs proposés sur le marché.

L'idée est donc de fabriquer une solution à 30% (30 g dans 100 ml d'eau osmosée) de chlorure de calcium dihydrate (CaCl2, 2H2O) de masse moleculaire 147. Donc 30g de CaCl2, 2H2O correspondent a 40/147*30 soit 8,1g de Ca2+ pur (40 etant la masse moleculaire du Ca) . Ainsi,100 ml de solution contiennent 8,1g de Ca2+ soit 81mg/ml. Si vous ajoutez les 100 ml de solution dans un bac de 500 l d'eau, vous apportez 8,1g/500l=16,2 mg de Ca2+/l. L'inconvénient de cette technique réside dans l'apport de chlorures supplémentaire, qui reste cependant faible (sachant que l'eau de mer contient plus de 22g/l de chlorure) si on ne répète pas trop souvent cette opération. L'avantage est que le pH n'est pas modifié, contrairement au résultat d'un ajout massif d'eau de chaux pour obtenir le même résultat.

Ce produit de laboratoire, que l'on doit pouvoir se procurer en pharmacie, est distribué par Sigma (entre autres, je suppose) au prix de 138 F HT le Kg.


Acheter de l'eau de Mer Naturelle : Si je peux me permettre de donner un conseil aux personnes qui voudraient se lancer dans des changements d'eau à l'eau de mer naturelle, je leur conseille de trouver un fournisseur qui puisse assurer la bonne "viabilité" de cette eau et que ce fournisseur teste l'eau avant de la vendre à ses clients. Je faisais entièrement confiance à mon fournisseur et ne testais pas l'eau que j'achetais. Je pensais qu'au prix où il me vendait l'eau, il se donnait au moins la peine de la tester. Il a fait le test la première fois qu'il s'est fourni et l'eau était excellente. Par la suite, il faisait confiance, il n'a plus testé l'eau lors des livraisons. C'est moi qui, de détectant pas le pourquoi d'une poussée d'algues, ai testé cette eau. Ph 7, Kh 6 et 20 mg de nitrates. Bref, une belle arnaque quant la confiance et la routine fut installée. Je dirais donc : soyez sûr de ce qu'on vous vend.

christophe.staf@skynet.be

 
Fabriquer de l'eau de mer avec du sel de synthèse : Voici ce qu'il ressort d'une discution et d'un échange de fax entre notre ami Bernard CAPEL et le P.D.G. d'Aquarium System :
"L'unité ppt (part per thousand) est l'équivalent de gramme de sel pour 1 kg d'eau de mer" (sic)
"Tous les sels de mer contiennent de l'eau dans leur cristaux, le chlorure de magnésium en contient plus de la moitié. Donc si vous ajoutez 30 grammes de n'importe quel sel marin vendu dans le commerce, 13% de la masse est de l'eau, et 26 grammes représentent du sel anhydre (sec) d'où 26 ppt." (sic)
"D'autre part, le taux d'hydratation des sels marins varie, en fonction de son environnement de stockage, de 11 à 15%" (sic)

En clair, on nous a toujours dit qu'il fallait mettre 35 grammes de sel par litre d'eau pour obtenir une densité de 1025, mais il fallait préciser qu'il s'agissait de sel SEC ! Selon les explications de monsieur BERTSCHY, il faudrait donc mettre 35*1,13 = 39,5 grammes de sel du commerce pour obtenir une densité de 1025...

Bernard, toujours intéressé par le sel Instant Ocean, nous transmet maintenant quelques informations fournies par M. Eckert d'Aquarium Systems :

Pour une salinité de 35 pour mille (ppt) l'eau de mer ainsi reconstituée présente les quelques caractéristiques suivantes :
- Magnesium : 1317 mg/l
- Calcium : 398 mg/l
- Strontium : 8,6 mg/l

Juste une suggestion pour Aquarium Systems : pourquoi ne pas mettre un peu plus de calcium dans l'Instant Ocean ? Un changement d'eau avec ce sel (par ailleurs excellent) fait actuellement chuter les taux de calcium que nous avons tant de mal à maintenir...


Albert THIEL à réalisé, entre le 22 et le 24/11/97, une étude sur son site (www.athiel.com) pour savoir quel sel était le plus utilisé par les amateurs. La synthèse ci-dessous provient de 303 aquariophiles. Manifestement, Aquarium Systems est largement en tête.

Premier Choix

Deuxième Choix

Instant Ocean

141

91

Reef Crystal

42

55

Coralife

30

34

Tropic Marin

15

18

Kent

15

26

Thiel Aqua Tech

15

16

Red Sea

9

13

SeaChem

6

13

Hawaiian Marine

15

14

40 Fathoms

1

6

Marine Env.

