2 Galères et 1 Corail

Version 1.0 du 20/05/98


Par Emmanuel Potez

Après un an de galères diverses avec mon bac marin, je décide de le transformer en micro-récif, mais par manque de chance cette fois-ci, j'ai failli à nouveau tout arrêter. Mais tout aquariophile qui se respecte ne doit pas baisser les bras face à un problème. N'hésitez pas à vous renseigner, poser des questions, et surtout comme le dit Fabrice, lire énormément et par exemple tous les articles mis à notre disposition sur le net ou dans les livres, car cela permet d'éviter les erreurs et de corriger celles que l'on n'a pas pu éviter ! Voici donc en détail le récit de deux mésaventures cumulées sur un seul et même corail.

Une semaine après l'achat de mon premier invertébré mou (je ne connais pas le nom, il ressemble un peu aux Acroporas, mais avec des branches assez courtes et grosses), une sorte de sédiment blanchâtre se déposait à la base du corail, et il paraissait moins en forme (polypes moins ouverts que d'habitude).

3 jours après, je m'aperçois qu'il commence à être rongé à la base, et que certaine branches ont complètement disparu. Après renseignements au près de mon fournisseur, il me dit qu'il s'agit probablement d'une infection bactérienne, et qu'il vaut mieux l'isoler dans un bac hôpital, ce que j'ai fait aussitôt. Préparation de 20 litres d'eau de mer, mise en place d'un bac muni d'un diffuseur et d'un chauffage.

(Samedi)
En le plaçant dans le bac hôpital, je l'ai observé de près, et j'ai remarqué une multitude de petites chenilles blanches de 5 mm de long environ et assez plates, ressemblants un peu à des cochenilles. Tout le pourtour du corail était infesté. Ayant lu qu'il était possible de nettoyer les infections sur les coraux à l'eau douce, et préférant limiter les risques, j'ai mélangé un peu d'eau salée avec de l'eau osmosée puis avec un pinceau et une pince à épiler, j'ai nettoyé tout le corail de ses parasites. J'ai également ajouté dans l'eau une dose de vitamines et oligo-éléments pour l'aider à se retaper.

(Dimanche matin)
Il est un peu plus en forme, ses polypes sont ouverts à moitié. J'inspecte une nouvelle fois la base du corail, et trouve une dernière chenille. J'en profite pour bien nettoyer à nouveau toute la base du corail .

(Dimanche après midi)
Le voyant à peu près rétabli, je le replace dans le bac principal. On pourrait dire que c'est un peu rapide, mais ne s'agissant pas d'une attaque bactérienne, je ne risque pas trop d'infecter le bac principal.

(Lundi)
Ses polypes s'ouvrent de plus en plus.

(Mardi matin)
Un petit morceau du corail est une coupé et ne tient plus qu'a un petit bout de chaire ! !
C'est alors que j'ai fait le rapprochement avec ce qui allait être la deuxième partie de la malchance, en effet, lorsque j'ai acheté les 2 autres invertébrés une semaine après le premier, j'ai remarqué un bruit de 'TAC TAC' dans l'aquarium. Après renseignements, ce bruit provient d'une espèce de crevette Mante (Gonodactylus ou Odontodactylus), qui a l'inconvénient d'être un redoutable prédateur. Elle se cache dans les trous des pierres, sort généralement la nuit et est rapide comme l'éclair. Donc ce soir je vais observer le bac pour essayer de me débarrasser de cette bestiole ! ! !

Au soir, j'observe l'aquarium à la lampe de poche, rien.

(Mercredi soir)
Rebelote, mais là, j'aperçois une bestiole, les deux pattes avant comme une écrevisse à la sortie d'un trou d'une roche. J'attends encore un peu pour l'observer, mais rien à faire, vraiment trop rapide comme animal : Dés qu'elle aperçoit la lumière, elle s'enfonce dans son trou. J'allume alors la lumière de la pièce pour éviter qu'elle ne sorte du trou le temps que je trouve l'arme qui allait la tuer !!!

Je prends un morceau de fil de fer, je commence à l'enfoncer dans le trou, des "tac tac" à répétition se font entendre : ça y est, je la tiens !!!

Je colmate le trou avec un morceau de gravier pour éviter qu'elle ne sorte au cas où elle ne serait pas vraiment morte.

Cela fait maintenant 4 jours, le corail se porte à merveille, ses polypes sont ouverts comme au début de son achat, et il n'y a plus de sédiments relâchés.

J'espère qu'il est définitivement sauvé !!!

Voila donc la mésaventure de ce pauvre corail qui fut la proie de deux parasites en même temps et dont les symptômes étaient assez similaires, hormis que lorsque j'ai vu la branche du corail ne tenant plus qu'à un morceau de chaire, la coupe était assez nette contrairement aux attaques des chenilles qui laissaient une poudre blanchâtre qui devait être leurs excréments.


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