11

12

Marques Diverses

3

5


Choisir ses produits de test des paramètres de l'eau de mer : Ayant constaté qu'il est très difficile d'être sûr des résultats indiqués par les tests, étant donné les disparités souvent constatées entre marques, un banc de test d'un certain nombre de grandes marques du marché a été réalisé. Les marques testées sont (par ordre alphabètique ) :

- Aquarium System
- Aquascience
- Interpet
- JBL
- New Tech
- Red Sea Fish pHarm
- Salifert
- Seachem
- Sera
- Tetra

Pour en savoir plus, voici quel protocole a été utilisé, par exemple pour le calcium (de légères variations ont lieu d'un paramètre à l'autre, en fonction des contraintes). Ce protocole n'a pas été remis en question par les fabricants.

Voici quelques indications résultats :

* Test colorimètrique du pH : nous préconisons Interpet ou Tetra, à défaut d'un pH mètre électronique...

* Test colorimètrique du calcium : il semble que le meilleur produit actuel soit le test Salifert (3 réactifs dans une boite rectangulaire aux couleurs vives, et une seringue de 1 ml) qui permet des mesures précises à 5 ppm près avec une grande régularité et un grand confort d'utilisation.
 

* Test colorimètrique de l'alcalinité :

Suite de nos bancs de test : aucune des marques du marché aquariophile n'est préconisée : préférez Aquamerck 14653 ! Il s'agit d'un produit de laboratoire que vous pouvez obtenir auprès de Laboscope, à paris (voir le Shopping de MARS), à un prix très concurrentiel par rapport aux produits aquariophiles si l'on considère le volume triple du flacon de réactif (193 FF TTC). A noter que ce produit ne mesure que la Dureté Carbonatée.

Si vous n'avez pas le courage de vous procurer ce produit, vous pouvez alors utiliser celui distribué dans une boite blanche portant les marques LAPIS + EUROPET + TROPIC OCEAN (!!). Simple d'utilisation, montrant des couleurs aisément lisibles et très régulier dans ses mesures, ce produit est l'un des moins pessimistes du marché aquariophile. Ajoutez 1 °KH à chaque mesure et vous aurez les mêmes résultats que l'Aquamerck 14653...


* Test colorimètrique des phosphates : Une fois de plus, et à notre grande consternation, les résultats donnés par nos mesures se résument à ceci : on se moque de nous ! Ceci est valable pour les phosphates, mais aussi pour tous les autres paramètres testés et sûrement aussi pour tous ceux que nous ne testerons pas... Pour ne parler que des phosphates :

- une partie des marques ne permet pas de tester sous 0,1 mg/l => on ne peut donc pas voir venir ce seuil déjà critique, ce qui est une réelle négligence des contraintes induites par l'aquariophilie marine
- chez les quelques marques qui proposent de tester des valeurs entre 0,025 et 1 mg/l, les couleurs sont parfois tellement pâles qu'il est difficile voire impossible de mesurer quoi que ce soit ! Une marque donne de très belles couleurs entre 0,025 et 1 mg/l, mais malheureusement, les mesures successives donnent des résultats très différents, ce qui déqualifie le produit.
- lorsque les produits sont corrects (mais jamais assez sensibles !) en valeurs basses, ils sont 'aux fraises' en valeurs hautes.
 
En conclusion : pour des valeurs <= 0,3 ppm (au dessus, vous êtes dans le rouge, quoi qu'il arrive, et il n'est plus temps de mesurer mais d'agir !!), utilisez SERA ou AQUARIUM SYSTEMS. Le seul produit qui permette une mesure très fine et très lisible des bas niveaux de phosphates (0,025 / 0,05 / 0,075 ppm) est celui de SEACHEM. Malheureusement, les mesures sont parfois instables. Moyennant quoi, les couleurs sont très belles et le processus simple et quasi magique. Le jour où Seachem testera 5 ml d'eau au lieu de 0,4 ml, le produit sera probablement le meilleur du marché. C'est quand même un excellent produit de détection. En gros, on peut considérer que la mesure du phosphate est encore, aujourd'hui, une mesure binaire : il y en a ou pas. Chercher une valeur exacte avec des produits colorimétriques est à la limite de l'impossible pour l'amateur.

D'une manière générale, l'analyse et l'étude des produits de test (mais aussi malheureusement de beaucoup d'autres...) nous a amené à découvrir des choses effarantes que nous ne pouvons même pas décrire en clair ici tant elles sont violentes ! Bref, ne prenez plus les produits que l'on vous vend pour argent comptant : vérifier et testez les avant si vous le pouvez, vous aurez probablement des surprises. Ceci est d'autant plus vrai que les détaillants n'ont généralement ni la compétence, ni le temps ni les moyens de contrôler la qualité des produits qu'ils nous vendent...


Choisir son charbon actif de filtration : L'utilisation du charbon actif dans le circuit de filtration des aquariums existe depuis de très nombreuses années. Initialement utilisé en eau douce, le besoin est apparu en eau de mer, et un certain nombre de fabricants ont donc "simplement" ajouté la mention "eau de mer" sur leurs emballages. Résultat : le taux de phosphates des charbons que l'on nous vend est souvent au-delà des limites tolérables ! Un taux de phosphate de 0,1 ppm dans un aquarium est considéré comme un seuil critique. A partir de 0,25 ppm, la calcification est stoppée (1 ppm = 1 mg/l). Le phosphate est un poison pour les coraux et en même temps une source de nourriture de choix pour les algues. Il suffit que votre eau contienne des nutriments pour que l'introduction de phosphates puisse déclencher une explosion d'algues de toutes sortes qui pourront ruiner votre bac marin pendant de nombreux mois (l'influence des phosphates est anodine en eau douce).

Voici les charbons que nous avons testés. Etant donné ce que nous savons maintenant sur la qualité des tests phosphates, nous ne donnerons que des valeurs de phosphates mesurées indicatives. La méthode de test est simple, et totalement reproductible : il suffit de prendre un verre d'eau distillée, puis de verser dedans 2 cuillères à soupe de charbon à tester. Mélangez, et laissez reposer 15 minutes. Dans certains cas, nous avons testé sans rincer le charbon, puis rééssayé en le rinçant. Pour vérifier la cohérence des mesures, nous avons aussi testé après des périodes de trempage différentes (allant jusqu'à 12 heures).

D'aucuns pourront nous reprocher le manque de rigueur scientifique de notre démarche (il aurait fallu peser la quatité de charbon et déterminer précisément le volume d'eau et des temps d'attente...), mais nous considèrons finalement ici qu'un bon charbon est un charbon SANS phosphates (la surface de contact, la capacité d'absorption, la variation de pH induite, etc, sont des critères de qualité qui ne sont pas prises en compte ici, car tout cela ne sert à rien si le bac est détruit en parallèle par les phosphates). Notre appréciation pourra changer si les fabricants corrigent cette anomalie majeure. Le plus choquant est de constater que les fabricants, même les plus prestigieux, ne testent pas leurs propres produits : ce sont des amateurs comme nous qui leur apprennons la mauvaise nouvelle. Le pire étant encore de mesurer beaucoup trop de phosphates dans des produits que les fabricants eux-mêmes nous envoient pour que nous les testions ! Lorsque nos mesures donnent 100 fois la quantité de phosphates indiquée sur certains emballages, nous sommes en droit de (nous) poser de sérieuses questions !!!

Ces informations ne sont pas des valeurs absolues : d'un lot à l'autre, il est possible qu'un charbon réputé BON ou CORRECT contienne plus de phosphates que d'habitude. De même, un charbon qualifié de BON contient quand même des phosphates que l'on peut détecter en testant très peu d'eau et beaucoup de charbon : Les indications données ci-dessous sont donc des comparaisons entre marques et produits par rapport à un mode opératoire donné. Tant que les fabricants ne nous donneront pas la preuve de leurs contrôles qualité, notre meilleur conseil sera : testez votre charbon avant de l'utiliser !

Charbons testés et appréciations (** : recommandé, * correct) en fonction du taux de phosphate trouvé :

- EHEIM EHFIFRAFIN **
- KNOP **

- EHEIM EHFIPUR *
- SERA SUPER ACTIVE *
- PREIS *

- ANIDIS
- JBL ACTIV
- JBL DIAMANT
- SEACHEM MATRIX
- TUNZE
- EHAIM EHFIACTIV



Faire tester son eau par un laboratoire : Pour les besoins de nos bancs de test, nous avons eu recours à un laboratoire certifié Environnement et Agroalimentaire afin de vérifier que les résultats très divers obtenus d'une marque à l'autre n'étaient pas dus à un problème au niveau des solutions étalon. Déjà, pour obtenir une précision de l'ordre de 0,1 degré KH au niveau de l'alcalinité, le laboratoire a demandé 500 ml de chaque étalon. Cela laisse rèveur lorsque l'on considère les quelques 5 ml utilisés en moyenne par les produits de test aquariophiles... Enfin, alors que la valeur nominale d'un des étalons était de 0,5 mg/l de phosphates, le labo a trouvé successivement 0,99 et 0,25 mg/l, la deuxième valeur ayant été obtenue lorsque nous avons osé suggérer que la première était fausse... Et encore nous a-t-on eng...parce que nous osions remettre en cause la qualité de leur travail... Bref, pour 50 FHT par paramètre, nous avons obtenu des résultats parfois complètement faux ! Méfiez vous...! Si nous avions les moyens, il serait amusant de faire tester la même eau par 10 labos, rien que pour rigoler un peu...


© Copyright 1997 - All Rights Reserved